XXIII. DESCRIPTION
du grand diamètre de la valve. Ces deux derniers ont la forme de deux piquants énormes, dix à douze fois longs comme le frustule
tout entier, sillonnés d’une ligne axiale dans toute leur longueur, et striés en travers, ayant l’aspect de deux antennes de Crustacé. Le
frustule lui-mème a, du reste, l’apparence de quelque Arachnide ou de quelque Crustacé à quatre longues pattes.
Les piquants présentent à leur base une inflexion formant comme une encoche. Lorsque les frustules sont groupés en bande, c’est dans cette encoche que s’engagent les piquants du frustule voisin, par une encoche semblable, ceux d’un frustule croisant ceux de l’autre. De cette manière, les individus restent accrochés les uns aux autres par la base de leurs piquants, formant une chaîne dont chaque articulation est marquée par un verticille de quatre piquants.
Le Chœtoceros cliver sus. Cl. est une espèce qui présente quatre piquants, comme le C. atlanticus , mais ceux-ci, d’abord largement divergents, se redressent vers leurs extrémités, et deviennent parallèles, comme les cornes d’un taureau. De plus, ils sont sensi-
Fig. 371. — Chœtoceros diverms.
D’après une récolte de surface faite au Croisic par M. J. Tempère.
blement dilatés dans leur partie courbe, c’est-à-dire vers le deuxième tiers de leur longueur. Cette espèce est beaucoup plus petite que la précédente.
Ajoutons, en terminant ce qui a rapport à ce genre, que les Chœtoceros se trouvent particulièrement dans les récoltes faites à la surface de la mer, non loin des côtes.
§ 2. — Chætocérées à valves dissemblables.
Parmi les genres dont les frustules ont les valves dissemblables, nous citerons les suivants.
XXIH. DESCRIPTION
Dicladia, Elib. — Le genre Dicladia a des frustules elliptiques par la face valvaire. L’une des valves est plate ou seulement un peu bombée au centre, l’autre est* extrêmement gonflée, proéminente, et présente à peu près aux pôles de l’ellipse une corne longue et ramifiée en corne de cerf. De sorte que vue par la face connective,
Fig”. 372. — Dicladia capreolus , Ehb,
la valve a l’aspect d’un bonnet à deux cornes. Tel est le Dicladia capreolus , Ehb. Les cornes ne sont pas nécessairement semblables et souvent l’une d’elles est plus ou moins atrophiée.
Les Goniothecium, Ehb. ont les valves elliptiques : l’une d’elles est bombée, et, dans le Goniothecium odontella, Ehb. du dépôt de Mors, hérissée de très petites dents pointues, échinulée. L’autre valve présente tout du long du bord un large sillon en gouttière, et est gonflée au centre. La partie gonflée est couverte d’une fine perlation régulière, nettement disposée en stries perpendiculaires au grand axe de la valve. Dans certains frustules, cette valve est plane ou même concave.
Les frustules sont ordinairement plus épais d’un côté que de l’autre, sur la face connective, de sorte que lorsqu’on en trouve plusieurs réunis ensemble, ils forment un filament courbe.
Les Hercotheca, Ehb. ont une valve plus gonflée que l’autre, mais toutes les deux sont bordées d’une rangée marginale de piquants ou de soies dressées.
Les Periptera, Ehb., ont une valve plate et lisse, et l’autre bordée d’une couronne de longs piquants, bifurqués par le bout dans le P. tetracladia , Ehb. du dépôt de Nottingham.
Le genre Systephania, Ehb. comprend de très jolies espèces, dont les valves sont circulaires, à peu prés également bombées, mais suivant une courbe dont la forme n’est pas la même. Ces valves sont couvertes d’un dessin hexagonal en gâteau d’abeilles d’une excessive régularité; mais l’une porte, plus ou moins près de son bord, une couronne de pointes dressées, tandis que l’autre en est dépourvue, ou bien est munie de petites épines éparses.
Dans le Systephania corona , Grun. des dépôts de Nottingham
et de Richmond, en Virginie, l’une des valves présente une couronne de 16 à 18 pointes dressées, quelquefois simples, quelquefois bifurquées, et dont les branches se réunissent à celles des pointes voisines de manière à former un cercle complet, comme une sorte d’auréole . de saint, au-dessus de la surface bombée de la valve. Cette couronne n’est pas marginale, mais située à peu près au tiers externe du rayon de la valve. L’autre valve est hérissée d’épines inégales, dont les unes sont aiguës, les autres capitées en tète de clou, les autres même légèrement bifurquées. Souvent aussi cette valve est lisse, peut-être par usure de ces pointes délicates, car toutes ces espèces se trouvent dans des dépôts fossiles, dans les guanos, etc.
Le Systepkania aculeata, Gr, présente la couronne de pointes sur le bord même de la valve. Les pointes sont plus nombreuses, plus rapprochées, mais moins hautes que dans l’espèce précédente; elles paraissent, en général, simples.
Les Stephanogonia, Ehb. ont les valves à peu près circulaires. L’une est presque plate ; l’autre s’élève en pyramide à un grand nombre de facettes (10 à 18), à sommet aigu ou tronqué comme
Fig. 373. Fig. 374.
1. Stephanogonia act inopty chus, Eh.b. 3. Stephanogonia danica, Ehb.