ACTE II , SCÈNE IX
MADAME DERVIGNY
Vous êtes excellent musicien ?
PHILIBERT cadet.
Je joue la contre-danse.
MADAME DERVIGNY
Vous dessinez?
Pour m'aniuser , je crayonne.
MADAME DERVIGNY
Vous Élites des vers ?
PHILIBERT cadet.
Des vers ! moi !
MADAME DERVIGNY
Ne vous en défendez pas. Mon gendre et moi, "nous aimons beaucoup la poésie.
PHILIBERT cadet.
Oh ! alors... {A part. ) Peste ! on me supposé bien habile.
MADAME DERVIGNY
Mais ce que j'estime plus que !e talent , c'est le caractère.
PHILIBERT cadet.
Le mien est excellent.
MADAME DERVIGNY
C'est la conduite , ce sont les mœurs.
PHILIBERT cadet.
Ah ! sous ce rapport....
MADAME DERVIGNY
On nous a fait de vous un éloge qui ne laisse rien «
PHILIBERT cadet.
En vérité !
MADAME DERVIGNY
Tenez , M. Philibert , je suis une bonne femme , qui ne
sait pas caclier ce qu'elle a dans le cœur ; d'ailleurs , ce que j'ai à vous dire ne nous engage à rien. Mon gendre n'est plus là. Est-ce que vous n'avez jamais songé à vous marier?
PHILIBERT cadet.
Mais je ne dis pas que , s'il se présentait u« bon
parti , sur-tout une femme aimable aimante
MADAME DERVIGNY
Je sais ce qui vous attire ici.
PHILIBERT cadet.
Vous savez
MADAME DERVIGNY
Quand il n'y aurait que la vive impression qu'a produite sur vous la vue de ma petite-fille.
PHiLiBEPiT cadet.
Impression bien naturelle.
MADAME DERVIGNY
Oh ! cul bien naturelle. Nous savons que vous la trouvez jolie.
PHILIBERT cadet.
Charmante.
MADAME DERVIGNY
Parfaite , voilà le mot.
PHILIBERT cadet.
Oui, Madame, parfaite. [A part. ) Est-ce qu'on croirait?..... Ma foi !
Soyez franc , vous l'aimez.
PHILIBERT cadet.
Eh bien ! oui , Madame , je l'aime. ( A part. ) Et pourquoi pas ?
MADAME DERVIGNY
Eh bien ! Monsieur , c'est à vous à justifier la réputation qui VOUS a précédé.