ARMAND, POIRIER
(Armand est couché. Poirier frij pc plusieurs eoup» à la porto avant d'entrer.) armard. Entrez I
POIRIER, eutraut avec un biUi. nu plumeau, de. C'est moi, monsieur Armand... C’est Poirier, voire concierge, qui vient faire vos appartements.
au tu M>, un* »e relou m«r. Poirier, quel jour est-ce aujourd'hui? poirier. C’est dimanche, monsieur Armand!
ARMAND, dv même. Et quelle heure est-il à ma pendule?
POIRIER , cherchant des yeui la pendule, qui n’eat nulle pari. A Voire
pendule?
armand. Oui... Je no mu lèverai que quand il sura midi à ma pendule !
poiRiLH. Alors, ça peut nous mener loin. Je vais tout de même faire vos appartements!... (n prend une chaise comme pour l’epouttctrr. l'swied et prise.) Voilà pourtant coiumu sont tous ces messieurs les commis, lo dimanche... il u'y a pas moyen de les faire lever... Ah! que j’aurais aimé à être commis, moi)... jK>ur servir les femmes... les jolies femmes... et leur dire des douceurs!...
Air de FApulhieairt.
Ah: si I'od m’avait fait commis,
Tout en montrant 1rs marchandises.
J'aurais fait voir que le commis Avait des manières exquises.
Ou se serait dit : Quel commis Comme élégance cl comme mise Ab! si l'on m'avait fait commis!
ARMAND, se sellant sur son léant.
Quelle sottise on eût commise,
Ah! si l'on t’avait fait commis: oie , «de.
L’ÉCUREUIL. 2
Décidément, ouvrez la fenêtre, Poirier I... Je daigne me mettre sur mou séant !...
poirier, Oui, monsieur!... (n n «unir u fesèire.) armand. Et fmner une pipe!...
POiRlEM, k l« Ccuètr*. Ah! le joli temps! le beau soleil d'étd ! Est-ce que vous n’irez pas à la campagne?
armand, bourrant u pipe. Si!... j’irai à la campagne, à Saint-
llour.
poirier. Tiens! voilà le Russe sur son balcon, avec sa demoiselle!
armand. Le Russe?
POIRIER, nimudut à la table el peen«»t le tapit qu'il fiil acmhUot de tcou u*r. Oui... le nouveau locataire... un gaillard joliment riche, allez! Il occupe tout le premier, avec sa petite Mlle... une gamine de quatre ans, qui vous a des airs de princesse, et une volonté!... Il faut voir comme c’est gâté! Avant-hier, tenez... ie balayait ma cour... ils étaient comme aujourd'hui & la lenetre de leur Mlle à manger, la pente grignotait une tartine do confiture. Monsieur m’appelle... u Poirier I « Moi, je monte... j’entre là-dedans, que c'est tout or et soie.,.
ARMAND, fumant. LoillUlC ICI?... •
poirier. « Poirier, que me dit le monsieur, mademoiselle veut vons faire goûter de ses confitures... » Ça m’étonne, mais je réponds : Mademoiselle est bien honnête!... Là-dessus, la petite s’approche... avec sa tartine... je me penche... et la voilà qui ma barbouille le nez, les joues, les yeux... en riant aux éclats!... Le papa était ravi... « Quelle enfant!., quelle délicieuse enfant!...» J’avais l’air Mie, vous pensez!.,. Mais le plus plaisant, c’est qu'il m’a renvoyé avec deux louis,.. Aussi, le lendemain, à la même heure, je levais le nez... pour voir si l’idée d’une tartine de beurre... mais ça n’a pjs mordlll... (u umo*t« pr*« de U foiwîerr.)
armand, itmn-mt-ia. Poirier, je n’ose pas te demander ce que tu as fait des conti Pires!
POIRIER, le vont le linge qui e*t inr U cage. Tiens, VOUS avez »U$si un écureuil?
armand. Loin ment, aussi?
poirier. Oui, comme votre voisine... mademoiselle Henriette. (Regjjvbnt k u fenêtre.) Ah! sa fenêtre est fermée... c’est étonnant, file qui chaule tous les matins avant mes serins. t Regardai «Un» l'imorkur dt U cagv.) Une jolie petite bétel ARMAND. Mademoiselle Henriette?
POIRIER, allant «u bureau, qu'il fait ceniblarit île ranger. Non, l'écu-
reuill... Elle.ce n'est pas une bêle, da! c’est une ouvrière en dentelles «pii travaille comme une fée!... et avec cela jolie... honnête!...
ARMAND, lançant de la famée d'un air de doute. Boulll POIRIER, appuyant. HonilÔlc!
ARMAND, de luAra*. ltoilll I
poirier, «c rHoumant. Honnête! Elle ne me rencontrerait pas dans l’escalier sans me saluer.
armand. Ah! oui! honnête, comme ça!
POIRIER, BiuIleiDrut une cliaitc i droit*. Et autrement
aussi 1 La preuve, c’est qu’elle n’a pas coquelé avec vous; c’est que vous êtes porte à porte, et quu vous ne l'avez jamais vue !
armand. Jamais !
poirier. Ah! parbleu! ce n’est pas celle-là qui se mettrait à la fenêtre pour vous faire des agaceries... comme mademoiselle Adeüne, qui loge en face.
armand. Poirier!
poiniER. Une effrontée, celle-là.
armand. Monsieur Poirier... je vous préviens que je porte un tendre intérêt à mademoiselle Adeline, et que je pense même à l'épouser,
poirier. On le dit, monsieur!
armand. Liissez-moi vous le dire encore.
poirier. Et si vous me demandiez mou avis...
aumand. Je ne vous le demande pas!
poirier. Alors, je vais vous le donner de moi-même!... Mademoiselle Adeline est une personne...
armand, l'agitant • Poirier, je te défends de continuer... poirier, cuatiiiuaut tra&quUt«ini*Bt. Qui reçoit trop du lettres... armand. Poirier!
Poirier, d« même. Et trop de visites...
ARMAND, luijeUat Ma oreiller. Tu tjir.lS-tu î
poirier, de Biéme. ... De jeunes gens...
armand. Misérable!... (il loi jette ms intentai.)
POIRIER, ratnauaM le Iratmia. ... Pour que SJ Vert U...
ARMAND ; il du rck ^urique tfcw* à lui jckr, ajKrçyit I* ebauûvlivr «ir U taMc de wU, et va )«ur I* lui Uiwrr. Ab !
POIRIER, k garant *.« k bannie. Arrêtez I (il U>«« tomb.-r U tntetun et atMle pirJ le {unmm u lui*.)
armaro. Enfin I
poirier. Et éçousez-la, je m’en lave les mains ! ce n’est pa moi qui serai...
ARMAND. Euh!...
rot hier, uiuaun Votre garçon d’honneur!... Bonsoir, monsieur! je ferai le lit plus tard !
armand. Oui, le mois prochain! Je la connais celle-là!
POIRIER, ramadan! tout *uo attirail cl a'm alliol lui avoir acuiciucnl
bala)*. Le n’est pas ma faute, monsieur, si... armand. Va-t’en!
poirier, («Tenant. Trouvez-moi encore quelqu’un qui fasse une chambre comme ça, lestement et sans qu’on ren aperçoive ! (U t'c*> Ta.)
armand. Ah! on ne s’en aperçoit fichtre pas!... poirier, même je». Je fais mon devoir, et je laisse dire! armand. Veux-tu t’en aller!
poirier, oatrani n porto. Et quant à ta conduite de mademoiselle Adeline!... (il dupirait.)
ARMAND, ac IrTint t.uat debout »ur ton Ut. eu caleçon. Oh !
poirier, rcparaiuaBt- C’est connue ça, tenez; c’est indécent!
(il *'«* ta. j