‹ Les deux frèresChapitre 10 sur 23 · LES DBSCOINGS ET LES ROUGET · texte numérisé non relu

LES DBSCOINGS ET LES ROUGET

portante de cette histoire. Son célibat fut en partie causé par la £aute du doctenr. Mais tout viendra, dans cette scène, en son lieu et place. Maintenant, il est nécessaire d*examiner les effets de la vengeance exercée par le père sur une fille quMl ne regardait pas comme la sienne, et qui, croyes^-le bien , lui appartenait légitimement. Personne à Issoudun n^avait remarqué Tun de ces accidents bizarres qtai font de la génération un abtme où la science se perd. Agathe ressemblait à la mère du docteur Rouget. De même que, selon une observation vulgaire, la goutte saute par-dessus une génération , et va d'un grand-père à un petit-fils, de même il n'est pas rare de voir la ressemblance, soit physique, soit morale, se comporter aussi fantasquement que la goutte. L'ainé des enfants

d'Agathe, qui ressemblait à sa mère, eut tout le

moral du docteur Rouget, son grand-père. Léguons la solution de cet autre problème au xx« siècle, avec une belle] nomenclature d'animalcules microscopiques , et nos neveux écrii^nt peut-être autant de sottises que nos corps savants en ont écrit.

li'FAMILlEBRIDAD.

Agathe Rouget avait une de ces figures destinées, comme celle de Marie, mère de Notre- Seigneur, à rester toujours vierges, même après le mariage. Son portrait, qui existe encore dans Tatelier de Bridau , montre un ovale parfait, une blancheur inaltérée et sans le moindre grain de rousseur, malgré sa chevelure d'or. Plus d'un artiste , en admirant ce front pur , cette bouche discrète , ce nez fin , de jolies oreilles , de longs cils aux yeux , et des yeux d'un bleu foncé, d'une

Page 1