‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 32 sur 58 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

MADAME DORSAL

Tu peux plus que personne dans une semblable circonstance. Bourdeuil est ton ami , il s'ouvrira plus volontiers avec toi : d'ailleurs , il n'est rien tel que l'exemple pour ramener quelqu'un : tu lui feras le tableau de notre bonheur , tu lui mettras sous les yeux la conduite.

DORSAI , avec embarras.

Ma conduite!... C'est que je ne voudrais pas avoir l'air d'en tirer vanité. Et puis vraiment je suis embarrassé... Que veux-tu que je lui dise?

MADAME DORSAI.

Mais cette réflexion m'étonne de votre part , Monsieur : seriez- vous le confident de votre ami ? le soutiendriez-vous dans ses erreurs ?

DORSAI , vivement.

Qui, moi? ah! quelle idée! (à part.) diable! changeons de rôle, (haut.) C'est abominable! c'est affreux! Je suis prêt , ma chère amie , à faire tout ce que tu voudras .

MADAME DORSAI , avec mystère.

INous avons enfin la preuve la plus certaine qu'il a une maîtresse.

DORSAI , vivement.

Est-elle jolie ! (à part.) Où diable vais-je faire une pareille question?

MADAME DORSAI.

Elle a, dit-on, des yeux bleus magnifiques. DORSAI, à part.

Juste comme ceux de madame de Montalan. (haut et avec intention.) Cela fait pitié* ce petit monsieur qui ne peut pas se contenter des yeux noirs de sa femme j en vérité tout le monde s'en mêle, (à part.) Je suis

tout-à-fait dans une position fausse • esquivons-nous . (haut.) Je vais le trouver , j'ai à lui donner des nouvelles d'une affaire qui nous inquiétait et dans laquelle nous ne perdrons rien ; mais c'est surtout de sa conduite dont je veux lui parler, et, malgré sa réserve, il faudra bien que je lui arrache son secret. Il sort.

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