‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 18 sur 58 · ACTE I, SCENE XL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XL

MADAME DORSAI, bas à madame Bourdeuil.

Contraignez-vous .

BOURDEUIL.

Qu'est-ce que tout cela signifie? toujours Monsieur! Est-ce ainsi qu'on se parle dans un bon ménage ? D'où vient cette réserve , cette froideur ?

MADAME EOURDEUIL.

Interrogez-vous , Monsieur : descendez en vousmême , vous le saurez, {à part. ) Je croyais être plus maîtresse de moi.

MADAME DORSAL

Prenez donc garde , ma bonne amie .

BOURDEUIL.

Comment ? . . . Que je descende en moi-même ! . . . Parbleu ! je n'y trouverai que de la tendresse et de l'amitié pour toi.

MADAME BOURDEUIL.

Le fourbe ! comme il cherche à m'abuser.

BOURDEUIL.

Mais je ne t'ai j'amais vu me bouder ainsi, (à madame Dorsai.) De grâce , Madame , dites-moi donc ce qui a passé par la tête de ma femme depuis ce matin.

MADAME DORSAI.

Mais je ne vois pas que Madame soit aussi fâchée qu'elle le paraît, (à madame Bourdeuil.) Soyez donc un peu plus raisonnable.

BOURDEUIL.

Madame , vous avez un bon mari , bien franc , bien sincère , qui vous rend heureuse • n'en demandez pas

davantage Remontons chez nous, et donnez-moi

la main.

MADAME DORSAI, bas à madame Bourdeuil.

Je vous le recommande encore, ne vous trahissez pas.

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