‹ Les deux GaspardChapitre 11 sur 16 · I.' travail soit suspendu · texte numérisé non relu

I.' travail soit suspendu

,,, • j f ma nièce

Mes amis, de { „

i. sa n:ece

Voilà le prétendu.

SIMPLET , s'approchant de l'Avisé pendant que tout U monde boit.

Tiens, te v'ià ici, toi? Est-ce que l'es d' la noce }

l'avisé.

Pardine, j* crois bé, et toi ?

SIMPLET

Si j'en suis.... Dam ! on n* peut point s' passer d' moi.

l'avisé, à part.

Al '.sans djate il est accoutumé à servir de témoin.

Madame Jtl li\.

Allons, monsieur GiiFard, lisc^ à haute et intelligible voix

«.'contrat, auquel il n' manquait qu' les noms du futur que j' venons d' vous donner.

M. GIFFARD lit.

Pardevant les notaires soussignés, etc., etc., etc., entre Eurtache-Nicolas Gaspard, dit Simplet, etc. BOURDON et l'avisé.

Un moment , il y a erreur.

l'avisé.

Je ne suis point Simplet.

SIMPLET

Mais je r suis, moi, qu'épouse la nièce de mad<'ime Julien.

BOURDON

J'vous dis, monsieur r notaire, que v'ià celui que j' donne à Jeannette, et il s'appelle...

l'avisé.

Chrisostôme-Ignace Gaspard, dit l'Avisé.

Madame Julien.

Qu'est-ce que tu dis donc? V'ià not'neveu , celui à qui )' sommes convenus ce matin de donner ma nièce... Gaspard Simplet.

M. GIFFARD

Ah çà I il y a donc deux prétendus.

CHŒUR

AIR : Ciel '.c'est Félix.

Quoi', deux Gaspard ! (ii«.) "V

Deux Gaspard! (4/ois. ) |

Faut sans r'tard > bis.

Opter, car 1

Deux maris , c'est trop pour sa part. J

JEANNETTE , à part.

Ça reculera toujours le mariage.

Madame julien.

Comment, comment, c' n'est pas là 1* garçon qu' nous avons

rencontré tous deux à l'auberge de Moulins, qui t'a donné

dans l'œil en même temps qu'à moi , et à qut j'avions, chacun

do notre côté, promis la main de Jeaanette .''

BOURDON

Non, de par tous les diables ! Je n'I'ons jamais vu. Il y a un équiproquo. J' disais bien aussi ce matin, il n'est pas possible que marne Julien soit devenue assez raisonnable pour avoir pu faire le même choix que moi , qui a' donné ma parole au brave homme que v'ià. ( Il montre Gaspard l'Avisé. )

( ^5 ) Madame JULIEN.

Ce sont donc les deux frères 7

l'avisé.

Nous ? Je n' sommes pas même cousins, voyez-vous. Ah çà I père BourdoQ , je compte toujours sur votre promesse.

SIMPLET , à madame Julien.

J' pense bé , mame Julien, que vous n' m'avez point fait v'nir ici pour rien.

BOURDON à l'Avisé.

Laisse-moi faire. ( Haut. ) Par toute l'autorité qu'un oncle a sur sa nièce, j' lui ordonne d épouser celui-ci.

SIMPLET, à madame Julien.

IS' lui cédez pomt.

Madame JULIEN.

Soyez tranquille. (Haut.) Par la raison que j' suis sa tante , et que j' lui tiens lieu de mère , j'iui défends d'en accepter un autre que celui-là.

Hein ! Elle est têtue la p'tite meunière. JEANNETTE.

Je n' peux pourtant pas les épouser tous les deux.

M. GIFFARD

Dans tout cela, je demande quel est celui qui me paiera le contrat ?

GERVAIS , accourant.

Pardine , monsieur GilTard , j' vous l' paierais de bien bon cœur, moi, si l'on voulait m' permettre de vous en faire faire un autre.

Madame JULIEN.

Ah ! voilà donc c' que c'est... C'est toi qui engage cette petite fille à me désobéir-, et tu viens ei)Core ici nous nar^^uer-, saistu bien qu'elle ne dépend que de moi, que je suis la niaitresse?...

GERVAIS

Je n'dis pas le contraire, mais....

Madame JULIEN.

Et que je te défends de lui parler.

BOURDON

Sais tu bien que je suis le maître, el que perfonne n'a le droit de s'opposer à ma volonté ?

( 24) GERVAIS

Vous avez raison* cependant...

Regarde-moi bien cette maison-là, pour n'y jamais remettre les pieds.

JEANNETTE

Allons , les voilà encore une fois d'accord ! GERVAIS , à madame Julien.

Madame Julien, si vous vouliez m'entendre, je vous apprendrais...

Tvladame JULIEN , montrant Simplet.

V'ià r mari d' ma nièce.

SIMPLET

A la bonne heure, marne Julien.

GERVAIS, à Bourdon.

Laissez-moi donc vous dire ce qui m'est arrivé.

BOURDON c/e me77ie , montrant l'Avisé.

V'ià l'époux d' Jeannette.

l'avisé.

C'est ça, père Bourdon.

Morceau d'ensemble, AIR : Jl faut qu'on les saisisse (des Petits Savoyards.)

BOURDON

J'étouffe de colère.

Madame Julien.

Moi, céder à mon frère !

GERVAIS, à part , à Jeannette.

Maljiré c't'ordre sévère Je d' m'éloign' pas d'ici :

Va , tout espoir , ma chère , N'm'est pas encor ravi,

BOURDON , Madame JULIEN , à l'Avisé et â Simplet. Gaspard, tu seras son mari.

l'avisé et SIMPLET, à Bourdon et madame Julien, chacun à voix basse.

Laissez-moi seul avec c'garçon ; Par la Saint'-S'ierge , j'réponds Qu' j'y fions ben entendre jaison.

liOUPDON, madame JULIEN.

E.iteucir' raison.

Madame julien , à son frère.

Vous pouvez bien dans son village R'coaduir' vous même ce bel époux.

BOCRDON.

Puisque l' votre a tant d'avantage, Morgue, que ne l'épousez-vous î

M. GIFFARD

Àccordez-vons.

BOURDON, madame JULIEN.

Non, non.

TOUS Appaisez-vous.

BOURDON , madame JULIEN.

Non, non.

GERVAIS

Eroutez-moi.

BOURDON, madame JULIEN Non, non.

Ma sœnr est folle , je suis sage , ,

Et si je lui donnais raison , Que dirait-on "^ I Dans le canton ?

Madame JULIEN.

p] ] Mon frère est fou , mais je suis sage j

g >L Et si je cédais à Bourdon,

Ç3 I Que dirait-on

pi I Dans le canton ?

^ f GIFFARD, GERVAIS, JEANNETTEÉ'ftOuf/eî;///age, Ils n'entendront jamais raison.

l'avis £ et SIMPLET, en se regardant.

Tachons d'iy faire entendr' raison.

( Madame Julien et Jeannette sortent par la gauche , Giffard sort avec Germais et les paysans par le fond à droite ; Bourdon rentre chez lui. )

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