‹ Les deux reines de FranceChapitre 26 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Depuis ce jour, enfant , quelque coup qui les brise,

Les femmes ont partout un défenseur... l’Église!

1NGEBU RGE.

Mon père !

LE CARDINAL

De vos preux le courage indompté Ne défend rien en vous, femmes, que la beauté !

Le prêtre est aussi, lui, chevalier de la femme I Mais, armé par le Christ, il ne voit que votre âme,

Et, dès que parmi vous quelque cœur sans soutien Jette un cri de détresse en l’univers chrétien,

Que contre une fureur impudique ou jalouse Une épouse en appelle à son titre d’épouse,.

Le prêtre accourt; il n’a ni lance ni haubert,

D’un casque en fer bruni son front n’est pas couvert, Mais le Verbe divin sur sa lèvre flamboie!

Il accourt; au despote il arrache sa proie,

Et lui dit : « Par le Dieu sur la croiir expiré,

Respecte en ta victime un front deux fois sacré! Femme, elle est rachetée; épouse, elle est bénie!

Tu l’as en ton pouvoir, non en ta tyrannie!

Et que tu sois ou non au rang des potentats,

Cette femme est à Dieu ! Tu n’y toucheras pas! »

On entend un chœur de jeunes filles.

INGEBURGE.

Le doux chant !

On voit paraître le chœur de jeunes tilles françaises.

Quelles sont ces jeunes damoiselles Qui viennent jusqu’à nous?

LES DEUX K El NES DE FRANCE.

Kl

L ANl) RESSK.

Ce sont vos sœurs nouvelles...

C’est ici qu’en vos mains il vous faut échanger Ce voile, ce manteau, désormais étranger,

Pour revêtir l’habit do notre heureuse terre;

Car la France est jalouse et vous veut tout entière!

INGEUUHüE, aux jeunes filles danoises qui la suivent.

Je suis prête! O mes sœurs, que ce soit vous, dumoins. Qui me rendiez encor ces doux et tristes soins!...

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