XI. DESCRIPTION
§2. — Scoliopleura
Le genre Scoliopleura a été créé par M. Grunow pour des Naviculées à frustules libres, à surface convexe, et un peu tordus en spirale de manière à rendre la zone connective et le raphé un peu sigmoïde.
Nous ne connaissons dans ce genre que deux espèces, marines : Scoliopleura latestriata , Gr., et Sc. tumida , Rab. Nous nous permettons d’en ajouter plusieurs, en donnant quelque extension à la caractéristique du genre telle qu’elle a été établie par M. Grunow.
Fig. 229. — Scoliopleura latestriata , Gr. 230. — Sc. tumida , Rab.
C’est ainsi que nous rapportons à ce genre Scoliopleura , tel que nous le définissons, plusieurs espèces appartenant à un genre Alloioneis , créé en 1867 par le naturaliste viennois J. Schumann (1), et qui n’a pas été conservé. Ce sont les Alloioneis Antillarum , Cl. et Gr., A. Kurzii , Gr., A. Grundleri , Cl. et Gr., et A. curvinervia , Gr. (2).
Dans ces conditions, nous pouvons définir ce genre en disant qu’il se compose de Naviculacées à frustules libres, parfois un peu tordus, à valves très convexes, marquées de stries perlées, s’alignant quelquefois en plusieurs systèmes, avec un raphé plus ou moins flexueux ou sigmoïde et ne divisant pas toujours la valve en deux parties symétriques.
Les Scoliopleura forment ainsi le passage des Navicula et autres Naviculacées symétriques, comme celles que nous avons étudiées
(1) J. Schumann. Die Diatomeen der liolien Tatra , 1867.
(2) P. T. Clève. Diatoms from the West Indian Archipelago , 1878.
usqu’à présent, aux Naviculacées asymétriques ou sigmoïdes, comme la plupart de celles qui nous restent à examiner.
Ajoutons que toutes ces espèces sont marines, aussi bien celles dont nous avons parlé d’abord que les dernières.
Le Scoliopleura Antülarum , (Cl. et Gr.) Pell., a une forme elliptique lancéolée avec des extrémités subaiguës ; la valve est un peu déprimée au centre et bombée près des extrémités, ce qui rend
le raphé flexueux. Celui-ci est bordé sur une grande partie de sa longueur d’une bande hyaline très étroite ou même absente d’un côté, mais large de l’autre. Du côté où elle est le plus étroite, elle se dilate en une aire hyaline triangulaire qui embrasse le nodule médian, peu visible. Les stries sont rayonnantes, formées de gros grains interrompus, mais nous ignorons si ces grains sont divisibles en parties plus fines. Ces stries, du côté du raphé, sont d’inégales longueurs. Le frustule a 12 cent, de mm. de longueur (Grunow). C’est ’Alloioneis Antülarum de Clève et Grunow.
Fig. 231. — Scoliopleura Antülarum (Cl. et Gr.) Pell