‹ Les deux mariés; comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 18 sur 21 · HE?(BY · texte numérisé non relu

HE?(BY

Finissons!..

PARIS

Dis moi : lu es mon cousin... tu n'es pas hussard... tu es administrateur...

Oh ! je t'en prie!

PARIS, enchanté.

Sois jaloux à ton tour... c'est moi qu'elle aime!..

HEiSRY" , riant.

Toi ?

PARIS

Oui, j'ai l'expérience du beau sexe... celle-ci m'adore!

HENRY

Elle te l'a dit ?

PARIS

Quelle bêtise !.. est-ce (juc je n'ai pas vu ça dans ses yeux? Et puis, l'éloge qu'elle a fait de mon caractère, de mu sensibilité...

HENRY

Écoute, veux-tu me permettre d'avoir encore un pen d'espoir?

PARIS

Moi !.. je ne l'empêche pas d'espérer... Espère, mon garçon, espère...

HENRY

A moins (^ue tu n'aimes mieux que je fasse la cour à ta femme ?

Non, j'aime mieux que tu espères... et je ne répoudiais

pas... Ah ! les fenini

HEMiY , L'interrompant.

Assez ! je vais tenter un dernier effort... Tâche que personne ne vienne... Un seul mot maintenant me perdrait...

Air de Ju lie.

Allons, va-t-en , car jeciois que c'est elle... PARIS.

Pardonne, à Ion heureux vainqueur :

(l'est nial{;;re moi que <)e ta hcjle Aujourd'hui j'ai chainié le cœur.

Sur ma i'uture, ici, do mon mérite AL ! ne vas point te venger, en tout cas, ht so.T^e bien que je ne voudrais pas , Prendie une femme eu commandite.

(Il sort.)

HENRY, MADAME DELMARE, en toilette de bat.

MADAME DELMARE, à /Jflr^

Encore lui!., mais maintenant je pins l'écouter, la ieltic que je viens {l'écrire... [A H eriry efun ton enjoué.) Je vous ai fait un peu attendre; mais enfin mevoilà prête p'jur le bal... HE>RY , un peu cina.

Ce bal autorise seul ma pré.sence chez vous...

MADAME DELMARE

D'abord, vous n'êtes pas positivement chez moi... tout mon appartement esta la disposition de la noce, cl ce n'est pas pour le marié que je ferais une exception...

HENRY

Je vous remercie beaucoup de la préférence...

MADAME DELMABE.

D'ailleurs, j'aurai toujours infiniment de plaisir à rerevoir vos visites... Vous viendrez me voir... avec Herniiuie... HENRY, ne pouvant plus se contenir.

Pas du tout, madame... c'est que vous ne me veircz plus^!

MADAME DELMAfiE.

Quelle menace, monsieur!.. Qu'ai-je fait pour la mériter? 11 n'est pas généreux de me punir de votre bonheur!

Ht:>RY.

Ah ! madame... quittez cette ironie crueile qui me désespère, et daignez accueillir avec amitié mon dernier adieu...

♦—as 56 »-♦ MADAME PELMARK, vivcment.

Que (liles-vous?-.. [Se reprenant.) Ne semble-t-il pas que nous serons séparés?..

HENRY

Oui... séparés pour jamais... Dès ce soir , je pars...

MADAME DELMABE.

Vous! partir!.. Où conduisez-vous donc votre femme?

HENUY.

Ma femme!... Quel malin plaisir vous prenez à me la rappeler!..

MADAME DELMARE

J'ai tort... Je pense bien qu'en entreprenant ce voyage , il ne vous arrivera pas de l'oublier...

HE. Ml Y.

Pardonnez-moi, madame... je l'oublie .. je l'abandonne... je pars seul.

Y songez-vous?...

HENRY

Mou parti est irrévocable, tout est préparé... une chaise de poste doit m'attendre, et à minuit...

MADAME DELMABE, avec abandon.

Henry!., mais non, je ne puis vous croire!..

HENRY

Demain , vous serez moins incrédule...

MADAME DLLMARE.

O ciel!.. Herminic!.. que dira-t-elle ?.. quoi?., sans la prévenir...

HENRY

Voilà comme vous me jugez!., je suis, à vos yeux. Incapable do procédés, de délicatesse... Ucrmiaie sera instruite avec tous les ménagemcns, tons les égards... 11 sera doux heures lorsqu'elle rentrera dans son appartement... et tandis ((u'on cherchera le marié, ses rci^ards tomberont naturellement sur une lettre... dont le style... elle vous la montrera, vous en serez contente...

MADAME DELMARE, à pari.

Serait-il possible que sa tôle...

HENRY

Eh bien! tenez... en l'écrivant j'ai éprouvé... je crois môme qu'une larme... Mais je m'éloigne aussi de vous...

MADAiME DELMARE.

Mais non... quel délire vous égare!., vous ne commettrez

pas UDC pareille action, .. vovis ne porterez pas le trouble dans une famille... Henry!., vous êtes honnête homme.

HENRY

C'est pour cela que je pars... j'ai manqué de force pour réprimer un mouvement de dépit, je me suis marié par amour-propre... la tète était perdue ! c'est à ma raison à réparer, s'il est possible, les tristes conséquences de ma folie... Rester, ce serait vous ofTcnser, car je ne pourrais contraindre mon amour, et je mériterais à la fois votre mépris et celui d'Herminie.

MADAME DELMARE , à part.

Pauvre jeune homme! il est vraiment à plaindre! (Haut. ) écoutez, Henry... écoutez-moi comme une amie!., il faut se résigner... que voulez-vous?.. Sans doute , nous n'étions pas nés l'un pour l'autre; mais si vous avez de l'amitié pour moi, ne repoussez pas mes conseils, ne vous perdez pas par un éclat qui pourrait nous compromettre tous les deux... ne faites pas le malheur d'une jeune personne qui vous aime...

HEURY.

Air : Bap pelez-moi, je reviendrai.

Ah 1 que de femmes, je l'atteste, Qui voudraient bien en être là !

13e son mari le nom lui reste, Et dieu merci, l'cpoux s'en va. ..

Est-on plus heureuse que ca !

Pour moi , dans cette tilste épreuve , Sans remords, je puis la quitter:

De ma tendresse elle n'a pas de preuve. Aujourd'hui si ma femme est veuve.

Elle n'a rien à regretter.

MADAME DELMARE

Pourquoi juger son cœur d'après le vôtre!

HENEY.

J'ai compté sur vous pour la consoler de mou absence... et s'il le faut, vous lui ferez facilement partager voire indifférence, votre haine...

MADAME DELMARE

Ah ! quel mot prononcez-vous ?

HENRY

Quoi! vous ne me haïssez point?

MADAME DELMARE

.Te n'ai rien dit... {On entend la musique du bal qui continue en sourdine jusquà la fin de la scène. ) Mais le bal commence...

(Elle veut s'éloigner. ) HENRY.

Ah! si je pouvais seulement être bien sûr que je ne vous suis pas tout-à-fait indifférent!., je partirais encore, mais,

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avec ma femme... )e l'écouterais alors avec délices quand elle me parlerait de son amie... votre nom, qu'elle prononcerait, l'embellirait à mes yeux...

MADAME DELMARE

Notre absence sera remarquée...

HENRY

Non...unenocedu meilleur ton... beaucoup deparens... personne ne s'y connait... Ne me privez pas du seul bonheur qui me soit permis... tout dépend d'un mot dont je jouirais seul... que je garderais au fond de mon cœur comme un avare cache son trésor...

Air du Bal. (de Madame Duchambge. ) .Songez-y bien, oui, je pars avec elle, Et pour jamais je vais quitter ces lieux I Que craigiiez-vous?, . à ma douleur fidelle Donnez, du moins, un regret pour adieux.

MiDAME DELMARE, émuc et voulutit s'élolgner. Hier, peut-être.. .

HENRY

Eh bien?., ô trouble extrême !..

MADAAIE DELMARE.

Ce doux regret, je l'aurais exprimé. . . (Musique du bal. )

Hier , encor , j'aurais dit : je vous aimé. . . Ce soir, je dis : je vous aurais aimé !

HENRY

Esl-il possible!., ô bonheur!

MADAME DELMARE

Que signifie ?

HENRY, avec entrainement.

Je veux mourir à vos pieds de repentir et de joie... apprenez... ah! j'en deviendrai fou!... votre méprise m'a fait naître l'idée de prolonger votre errevir... de chercher à troubler cette tranquillité , ce calme de votre âme , qui faisait toute voire force... Kn un mot, je ne suis pas le marié... je suis le premier témoin... l'ordonnateur, ce qu'on appelle, je crois, le premier garçon de noce...

MADAME DELMARE

Grand dieu! il se pourrait!

HENRY

Oui, je suis libre!

MADAME DELMARE

Vous?,. ( Apres un temps. ) et moi, monsieur, je ne le suis plus!

flonmicnt! cela est impossible! ce jeu cruel...

4 — K OQ Sh-* MADAME DELMARE.

?son. Je suis engagée... après la démarche que je viens de faire, rien au monde ne peut me permettre de me dédire.

HENRY

O ciel ! ^

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