XXIV. DESCRIPTION
à fait différente et correspondant auxschémas que nous avons donnés plus haut. Les alvéoles s’éloignent les uns des autres et ne restent plus au contact, séparés par une mince cloison, mais par un espace plus ou moins considérable. Leur fond, bombé et épaissi, s’élève de sorte que chez diverses espèces il fait une saillie plus ou moins marquée au-dessus de la surface générale, l’alvéole se réduisant alors à un sillon qui entoure à sa base cette petite lentille de silice vitreuse enchâssée dans la valve, et qui produit en réalité l’effet optique d’une lentille. Il arrive souvent, en même temps, que la valve présente un dessin varié et symétrique, formé par des lignes saillantes ou creuses ; la surface parait ainsi gaufrée ou estampée, divisée en compartiments ou îlots sur lesquels sont placées les granulations ou les ponctuations siliceuses.
Le plus souvent ces granulations présentent un point à leur centre, lorsqu’on règle l’objectif sur le plan le plus superficiel de la valve. Ce point paraît être, dans certains cas, le sommet plus ou
Fig. 400. — Une valve du Triceratium succinctum. Tr. et W.
moins aigu de la granulation saillante ; d’autres fois, il résulte, au contraire, d’une petite dépression en ombilic, placée au centre de l’élevure. (Voir les schémas de la fig. 396.)
Très souvent encore, lorsqu’on fait jouer l’objectif sur ces granulations, on y voit non seulement le point central, quand l’objectif est au plan supérieur, mais un cercle qui s’agrandit où se rétrécit quand on abaisse ou qu’on élève l’objectif. Cet effet peut être produit par la diffraction qui transforme le point central de la granulation, quand ce point existe, en un cercle de diamètre variable, ou bien par la coupe optique de la granulation elle-même à ses différentes hauteurs quand elle est notablement bombée.
Nous savons qu’en soutenant cette thèse des granulations saillantes à la surface de certaines Diatomées, — non pas de toutes, — et particulièrement de certains Triceratium , nous sommes en désaccord avec beaucoup de diatomistes, qui voient partout des alvéoles creux, et traitent « d’effets de diffraction » toutes les apparences contraires. Nous n’en persistons pas moins dans notre opinion, par cette raison que si l’on ne peut rien affirmer tant qu’on se borne à examiner à plat la surface des valves, dont les dessins, en effet, varient d’aspect suivant le mode et la nature de l’éclairage
(surtout quand on emploie les condensateurs), il n’en est pas de même du tout lorsqu’on peut examiner les valves de profil. Or, il y a beaucoup de Diatomées sur lesquelles cette étude est possible, et qui montrent d’une manière très nette au « tournant », ou sur le bord des valves, le profil, quelquefois très peu saillant, mais souvent aussi tout à fait conique, des granulations siliceuses. Et il n’y a pas d’effet de diffraction qui puisse transformer un feston creux en feston saillant.
Le groupe des Triceratium , dont les valves ont une stucture granuleuse, est extrêmement nombreux. Nous citerons seulement
Fig. 401. — 1. Triceratium punctatum, Bright. (Forme triangulaire). 2. Le même, forme quadrangulaire.
les espèces suivantes, qui sont toutes marines. — On peut en trouver un assez grand nombre, et des plus élégantes, en lavant les Algues, la mousse de Corse, les coquillages marins, les tubes des Sabelles et autres Annélides.
Comme les précédentes, d’ailleurs, elles sont polymorphes et les angles forment toujours une saillie assez considérable sur la surface valvaire. La face connective est ordinairement plus étroite que la face valvaire, aussi est-ce presque toujours par cette dernière que
Fig. 402. — Triceratium punctatum , Bright.
(Forme pentagonale.)
le frustule se présente. La membrane connective est souvent finement striée, ou bien plus ou moins largement aréolée ; il arrive souvent qu’elle persiste et recouvre l’une des valves, ou quelquefois deux frustules récemment dédoublés.