‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 80 sur 108 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE DUC DE BEAULIEU

Parce que, si vous me manquez la première fois, vous pourrez recommencer sans péril jusqu'à ce que vous soyez plus heureux. ^

ROBERT

Autant me dire que vous ne voulez pas vous battre.

LE DUC DE BEAULIEU

L'honneur vous permet de me tuer, mais il ne permet pas que je vous tue... Et cela, vous le savez aussi bien que moi. -

ROBERT

Mais, si vous ne vous défendez pas, vous rendez tout duel impossible.

C'est chose qui vous regarde... ^

ROBERT

Ce ne serait plus un duel, ce serait un assassinat.

LE DUC DE BEAULIEU

La loi l'admet.

ROBERT

Dans le cas de flagrant délit...

LE DUC DE BEAULIEU

Qu'à cela ne tienne 1 Supposez-le et que la crainte d'un

procès ne vous arrête pas : on trouvera sur moi une déclaration qui vous mettra à l'abri de toute poursuite et de toute condamnation... Je ne vous demanderai que le temps de l'écrire et de la signer.

ROBERT

Je n'accepte pas cette générosité, qui serait une no ivelle insulte... J'exige que vous vous défendiez.

LE DUC DE BEAULIEU

Vous ne pouvez point exiger de moi ce qu'à ma place vous ne feriez pas... Ce que ^ous voudriez que je fisse, l'eussiezvous fait?... Il y a six ans, vous fussiez-vous battu avec M. d'Arcueil, si, à tort ou à raison, il vous eût provoqué en duel en vous reprochant sans certitude d'être l'amant de sa femme ?

Il n'avait pas de preuves; moi, j'en ai.

LE DUC DE BEAULIEU

Lesquelles ?

ROBERT

Votre fuite manquée, dont toute une ville a été le témoin et qui est le sujet de toutes les conversations. Nierez-vous le fait?

LE DUC DE, BEAULIEU

Je ne nie rien et je n'avoue rien. Ce que je sais, c'est que

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