SCÈNE X BONIFACE, ÉGLANTINE
ÉGLANTINE, entrant vivement pir la droite et vo.vaQl sorUr son l'ère.
Boniface, qu'a donc papa?
BONIFACE
Ce qu'il a, mademoiselle?... ce merle blanc d^ses rêves, ou plutôt de ses cauchemars, vous savez ?... Ce gendre?,..
Oui... eh bien?...
BONIFACE
Eh bien, il l'a trouvé!... Voilà ce qu'il a.
ÉGLANTINE
Ah ! mon Dieu !... et oîi est-il ce Monsieur ?
BONIFACE, montrant la gauche.
Là, dans cette chambre... il se prépare à vous épouser.
.ÉGLANTINE, troublée.
Et l'avez-vous vu?
li BONIFACE.
Oui.
ÉGLANTINE
Est-il jeune? joli garçon?
BOMFACE.
Mademoiselle, savez-vous ce que c'est que le sacrifice d'Abraham ?
ÉGLANTINE
Mais, oui.
BONIFACE
Eh bien!... le sacrifice d'Abraham n'était rien auprès de celui que monsieur voire père veut pratiquer sur vous.
Vous me faites peur.
BONIFACE
Trouvez-vous, mademoiselle, que, comme sourd, monsieur Damoiseau laisse quelque chose à désirer?... Non, n'est-ce pas? Eh bien, il y a mieux que cela?
ÉGLANTINE
Que vouiez- vous dire, BoniCace?
BONIFACE
Je veux dire, mademoiselle, qu'à côté de votre futur, monsieur votre père entendrait pousser un brin d'iierbe...
ÉGLANTINE
Ah! mon Dieu!...
BONIFACE
C'est comme ça, mademoiselle, voilà le gendre qu'il avait rêvé, voilà le mari qu'il vous réservait, pour embellir votre existence.,
ÉGLANTINE
Oh! mais je n'en veux pas!... m'avoir fait attendre si longtemps pour. . . Oh ! mais non, non, cent fois non !
BONIFACE
C'est ça, mam'selle, soyez ferme, soyez homme!... il faut votre consentement... ne le donnez pas!
ÉGLANTINE
Jamais !