‹ Les deux timides, comédie-vaudeville en un acteChapitre 20 sur 29 · CÉCILE, THIBAUDIER · texte numérisé non relu

CÉCILE, THIBAUDIER

THIBAUDIER, seul.

Sur la pendule?... Une lettre? (Il la prend.)

CÉCILE, entrant par la gauche, première porte. Ah ! papa, je vous cherche partout. (Regardant, étonnée.) Eh bien 1 et monsieur Frémissin !

- Il sort à l'instant, mais il paraît qu'il vient de m'écrire... , sur la pendule !

CÉCILE

Comment 1

THIBAUDIER, regardant l'adresse.

C'est bien pour moi... Tiens ! il a mis un timbre !

CÉCILE, impatiente.

Voyons, papa... voyons vite !...

THIBAUDIER, lisant.

'«"Monsieur, j'aime mademoiselle votre fille 1... non, je ne » l'aime pas ! »

CÉCILE

ilein î

THIBAUDIER, lisant, o Je l'adore ! »

CÉCILE

Ah!

Mais dloigne-toi donc, tu ne dois pas écouter ça I

Oh ! papa, je le savais 1

Ah ! c'est différent. (Reprenant sa lecture.) « Je l'adore ! » (S'I». terrompant.) Tu le savais, mais comment l'as-tu aDDris ?

CÉCILE

Il me l'a dit !...

Ah ! je disais aussi... (se ravisant.) Mais c'est fort impertinent de sa part.

CÉCILE

La suite ? la suite ?

Oui... (Lisant.) « Vous n'avez que deux choses à m'offrir... sa » main ou une loee à Charenton ! »

CÉCILE

Eh bien ! papa ?

Eh bien ! puisqu'il me laisse le choix, je lui offre une loge I

CÉCILE

Oh 1 petit père t

Ne cherche pas à m'attendrir !

CÉCILE

Yous qui m'aimez tant !

LES DEUX TIMIDES Jl

Non, mademoiselle ! je ne vous aime pas... tant <iuc cal

CECILE, le câlinant.

Oh I je le sais bien !

Ain Je Broskovo.no (Deffes).

Vous n'aimez pas votre Cécile, Vous ne voulez pas son bonheur.

Vous supplier est inutile, Kien ne peut toucher votre cœur.

Mon malheur, j'en suis bien certaine, Voila votre vœu le plus doux, Et je n'ai droit qu'à votre haine, Pour tout l'amour que j'ai pour vous.

THIBAUDIER, à part.

Est-ellt gentille ! (il l'embrasse.) Mais qu'ost-ce que tu veux que je dise à M. Garadoux ?

CÉCILE

Oui... je comprends... votre timidité !

• Comment ! ma timidité 1 mais je ne suis pas timide ! CÉCILE Oh ! ça !

Un homme en vaut un autre.

CÉCILE

Certainement.

Je n'ai pas peur de M. Garadoux 1 et je saurai bien lui dire... sans me gêner, que... que... (A sa fille.) Qu'est-ce qu'il faudra lui dire T

CÉCILE

Oui... c'est là l'embarras... parler ! — (vivement.) Faites comme monsieur Frémissin I

Quoi?

CÉCILE

Ne parlez pas... écrivez !

THIBAUDIER, enchanté.

Écrire !... Parbleu !... tu as raison I... s'il ne s'agit que d'écrire !...

CÉCILE, le faisant asseoir à la table.

Vite ! vile ! mettez-vous là !

THIBAUDIER, s'asseyanl et prenant une plume. *

Ta vas voir ! (Écrivant.) « Monsieur. » (S'arrêtant.) C'est un peu sec... (Écrivant.) « Cher Monsieur. » (a sa lille.) Après? Qu'estque lu mettrais ?

CÉCILE, dictant, o Votre recherche me flatte...

THIBAUDIER, écrivant.

» Et m'honore.» (Parlé.) Adoucissons!... adoucissons!...

CÉCILE, dictant.

« Mais il m'est impossible de donner suite à vos projets dp » mariage avec ma lille... »

THIBAUDIER, écrivant.

« Avec ma fille...» (Parlé.) Mais, cane suffit pas, il faut trouver une raison !

J'en ai une !

Ah ! voyons !

CÉCILE, dictant.

« Croyez bien, cher Monsieur, que je n obéis en cette cir- • constance qu'à des considérations toutes particulières ettoutes » ucrsonc.ieà.qm n'affaiblissent CD rien les sentiments avec lesquels j'ai 1 nonneur d'être... ">

Tnioaudier, Cécile.

CÉCILE

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