SCÈNE XV. Ai
Et quand ils sont bien pîals sur l’un et l’autre bout,
On les donne au valet qui les attend debout.
(il donne l’assiette à Duhamel.)
DUHAMEL
Très-bien !
(Duhamel veut s'asseoir, Arthur le repousse doucement.) ARTHUR.
Ce n’est pas tout... C’est à table qu’un homme Montre d’abord qu’il est un parfait gastronome,
Et, de plus, un convive exempt de tout défaut,
A Paris élevé chez les gens comme il faut.
DUHAMEL
Continuez.
ARTHUR
C’est que, vraiment, on ne peut croire Combien peu d’étrangers savent manger et boire !
DUHAMEL
Cela parait si simplet
ARTHUR
Oh ! regardez d’abord
Mes mains rasant la table et toujours sur le bord,
Sans gêner mes voisins; chacun est à son aise...
Je me sers du couteau, suivant la mode anglaise,
Pour aider la fourchette; observez bien... on doit Conserver sec et pur l’ongle de chaque doigt...
Le torse en relief toujours, et que la bouche Épuise sans fracas le verre qu’elle touche.
Je vais vous démontrer ce que je vous ai dit...
On vous sert du bordeaux.,,
(il fait «igné à Duhamel.)
"Votre bras s’arrondit
Très-gracieusement, et la
(Duhamel prend une bouteille de bordeaux et eert à boire.)
tète s’incline
Pour humer le parfum du verre mousseline;
Et quand vous avez bu... suivez ce mouvement.,.
Je suis.
DUHAMEL
• ARTHUR
Vous replacez le verre lentement.
J'ai compris.
Voyez...
ARTHUR
C’est ainsi que le verre se pose :
DUHAMEL
Mais à quoi donc la province s’expose Quand elle vient dîner à Paris sans façon.
Comme on dîne au Berri!... Quelle bonne leçoh !...
(A Arthur.)
Continuez.
ARTHUR
Passons au changement d’assiette...
(il fait aigue à Duhamel de prendre une assiette, Duhamel la présente.)
On la présente... bien!... Vite un coup de serviette...
(Duhamel essuie i*assiette.)
Vous la prenez ainsi... Par un contour moelleux Vous étendez le bras... jamais rien d’anguleux...
Et puis, sans regarder celui qui la présente,
Avec mes deux voisins je cause, je plaisante ;
Je suis grave ou léger; je discute, je ris,
Mais toujours sans éclats... le rire de Paris.
Oh ! parfait !