‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 27 sur 58 · SCENE IL BOURDEUIL, MADAME DORSAL · texte numérisé non relu

SCENE IL BOURDEUIL, MADAME DORSAL

BOURDEUIL.

Ma foi , madame Dorsai , sans tous j'étais perdu 5

3o LES DEUX MENAGES,

certainement c'est un grand malheur que de vivre mal avec sa femme • mais encore , lorsqu'on en connaît le motif, on s'en console plus facilement.

MADAME DORSAI , d'un ton grave.

Monsieur Bourdeuil, je suis enchantée que nous soyons seuls : je désirerais avoir un moment d'entrelien avec vous.

BOURDEUIL , êlonnê.

Avec moi , Madame ?

MADAME DORSAI.

Oui j veuillez voir, je vous prie , si personne ne nous écoute .

BOURDEUIL , à part.

Où veut-elle en venir?

MADAME DORSAI.

J'aime votre femme comme ma propre sœur* nous n'avons que vous d'amis , il est naturel que nous nous intéressions à tout ce qui vous concerne... et j'espère que le sujet de notre conversation ne vous paraîtra ni indiscret, ni déplacé.

BOURDEUIL.

Parlez, Madame, parlez, (à part.) Allons, encore quelque chose de nouveau.

MADAME DORSAI.

Grâce à l'ascendant que j'ai sur le caractère de madame ïourdeuil, je suis enfin parvenue à vous réconcilier. Il ne me reste plus maintenant qu'à vous donner des conseils qui vous seront utiles , si vous les suivez , et qui préviendront le retour des contrariétés dont votre conduite est la cause.

BOURDEUIL , vivement.

Ma conduite?... Mais, Madame, je vous prie de croire que tout ce dont je suis accusé est faux... totalement faux, et que la calomnie seule peut avoir...

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