‹ Les deux fusions, 1800-1873Chapitre 4 sur 27 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

LA FUSION DE l800

Dans la lutte terrible qui s'est engagée à la fin du siècle dernier entre l'ancienne monarchie, représentée par un prince honnête et faible, hésitant entre des conseils contradictoires, ne s'engageant dans une voie que pour revenir en arrière et ne persévérant que dans une seule volonté : l'horreur du sang versé, — et une société nouvelle, ignorante d'elle-même, étonnée et inquiète de son rapide succès, facile à entraîner à tous les excès par la crainte instinctive du retour des puissances jadis redoutables qu'elle avait détruites, — un homme né sur les marches du trône, sans courage, sans générosité, ambitieux et irrésolu,rendu inaccessible par sa pusillanimité à tout sentiment de pitié pour les plus hautes infortunes, a laissé un nom voué plus qu'aucun autre à l'exécration de tous les partis.

11 chassait de race. Il était le descendant direct de ce duc d'Orléans, dont les confidences de l'illustre archevêque de Cambrai au duc de Chevreuse dépeignent en termes si saisissants l'effroyable réputation dans les dernières années du règne de Louis XIV. Fénelon n'était pas un pamphlétaire; ce qu'il confie à un autre lui-même, sous la forme la plus prudente et la plus réservée, ce sont les douloureuses, appréhensions de son patriotisme. Il redoute pour le Roi, il redoute pour la France les actes d'un prince corrompu, placé si près du trône.

Il ose à peine dire, dans trois notes qualifiées de Mémoires (1), notes secrètes, remises à un ami éprouvé

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