‹ Les deux sourds; comédie en un acteChapitre 17 sur 27 · SCÈNE X BONIFACE, ÉGLANTINE · texte numérisé non relu

SCÈNE X BONIFACE, ÉGLANTINE

ÉGLANTINE, entrant vivement pir la droite et vo.vaQl sorUr son l'ère.

Boniface, qu'a donc papa?

BONIFACE

Ce qu'il a, mademoiselle?... ce merle blanc d^ses rêves, ou plutôt de ses cauchemars, vous savez ?... Ce gendre?,..

Oui... eh bien?...

BONIFACE

Eh bien, il l'a trouvé!... Voilà ce qu'il a.

ÉGLANTINE

Ah ! mon Dieu !... et oîi est-il ce Monsieur ?

BONIFACE, montrant la gauche.

Là, dans cette chambre... il se prépare à vous épouser.

.ÉGLANTINE, troublée.

Et l'avez-vous vu?

li BONIFACE.

Oui.

ÉGLANTINE

Est-il jeune? joli garçon?

BOMFACE.

Mademoiselle, savez-vous ce que c'est que le sacrifice d'Abraham ?

ÉGLANTINE

Mais, oui.

BONIFACE

Eh bien!... le sacrifice d'Abraham n'était rien auprès de celui que monsieur voire père veut pratiquer sur vous.

Vous me faites peur.

BONIFACE

Trouvez-vous, mademoiselle, que, comme sourd, monsieur Damoiseau laisse quelque chose à désirer?... Non, n'est-ce pas? Eh bien, il y a mieux que cela?

ÉGLANTINE

Que vouiez- vous dire, BoniCace?

BONIFACE

Je veux dire, mademoiselle, qu'à côté de votre futur, monsieur votre père entendrait pousser un brin d'iierbe...

ÉGLANTINE

Ah! mon Dieu!...

BONIFACE

C'est comme ça, mademoiselle, voilà le gendre qu'il avait rêvé, voilà le mari qu'il vous réservait, pour embellir votre existence.,

ÉGLANTINE

Oh! mais je n'en veux pas!... m'avoir fait attendre si longtemps pour. . . Oh ! mais non, non, cent fois non !

BONIFACE

C'est ça, mam'selle, soyez ferme, soyez homme!... il faut votre consentement... ne le donnez pas!

ÉGLANTINE

Jamais !

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