‹ Les deux héritages;Chapitre 19 sur 138 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Une terrasse. Il est presque nuit. La lune se lève. Une table rustique avec des lasses et du café.

SAQUEVILLE, LOUIS, M. SÉVIN.

Règle sans exception, mon oncle : jamais, chez des femmes, vous ne trouverez du vin tolérable. Le Champagne était douceâtre, le bordeaux trop vert , Fun et l'autre fabriqués. J'en fais juge Se vin.

SAQUEVILLE.

Je ne m'en suis pas aperçu.

LOUIS

Je le crois bien. Vous ne buvez ni ne mangez.

SAQUEVILLE.

Je ne te savais pas gourmand. A ton âge, c'est singulier.

LOUIS

C'est là mon moindre défaut ; mais tout le monde est gourmand aujourd'hui... jusqu'à Sévin, qui est un saint en herbe.

M. SE VIN

La table est le plus innocent de tous les plaisirs, cependant, quand on songe à tous les malheureux pour qui les miettes de nos somptueux repas...

LOUIS

Vous avez bien raison ; mais ne parlons pas de ccia sitôt après le dîner ; cela trouble la digestion. Pendant que ces dames sont allées chercher leurs châles , si nous fumions un léger cigare? Hein ! mon oncle?

Oh ! ici , c'est impossible.

LOUIS

A la campagne, la marquise le tolère. Prenez celuici ; il n'a pas l'air mauvais.

SAQUEVILLE.

En revenant à Paris.

LOUIS

Nous en aurons d'autres. Venez, c'est l'usage ici. Un tour d'allée seulement. Je ne vous en offre pas, Sévin?

M. SÉVIN

Ah Dieu! non.

(saqueville et Louis sortent; ciitrciit Ta marquise, Julie ^ miss Jaciisoa,

ou DON QUICHOTTE. Q7

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