ACTE PREMIER
ROBERT
Ayez rimagination plus calme et j'aurai Tesprit moins défiant.
VALEIf TINE.
Ayez Tesprit moins défiant et j'aurai IMmagination plus calme.
ROBERT
C'est un cercle vicieux d'où je ne demande qu'à sortir. Est-il un seul de vos désirs au-devant duquel je ne sois toujours prêta aller?
VALEIITINË. .
Si cela est vrai, prouvez-le.
ROBERT
Comment?
VALENTINE
£n me laissant accompagner ma sœur à Vichy, où son mari l'emmène.
ROBERT
A Vichy! Qulriez-vous y faire? Cène serait que pour arriver un ou deux mois plus tard à Puybrun. Eh bien, s'il ne vous plaît pas d'y venir sitôt, allons ensemble à Trouville, à Dieppe, à Bade, en Allemagne, en Suisse, aux Pyrénées, où il vous plaira enfin... Choisissez... (Avec teadresse.) Je ferai ce que tu voudras, Valentine ; maïs ne nous séparons
pas. Séparer sans nécessité ce qui doit demeurer indissolublement uni n'est jamais bon.
VALENTINE
Vous tombez mal en me disant cela! Précisément ce que je veux, c'est passer quelques semaines avec ma sœur... Les maris jaloux ne comprennent rien. Ils ne comprennent pas que les femmes ont des nerfs qui se contractent, des impatiences qu'elles n'ont pas toujours le pouvoir de maîtriser. N'en tenir aucun compte, sachez-le, c'est le moyen de se rendre odieux. La jalousie est un éteignoir sur un flambeau. Tenez! au lieu de prendre votre air d'Othello, vous devriez me remercier d'être venue prier Cécile de m'emmener avec elle.
ROBERT
Vous remercier de me quitter !
Oui, parce qu'à mon retour, dans un mois, à Puybrun, où vous irez m'attendre, je vous promets d'être charmante... pour tous vos amis.
ROBERT
Et pour moi?
VALENTINE
Et pour vous aussi.
ROBERT
Vous me le promettez?