UN ZAPOROGUE
Braves atamans, je reconnais que le moine a parlé bien, et je ne doute pas que son tsarévitch ne fasse un jour un glorieux tsar. Je leur souhaite, à l'un et à l'autre, toutes sortes de prospérités; mais rappelezvous qu'il y a deux mois à peine vous avez reçu un subside de Bopifl et juré paix avec lui. Si nous lui faisons la guerre sans provocation, que dira-t-on de nous? Nos anciens ont baisé la croix en témoignage de leur sincérité, et, sauf le respect que je dois à toute la compagnie, il n'est pas bien de rompre sitôt un serment prêté.
VOIX
Il a raison. Nous avons juré... C'est dommage.
GRÉGOIRE
Permettez-moi, messieurs, de vous dire encore un mot. Le serment dont je viens d'entendre parler ne signifie rien , et moi qui m'y connais, puisque je suis d'église, je vous garantis qu'il ne vous oblige pas. Vous avez baisé la croix en promettant de ne pas guerroyer contre le tsar ou les hommes du tsar de toutes les Russies. N'est-ce pas là votre serment? l'ataman.
En effet, j'ai baisé la croix pour tout le camp, et quatre atamans avec moi.
GRÉGOIRE
Si vous manquez au serment que vous avez prêté au tsar de toutes les Russies, vous craignez d'être excommuniés, je pense ?