‹ Les deux serruriers, drame en cinq actesChapitre 16 sur 77 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

GEORGK, PAUL, puis BURL.

(Après un moment de silence, les deux frères so lèvent Cl s’embrassent en pleurant.)

GEORGE

Ils l'ont tué , les meurtriers !

PAUL

Je suis venu trop tard.

DURL , entrant , sans être vu , par la porte restée ouverte; k part

Pourrais-je lui parler, ciilin ! (Les voyant dé • solés..) Mais que se passe-i il donc, ici?

P.AUL

El maintenant, frère, U faut que je parte..*

BÜRL.

Bon ! il sera seul , attendons, alors!

(II entre de l’autre cOté, dans un cabinet, derrière le berceau.)

Partir, dis-lu?

Je n'avais à moi que ma liberté, je l’ai vendue*

GEORCE*

QQ'as>ta fait, mon frère?.*

PAUL

Je me suis engagé pour libérer notre père qui n'est plus... George.. .je le laisse mon enfanu Tu es habile et honnête... mieux que moi ta pourras la nourrir et relever. Moi, je vais à \Vindsor rejoindre mon régiment, défendre tiésonnais les heureux de la terre. Toi , tu travailleras pour nous tous! adieu. George...

adieu, mon père, adieu, ma fille... adieu, tout ce que j'uimc , adieu ! (n sort en sanglouaot)

SCKNE XV.

GEOnCE , puis BORL.

GEORGE

Esl-ce assez de douleurs, assez de fardeaux?

rt Ciel. la mesure esl-elle comble? me voilà seul , entre im cercueil et un berceau, ces deux pôles de la vie, ces deux extrêmes qui se touchent, oui, par le m.illieiir. (ll sourit amiremeuL) Me voilà seul, entre ces deux grands devoirs, impiiis.sant .à enterrer le mort et à élever le vivant! Moi, moi, Tainé, le rhef de la famille, le plus liabile, le soutien naturel îles autres, ne ferais je pas plus pour l’enfant que je n’ai fait pour le itère? O mon Dieu! avoir de la jeunesse et de l'activité, du courage et de l’intelligence , appeler le travail de toute l’énergie de son àme , et n’étre pas plus exaucé qu'un idiot ou nn lâche!., mais si cela ne suffit pas ponr vivre, que faut-il donc de pins ?..

BCni,, rentrant, à part.

Le désespoir est ici... c'est le bon moment,

GROROE.

O mon Dieu! mon Dieu!., venez à mon secours! ne m’abandonnez pas tm pins rude de ma lâche... donnez-nous le pain de chaque jour, et ne nous tentez pas an-dclà de nos forces.

BCRL, SC présentant à George.

George , lu as été entendu.

GEORGE

Burl, est-ce Dieu qui l’envoie?..

RVRL.

Non. Un jésuite d'Irlande , qui m'a éduqué, m’a toujours dit ; Aide-toi et le Hasard l'aidera,

GEOROE,

Et que vciix-tii?

HURL.

Te rendre riche.

GEORGE

Moi!

Biîni..

negarde-mni bien!., depuis que notre maître conimini est mon, je n'avais pins d’ouvrage... Je n’en nvais pas cherché. Il me poussait de l’herbe dans les mains, quoi ! et dans le ventre, rien!., il fallait vivre... c’esl le ilas.vrd qui s’est chargé de m’entretenir... et pas mal, In le vois... George, si tn le vetix, le Hasard petit t'entretenir aussi?

GEORGE

Que faut-il faire?

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