SCENE V
Les précédens, FREDEGONDE, MACBETH.
voit entrer Fredégonde la première... Macbeth lui échappe elle s'attache h lui , et V amène sur la scène.
On
FREDEGONDF,
Pourquoi frémir ? (*)
Yplîictonne l'a dit : sur tout ce qui te touche,
La vérité , Machelh a parlé par sa bouche...
Oui , je l'entends encore : ii dans le champ des {guerriers,
» Ton noble front, Macbeth, s'est couvert de lauriers.
j) Il ne te manque plus que le rang de ton maître.
» Sur cet illustre rang qui t'eblouit peut-être,
» Voici ce que le ciel t'annonce par ma voix :
» A l'Ecosse , bientôt , tu donneras des lois.
« Mon sceptre n'est point fait pour scéler un mensonge ;
■fl La couronne t'attend... » Souvieus-loi de ton songe.
Règne, règne, Macbeth.
Les Ecossais sont effrayés.
MACBETH
Comment y parvenir?
Je n'ose sans trembler , regarder l'avenir. Lncor, dans mes exploits , dans ma propre innocence y Hélas ! si ma vertu trouvait quelqu'assurance ! Mais je cherche en moi-mènje un secret défenseur , Et ne peux du repos éprouver la douceur.
(*) Ces vers sont tirés de la Traf;é<lie. On a été obligû. de les preuJie «ans pluiieurt scèae« poor précipiter l'Activa.
^e sens à chaque insiaiu sous ma main dégouiânie, Un corps meurtri , du sang, une chair palpitante..,. Oui , c'est moi, dans la nuit, sur un lit ténébreux, Moi qui perce à grands coups un vieillard malheureux;
frédégonde.
Voici l'instant , Macbeth.... Ne vois que la couronne ; Le sort te la promet , que ton bras te la donne. Vers ce trône éclatant , de trépas en trépas, Plus prompt que nos désirs, il l'entraine à grand pas. Le tenis s'enfuit , Macbeth j roi quand Duncan sommeille y Tu n'es plus qu'un sujet , si Duncan se réveille : Elève, élève au ciel ton vol ambitieux; Las d'avoir des égaux, disparais à leurs yeux. L'oracle s'accomplit ; oui, ma grandeur s'apprête ; L'éclat de tes rayons réjaillit sur ma tête. Quel bonheur pour mon fils, et quel bonheur pour moi ! Je suis dans un instant mère et femme d'un roi. Àh ! ne fais point languit ma superbe espérance ! Il est tems....
MACBETH
Mais l'honneur , mais la reconnaissance, Mais un vieillard , un roi , mon parent , mon ami , Au fond de son palais , sous ma garde endormi , Qui , si des assassins venaient pour le surprendre , Crierait d'abord: Macbeth, Macbeth , viens rae défendre : Où s'allait égarer mon esprit éperdu !
J'immolerais Duncan , moi qui l'ai défendu ! A quel prix j'achetais l'honneur du rang suprême ! Mon fils peut être heureux sans sceptre et diadème. Tous deux , à la vertu, formons un prompt retoiu- ; ' Tous les deux sans remords nous reverrons le jour.
FREDEGONDE.
Glamis sera donc roi !....
MACBETn.
Glamis !.... Non , non , sur l'heure , Il faut frapper Duncan , il faut que le roi meure. Envain je résistais.... ce coup m'est ordonné. Par le sort en un mot , mon bras est entraîné ; On dirait que ce sort , puisqu'à tout il préside, Sur ses tables de fer grava mon parricide. Je m'arrête , et j'y cours. Marbres silencieux , Soyez sans sauvénirs , sans oreilles , sans yeux j
bouMez autour de moi vos épaisseurs funèbres j Ne sentez point mes pas glisser dans les ténèbres.
( Il sort. )
FRéDÉCOJVDE.
Suivons, suivons ses pas , et sachons l'entraîner Vers le forfait Iieureux qui doii nous couronner.
( Elle court vers Macbeth et sort. )