D I R ECTEDR
Oui, Monsieur.
K IILKSTAKOF.
e petite ville me plaît C'est vrai qu'il n'y a pas
grand monde; mais que voulez-vous, ce n'est pas la capitale. IN'ai-je pas raison? ce n'est pas la capitale.
Vous avez parfaitement raison.
KHLESTAKOF.
Ce n'est que dans la capitale qu'on trouve le bon ton. Il n'y a pas là d'oies comme en province. Qu'est-ce que vous en dites? n'est-ce pas vrai?
LE DIRECTEUR
Parfaitement vrai, (a part.) Au moins il n'est pas fier. Il parle de tout.
KHLESTAKOF.
Eh bien , voyez-vous , dans une petite ville on peut encore s'arranger pour vivre heureusement.
LE DIRECTEUR
En effet
KHLESTAKOF.
Moi, je me dis, que faut-il pour y être bien? Il faut être considéré, avoir de bons amis... n'est-ce pas?
LE DIRECTEUR
C'est bien ma manière de voir.
KHLESTAKOF.
Je suis bien aise que vous soyez de mon avis. On dit que je suis un original, mais, moi. j'ai mes idées....
(il le regarde entre doux yeux; à part.) Si j'cill Pl'UUtaiS de l'argent à ce directeur? (Haut.) Il m'arrh e une drôle d'aventure. J'ai été retenu très-longtemps en voyage. Ne pourriez-vous pas me prêter trois cents roubles?
LE DIRECTEUR
Comment doncl comment donc ! avec le plus grand bonheur ! Voici, Monsieur, disposez de moi.
KHLESTAKOF.
Mille remerciements. C'est que, voyez-vous, moi. on voyage je n'aime pas a me rien refuser, d'abord, et puis, d'ailleurs... n'etes-vous pas de cet avis?
208 L'INSPECTEUB GÉNÉRAL.
LE DIRECTEUR
TOUt à fait, (se levant, et dans l'attitude officielle.) Je n'OSG
abuser plus longtemps de vos moments précieux. Auriez-vous quelques observations à m'adresser sur le service des postes?
K II L E S ï A K 0 F.
Rien dU tOUt. (Le Directeur des postes salue et sort. — Kblestakof
seul, allumant un cigare.) Ce directeur des postes est aussi , à ce qu'il me semble , un brave homme. Au moins il est serviable. C'est comme cela que j'aime les gens.