SCÈNE IV
Les MftsiES, VALENTINE.
CÉCILE, A Donuc.
Ma sœur, madame de Puybrun. (a r.ioniiue.) M. Donzac, de qui nous avons eu l’honneur de faire la connals-sance l’année dernière à Vichy.
DONZAC, après «’ètre îDcliDé.
Le bonheur, madame, de vous avoir été présenté marquera dans ma vie par une date qui ne s’effacera plus de mon souvenir... |Val«miDe IncUna légircment la l«le.) Est-Ce qUe VOUS ne serez pas des nôtres? Est-ce que vous ne vous laisserez pas tenter par le désir d’accompagner votre excellente et charmante soeur, dont tous nos pauvres de Vichy bénissent le nom vénéré, dont tous nos sites pittoresques connaissent le crayon inspiré?
VALENTINE, t DODiac.
Si je n’en avais pas eu le désir, ce que vous venez de dire, monsieur, me le donnerait.
DONZAC, i ValanUna.
Il faut le réaliser, madame... Il faut absolument que ma-
^î LES DEUX SŒURS.
dame la marquise vous emmène avec elle... Vous connaissez certainement le Bourbonnais et l’Auvergne ?
VALENTINK.
Non ; je ne connais en France que deux villes : Paris et Angers.
DOSZ AC.
Raison de plus pour venir respirer l'air pur et vivifiant de nos montagnes et de nos vallées, et tremper vos lèvres vermeilles t nos sources bienfaisantes. N’est-ce pas, madame la marquise, que vous êtes de mon avis?
CÉCILE
Ma sœur se porte aussi bien que moi... Et, d'ailleurs, cela dépend de son mari, M. de Puybrun.
DO NZ AC.
Les maris doivent oMissance à leur femme; c’est mon avis, quoi qu'en disent le Code Napoléon, article 213, et l’auteur de [École des mariSj l’immortel, l’incomparable •Molière!
CÉCILE, h UoDlar.
Vous n’étes pas marié, monsieur Donzac, on le voit tout de suite...
DONZAC.
\ quoi le voit-on, madame la marquise?
ACTR PREMIER.
C^.CILF..
Au langage que vous tenez. Si vous étiez marié, vous diriez exactement ie contraire.
DONZAC.
Je l’avoue, je suis resté braconnier; mais, si je chasse sur les terres de mes voisins, — ce qui a ses dangers, — au lieu de chasser sur ies miennes, cela tient à beaucoup de circonstances pour le récit desquelles il faudrait que je remontasse très-haut. Ces circonstances, je vous les racon- * teral à Vichy, car les chemins do fer n’attendent pas. Quelle bienfaisante mais aussi quelle tyrannique invention I Il faut être là..., là..., à la minute, à la seconde..., sous peine de manquer le train... Aussi combien de fois le manquc-t-on !