SCÈNE II
INGEBÜRGE, LE GOUVERNEUR.
INGEBÜRGE. Elle entre la tête baissée. .
Qu’allez-vous m’annoncer d’inhumain?
Depuis deux ans qu’ici je suis dans votre main.
Pas un jour n’a passé, sans que voire visage De quelque affront nouveau m’apportât le présage !
Que m’apportez-vous donc encor?
LE GOUVERNEUR
La liberté !
INGEBÜRGE.
Vous?
LE GOUVERNEUR, lui tendont un papier.
Dites un seul mot... plus de captivité!
INGEBÜRGE, prenant le papier.
Ah ! je comprends! Toujours l’arrêté du concile!
Qu’à ses iniques lois, je me montre docile!
Que je veuille signer ma honte do ma main !
Que je déclare impur mon légitime hymen !
D’adultère accusée, et puis de sortilège,
Que j’accepte aujourd’hui le nom de sacrilège !
Et, pour briser mes fers, que j’aille lâchement Confirmer leur mensonge avec mon faux serment !
Non ! Cinq ans de torture et deux ans d’esclavage Au niveau de mes maux ont haussé mon courage! Un cachot vous mûrit plus vite qu’un palais !
Qu’on me torture, soit! mais m’avilir, jamais!
*■ Elle va pour déchirer le papier.
LE GOUVERNEUR, l'arrêtant.
Ne le déchirez pas ! Dans votre sort funeste,
C'est encore un ami ! c’est le seul qui vous reste ! Ne le déchirez pas! Les souverains, parfois,
Se lassent à la fin d’ouïr certaines voix!
Ne le déchirez pas!... Vous maudissez vos chaînes! Si ce n’était pourtant qu’un essai de vos peines !
Ne le déchirez pas!...
11 sort.