‹ Les deux héritages;Chapitre 121 sur 138 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

CilÉGOlRE, YOURII.

GRÉGOIRE

Par ma foi !... Non... Si fait... Quoi 1 vous ici !...

Sois le bienvenu en Litliuanie, Grichlca Bogdanovitch. J'ai de la joie à te revoir.

GRÉGOIRE

Je voudrais pouvoir vous faire le même compliment...

YOURII.

Tu as souffert pour moi, et tes souffrances sont enregistrées dans ma mémoire.

GRÉGOIRE

Avez-vous inscrit deux cents coups de verges, trente jours au cachot, pain noir, eau claire?...

YOURII.

Sais-iu le proverbe des Zaporogues ? — « Oublie une injure, tu restes impur. » — As-tu perdu le souvenir des mauvais traitements de Boris ?

GRÉGOIRE

Quant à cela, je pense que de six mois je ne pourrai m'asseoir, sans penser à lui et le maudire.

YOURII.

Laisse les malédictions aux prêtres et aux femmes. L n homme agit et se venge.

GRÉGOIRE

Je ne demanderais pas mieux; mais...

YOURII.

Sers-moi, et je te vengerai. Demain, pars pour Tîle des Zaporogues. Je te donnerai des lettres pour leurs

atamans ; je t'en donnerai d'autres pour les atamans d i Don. Tu leur diras qu'ils sellent leurs chevaux, qu'ils affilent leurs lances et que tu m'as vu.

GRÉGOIRE

Cela n'est pa^ difficile à dire... mais... s'ils me de mandent... oui, s'ils me demandent qui vous êtes... (|3ie répondrai-je ?

YOURII.

Que tu as vu l'homme que Boris hait le plus au monde, qu'il craint le plus, le libérateur que tous les opprimés attendent. Ils me verront bientôt à leur tête avec mes alliés de la Pologne.

GRÉGOIRE, bas.

Ses alliés !

YOURII.

Jusque-là, pas un mot qui me fasse connaître. Souviens-toi de cet ordre; je veux être obéi, (n lui tend la

main.)

GRÉGOIRE, après un instant d'hésitation , s'agenouille et lui baise la main.

Monseigneur, disposez de votre esclave.

Drahin. — Le château du prince Adam Wiszniowiecki. — Une terrasse élevée donnant sur une cour

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