‹ Les deux soeurs; drame en quatre actesChapitre 17 sur 92 · VAL F. MINE · texte numérisé non relu

VAL F. MINE

Je sais ce que tu vas me répondre : tu vas me répéter que

nous eussions été dédaigneusement reléguées parmi ies

vieilles folles sans fortune dont le monde tourne en ridicule

les prétentions, ou les vieilles prudes sans famille comme

nous en connaissons, — bigotes par désœuvrement, enviant

tout et ne pardonnant rien, n’ayant d'affection que pour ♦ ^ leurs oiseaux, leur chat ou leur chien...

CÉCILE

Oui, voilà quel eût été notre sort! Mon mari, c’est vrai, n’est plus jeune, quoiqu’il se conduise en jeune homme; mais ses intérêts sont les miens... Quand il souffre, je souffre de le voir souffrir; quand il s’emporte, je songe à le calmer, et d’ailleurs, n'est-il pas le père de ma fille?

V ALESTI N E.

Ta fille! Encore une douleur à ajouter à ta vie... Une pauvre enfant contrefaite et toujours malade, près du lit de laquelle il te faut veiller toutes les nuitsl .\h ! sans toi, elle serait morte, mais son existence te coûtera la santé.

CÉCILE

Je suis forte.

V ALENTINE.

Tu le dis pour faire croire que tu l’es et diminuer ton mérite... Je t’admire... Tu as une vertu que je n’ai pas.

ACTK PREMIER. 33

11 (J>-pend de toi de l'avoir.

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