SCÈNE X I g
Eglantine. Vous me faites peur.
Boniface. Trouvez-vous, mademoiselle, que, comme sourd, monsieur Damoiseau laisse quelque chose à désirer: . . . Non, n'est-ce pas ? Eh bien, il y a mieux que cela ?
Eglantine. Que voulez-vous dire, Boniface? 5
Boniface. Je veux dire, mademoiselle, qu'à côté de votre futur, monsieur votre père entendrait pousser un brin d'herbe. . .
Eglantine. Ah mon Dieu!
Boniface. C'est comme ça,^ mademoiselle; voilà le 10 gendre qu'il avait rêvé ! voilà le mari qu'il vous réservait, pour embellir votre existence I
Eglantine. Oh ! mais je n'en veux pas ! m'avoir fait attendre si longtemps pour. . . Oh mais non ! non, cent fois non! 15
Boniface. C'est ça, mam'selle, soyez ferme, soyez homme ! . . . il faut votre consentement. . . ne le donnez pas!
Eglantine. Jamais !
Boniface. Et vous allez renvoyer ce monsieur qui 20 met sa cravate là comme chez lui !
Eglantine, passant à gauche. Tout de suite ! . . . Ah I on ne me connaît pas! . . . j'ai du caractère, Boniface! . . . je ne me serais pas mariée malgré mon père, mais on ne me mariera pas malgré moi ! 25
Boniface. Bravo ! . . . Il ne faut même pas que cet intrus dîne ici. . . vous allez lui donner son congé avant le potage.
Eglantine. Certainement.
Boniface, allant à la première porte de gauche. Je vas " 30 l'appeler alors. {Appelant,^ Monsieur Voiciski!... c'est un Polonais ! . . . ( Criant, ) Monsieur Voiciski ! . . .
il y a quelqu'un qui veut vous parler. {Plaàde sort de la chambre.)