‹ Les deux héritages, suivis de L'inspecteur général et les Débuts d'un aventurierChapitre 97 sur 173 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

KHLESTAKOF, LE JUGE.

LE JUGE, à part, en entrant.

Mon Dieu! mon Dieu! fais que je réussisse! mes genoux fléchissent sous moi (Haut, apr&« avoir saiu^, et u nd*MMot dans une attitude officielle : ) Permettez-moi de prendre la liberté de vous présenter l'hommage de mon respect. Je suis le juge du district, l'assesseur de collège Liapkine-Tiapkine.

KHLESTAKOF.

Veuillez vous asseoir. Ah! vous êtes le juge d'ici?

LE JUGE

Depuis 1816. J'ai été délégué pour trois ans par la noblesse, et depuis lors j'ai été maintenu dans cet emploi.

KHLESTAKOF.

kst-ce une bonne place que d'être juge?

LE JUGE

Après avoir été délégué trois fois pour trois ans, j'ai

été décoré de l'ordre de Saint-Vladimir de quatrième

-, et j'ai reçu les félicitations du gouvernement

■ ) l'ai l'argent dans ma main; il me semble tenir

charbona

KHLESTAKOF.

J'aime Tordre de Saint-Vladimir. Je trouve que c'est mieux que Sainte-Anne de troisième classe.

LE J D G E , avançant sa main fermée, et la retirant ; à part.

Mon Dieu! je ne sais où je suis. Il me semble que je suis assis sur de la braise.

KHLESTAKOF.

Qu'avez-vous là, dans la main ?

LE JUGE, ouvre la main comme par distraction et laits* tomber un billet sur le plancher.

Rien, Monsieur.

KHLESTAKOF.

Comment, rien? vous venez de laisser tomber un billet de banque.

LE JUGE, tremblant de tous ses membres.

Oh! non... rien. (Ap«t.) Ah! mon Dieu ! me voilà sur la sellette. Voilà la charrette qui part pour la Sibérie.

KHLESTAKOF, ramassant le billet.

Je disais bien, c'est un billet de banque.

LE JUGE9 à part.

Ah! tout est fini! je suis mort!

KHLESTAKOF.

Dites donc, vous me feriez plaisir de me prêter cela.

LE JUGE, avec empressement.

Comment donc! comment donc... avec le plus grand plaisir, (a part.) Ah! du courage! du courage! Trèssainte mère de Dieu, tire-moi d'affaire.

KHLESTAKOF.

C'est que, voyez-vous, j'ai été retenu en route, et puis comme cela... dès que je serai chez moi, je vous renverrai cela.

LE JUGE

Pardonnez-moi... excusez trop d'honneur pour

moi... Mes faibles efforts, mon dévouement el mon

z '''' I '' 1,s intérêts de l'administration Fe m\

cerai toujours... que le service... (îiie îèTe, prend 1* po.i-

•loigt sur la couturo de la culotte.) Je n'OSe abu-

ser plus longtemps de vos moments précieux. Avezvous quelques ordres à me donner?

KULESTAKOF.

Quels ordres?

LE JUGE

Je veux dire quelques ordres pour le tribunal d'ici.

KULESTAKOF.

Pourquoi donc? Je n'y ai pas d'affaires. Non, je vous remercie de tout mon cœur.

LE JUGE salue et se retire ; à part en s'en allant.

Ville gagnée !

KHLESTAKOF, kprei l'avoir reconduit.

C'est un galant homme que ce juge.

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