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XXIX. DESCRIPTION

plètement hyalines et sans dessin réticulé, alvéolé, ni granulé, sans rayons, mais couvertes d’épines éparses.

Quant aux Skeletonema et aux Strangulonema, ce sont deux genres créés par Greville, en 1865, pour deux ou trois espèces des Barbades, et qui aujourd’hui n’en comprennent guère plus. Chez les Skeletonema , les valves sont très bombées, hémisphériques ou même en dé à coudre, portant sur leur bordure une couronne de dents, plus ou moinslongues, par laquelle les frustules, ellipsoïdes, restent accrochés les uns aux autres. Ces dents peuvent, nous l'avons dit, s’allonger au point de former comme un pinceau deux

Fig1. 440. — Skeletonema mirabile.

fois plus long que le frustule lui-même, comme dans le Skeletonema penicillus , Grun., et être munis à leur extrémité de petites ramifications biou tricuspides, comme dans le Sk. mirabile , Grun.

La face valvaire présente une ponctuation très fine, peu régulière, quelquefois cependant rayonnante, et, sur le bord, la couronne de dents ou de poils.

Les Strangulonema, Grev. présentent, quand on regarde les frustules par la face connective, un étranglement de la valve au dessous de leur point d’union.

On voit que ces formes, dont plusieurs sont assez étranges, présentent de notables analogies avec certaines autres, appartenant à des tribus très différentes. Si parmi les Creswellia et les Slephanopyxis , on trouve des formes qui, sous un point de vue, se rapprochent des JDictyopyxis, des Craspedodiscus , des Coscinodiscus , d’autres, ou les mêmes examinées sous un autre point de vue, se rapprochent des Systephania , des Dicladia, des Periptera , qui appartiennent aux Chætocerées. Puis, parmi les Skeletonema, des formes aux frustules cylindriques, munis de long filaments marginaux, rappellent de loin les Bacteriastrum , tandis que d’autres, par le dessin de leurs valves, le mode d’agrégation de leurs frustules, se rapprochent tout à fait des Melosira ou Gaillonella.

C’est qu’il n’est pas possible, nous l’avons dit plusieurs fois, d’établir une classification qui, partant d’une forme, aboutit par une série unique de transformations à une autre forme extrême. Ce n’est pas même en partant de plusieurs types qu’on peut arriver, par des séries parallèles de transformations, à autant d’autres types extrêmes. C’est dans tous les sens que se font les modifications, et les séries qu’elles constituent s’anastomosent, pour ainsi dire, les uns avec les autres.

Aussi, chaque fois que les naturalistes ont cru pouvoir établir des types bien définis, absoluments distincts, ils n’ont pas tardé à trouver des formes de transition qui passent insensiblement des uns aux autres, et bouleversent leurs classifications.

Ces faits se retrouvent dans toutes les classes d’êtres vivants, mais surtout parmi ceux dont la multiplication est très active, et les Diatomées sont de ce nombre; dans ces conditions, en effet, il se produit très facilement des variétés: variétés accidentelles qui peuvent se fixer aisément lorsque la reproduction se fait par division cellulaire et sans intervention sexuelle ; variétés d’adaptation dans lesquelles certaines modifications s’affirment de plus en plus, quand l’espèce se trouve transportée dans un milieu notablement différent de celui au sein duquel elle s’est formée. Et, lorsque plusieurs espèces, appartenant à des types très divers, se trouvent transportées et se reproduisent, pendant une longue suite de générations cellulaires, dans un même milieu différent de celui où elles se sont originairement constituées, il n’est pas étonnant que, pour s’adapter à ces nouvelles conditions, désormais communes, ces espèces subissent des modifications de même ordre ; ainsi peu à peu s’établissent des formes à caractères communs, entre tous ces types primitivement divers, donnant ainsi naissance à des multitudes de variétés, ou même d’espèces de transition, pour la plus grande confusion des classificateurs.

DESCRIPTION DES PRINCIPALES ESPÈCES (Suite)

23 e TRIBU

GAILLONELLÉES ou MÉLOSIRÉES

Il est d’habitude parmi les naturalistes, lorsque plusieurs auteurs, au fur et à mesure de leurs découvertes, donnent des noms différents à des êtres qui, plus tard, sont reconnus comme identiques, de conserver un seul de ces noms: celui qui est le premier en date.

Le groupe de Diatomées qui constitue la tribu dont nous nous occupons doit son nom à un genre important qu’Agardh, en 1824, avait appelé Melosira, d’où la désignation de Mélosirées sous laquelle cette tribu est assez généralement connue. Mais, avant Agardh, le célèbre naturaliste français Bory de Saint-Vincent avait nommé plusieurs de ces espèces et, les dédiant au botaniste Gaillon, les avait appelées Gaiîlonella.

Conformément à l’usage dont nous avons parlé et en raison du droit de priorité incontestablement acquis à Bory de Saint-Vincent, il convient donc de rétablir le nom du genre Gaiîlonella et de désigner le groupe auquel il sert de type sous le nom de Gaillonellées. — C’est ce que nous avons fait.

Cette tribu comprend des espèces qui, sauf celles appartenant au genre Hyalodiscus, dont nous parlerons plus loin, présentent un endochrôme disposé en granules quelquefois fort gros, anfractueux, ou plutôt en plaquettes angulaires, à la surface du protoplasma; aussi, on pourrait les considérer comme des Placochromaticées dont Pendochrôme est divisé en plaques multiples

Les frustules ont une forme cylindrique ou ellipsoïde ; souvent réunis par groupes de deux sous une membrane connective élargie, en filaments plus ou moins longs, ils ont assez l’aspect d’un brin d’algue, surtout lorsqu’ils sont, cequi arrive le plus souvent, recouverts d’une épaisse couche mueilagineuse.

Chez les Gaiîlonella les valves, bombées, présentent souvent à leur centre un espace lisse plus ou moins large ; souvent encore

elles sont couvertes de granulations éparses ou bien disposées en lignes rayonnantes. Ces granulations ont un aspect bulleux et sont parfois mêlées de gros grains réfringents épars et en nombre variable.

Vues par la face connective, les valves peuvent présenter, outre les granulations disposées en lignes plus ou moins régulières, une rangée de belles perles le long de la ligne de suture, ou bien un sillon. La zone elle-même montre souvent une véritable striation perlée extrêmement fine.

Il se forme souvent entre les frustules, à leur point d’union, un épaississement annulaire, fréquent dans les Gaillonella. On peut rencontrer aussi, sur la longueur des filaments, des frustules beaucoup plus gros que les autres, d’un diamètre quelquefois double, qui sont des frustules sporangiaux.

Fig. 441. — Gaillonella varians

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