‹ Les deux serruriers, drame en cinq actesChapitre 54 sur 77 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

GEORGE , seul , entrant d’un autre cOté , pale , exténué , les vétemens en désordre.

OKOIWIE , les yeux fixés sur la maison de Jenny.

Jenny!.. Jenny!., ne te verrais-je plus? Depuis le jour OÙ tu es venue m’arracher à la justice biimainc , je ne l’ai point aperçue... n’as-lu donc voulu que me rendre service pour^scrvicc , ma liberté pour ta vie? est-ce la reconnaissance ou l'amour qui t’a donné le courage de me défendre? Chère Jenny, tout plaidait conlic moi! l'accusationde ton père, le témoignage de BurI, jusqu’à mon habileté... mais tu as parlé, et ta voix d’ange a donné tort aux démous!., hélas!., c’était de la compassion; ce n’élail pas de l'anionr, puisque je ne te retrouve plus hoiVdc la prison. Depuis que je suis libre. Je viens' ici tous les soirs chercher seulement un de tes regards, et tous les soirs je viens en vain... Cette maison est muette et sombre comme la tombe... pas une lumière, pas un bruit!. .ÿlcino pour moi de mystère et de terreur. O Jenny! Jenny! pendant que je l’appelle et que je sonifre, n’entends tn pas un cri ? ne sens-tu pas mon mal ? ne vois-tu pas que je suis là seul et désolé sous la fenêtre , que tvut le monde me repousse, que l'«ceutatioo i

GEOHGE, seul.

Ils s’en vont , hisoucians , InditTcrens. Oui , tout s’éloigne, tout se ferme autour de moi, les portes comme les CŒUrs... oui, les maisons comme les hommes, barricadées d’un u iplc fer ! (Il IC lève.) O Londres, reine des mers, en- U'cpét du monde , ville riche et plus dure que le métal de tes trésors, à quoi servent tes magasins et tes greniers d’abondance , Ion indostrie et ton commerce, tes flottes et tes cargaisons, toute ton opulence , enfin ! si lu ne peux nourrir un de les enfans, si l'nu des tiens est condamné à mourir sans l'avoir mérité.s'il ne suffit pas d’étre innocent pour vivre dans ton sein ! Ferme-toi donc, mère aveugle et sourde, reposetoi dans ton insensibilité de pierre, redeviens calme, ooi, calme comme l’eau de ton fleuve quand elle engloutit un homme! je ne me débattrai pas en me noyant pour t'agiter... je suis résigné!.. Oh ! je me seiisdéfaillir, (llsenssled.) Je passerai celte nuit, la dernière sans doute, comme les autres, sur ce banc, en face delà maison de Jenny, afin de lui envoyer toute mon âme dans mon dernier soupir.

(D’RttUm buveun sortent de le Uverne,)

SCKNK Vlll.

Page 1