ACTE DEUXIÈME
VALENTINE
Non; je ne sors pas... Je vais dans l'autre salon, où j*ai oublié un livre qu'on m'a prêté et qu'il faut que je rende.
LOUISE
Vous rendez les livres qu'on vous prête? Moi, jamais je ne les rends.
OONZAG.
C'est bon à savoir. (En baissant la Toiz.) Je ne lui confierai pas les miens.
LOUISE
Présentez-moi donc monsieur, que vous connaissez et que je ne connais pas.
VALENTINE
Je croyais que vous le connaissiez, vous l'avez rencontré dix fois.
LOUISE
Il ne m'a jamais été présenté... Aussi ne lui ai-je jamais adressé la parole.
VALENTINE, à Louise.
M. DonzaC. (a Donzae.) Madame Campbel. (Valentlae passe dans rentre pièce. )
LOUISE, à Donzae.
N'est-ce pas que c'est une merveilleuse invention que le
télégraphe électrique? Il n'y a que les Anglais pour enfanter de tels prodiges !
DONZAC/
Mllady, je le vois, a Tesprit national.
LOOISE.
Je ne suis pas Anglaise... malheureusement! C'est ce que je ne pardonnerai jamais à Jeanne Darc, Que ne restaitelle à garder ses troupeaux! Elle n'eût pas été brûlée comme sorcière, et nous serions...
DONZAC.
Anglais!... Parlez pour vous... Alors, mistress est Américaine?
LOUISE
Non, je suis née à Paris, Grammont street.
DONZAC.
Vous voulez dire : rue de Grammont? Mais comment se fait-il, madame, qu'étant Parisienne, vous ayez à vous toute seule l'accent britannique plus prononcé que toutes les Anglaises et toutes les Américaines réunies?
LOUISE
Rien de plus simple... Mon cocher est Anglais, mon valet de chambre est Anglais, mon valet de pied est Anglais, ma femme de chambre est Anglaise; il n'y a que mon cuisinier qui soit Français.