DEUXIÈME VOLEUR
Oui*., je ne l'avais pas reconnu d'abord, tant il est changé !
BURL.
Chut... il dort... Non , il est mort !.. je crois.
(Il se baisse et le louche»)
PASSE-PARTOUT
Si c'est le moribond de tantôt , il doit être bon à enterrer. BURL , le tâtant.
Le diable m'emporte ! immobile, froid, mort ! oui... bien mort!.. Allons, la besogne est faite. Pour plus de sûreté... (il lève son poignard et s'arrête.) Bah! il est assez mort pour un banquier. Quel digne homme que ce George ! la crème des humains , quoi ? Ce garçon-là s'est toujours dévoué pour tout le monde. Il est si obligeant , qu'il me fait le plaisir de mourir à l'amiable , là , sans que je m*en mêle ; si honnête , qu'il m'épargne un crime. Dieu merci ! je m'en lave les mains. Mort de faim à la porte de cet hôtel , qui contient sa fortune ! S'il avait voulu me croire , pourtant , quand je suis venu le chercher!.. Enfln, c'est un homme à refaire. (A.u premier voleur.) Passe-partout, jette ton manteau sur lui et laissezmoi ; le reste me regarde ; je dois être seul pour achever l'affaire. C'est avec un particulier très connu dans Londres , qui veut garder son quant à soi ; un de ces hommes prudens qui ne manqueraient pas de vous payer une dette en plein jour, mais qui vous tuent dans l'ombre. A demain le partage !
(Passe-parlout ayant jeté son manteau sur George sort avec les deax autres.)