CHOU BINE
Oui dà? tu Tas revu?
AKOULINA
Qui donc? qui donc?
CHOUBINE.
Son danseur d'autrefois.
ORINA.
Quelqu'un... quelqu'un qui fera danser les autres.
CHOUBINE.
Dis-moi donc, Orinka Jdanova, quand ce malheur.... tu sais bien?... quand ce malheur est arrivé... Tu étais là... lorsque le tsarévitch...
AKOULINA
Bon ! vas-tu lui faire raconter encore la même histoire?
CHOUBINE.
Laisse-moi , femme... Quand le tsarévitch est mort, tu
ORINA.
Il n'est pas mort! C'est un mensonge de nos
ennemis.
CHOUBINE.
Tuas bien vu comment cela s'est passé...?
ORINA.
Si je l'ai vu I Saint Michel était là avec son bouclier d'or, qu'il a mis devant le couteau, et saint Nicolas est venu, qui m'a dit : « Orinka Jdanova, ne pleure pas, ne t'inquiète pas ; je réponds de tout. Je le mets dans mon baquet, et je le porte dans une île de la mer Bleue jusqu'à ce qu'il ait l'âge. »
GRÉGOIRE
Et qu'as-tu dit à saint Nicolas? *
ORINA.
Je im ai dit : «Monseigneur, sauf votre respect, comment est-ce que fera cet enfant sans moi? C'est
DÉBUTS D'UN AVENTURIER. Sî8
moi qui lui chante des chansons pour l'endormir et qui lui donne son manger, parce que vous savez bien qu'à présent que la tsarine est au couvent, il ne faut pas que la Volokhof , la gouvernante, touche seulement à une casserole... La tsarine l'a défendu, d'abord... »
CHOUBINE, bas.
La voilà partie!... (Haut.) Mais enfin comment les autres ne se sont-ils pas aperçus qu'il était échappé?...