XXX. DESCRIPTION
ordinairement plus épais, groupés en un filament fixé aux corps étrangers par un court pédoncule.
Quant au genre Hyalodiscus, M. Paul Petit a reconnu la disposition de l’endochrôme chez plusieurs espèces, les Hyalodiscus maculatus et H. hormoïdes. De ses observations il résulte que ce genre n’appartient pas, en réalité, au groupe des Diatomées Coccochromaticées. L’endochrôme est étalé à la surface interne de l’une des valves sous forme d’une large plaque ronde étoilée. Les extrémités des rayons de cette étoile sont arrondies et se réfléchissent sous les bords de l’autre valve, le frustule étant naturellement assez plat. Les Hyalodiscus appartiennent donc au groupe des Placochromaticées. De plus, vu par la face connective, le frustule est plat, comme nous l’avons dit, mais non pas plan : il est légèrement cintré, courbé en genou, comme celui des Achnanthes et des Cocconeis ; d’où il résulte que, pour la disposition de leur endochrôme au moins, les Hyalodiscus se rapprochent des Achnanthées. D’ailleurs, la tribu tout entière des Gaillonellées devrait être rapprochée des Placochroinaticées, car l’endochrôme n’y est pas en grains, mais en plaques plus ou moins nombreuses (voir 2, fig. 441).
Nous considérerons dans cette tribu les cinq genres suivants :
Gaillonella, Bory ] — Pantocsekia , Grun. ; — Hyalodiscus , Ehb. ; — Podosira , Ehb. ; — Cyclotella , Kr.
§ 1. — Gaillonella.
Le genre Gaillonella a été créé en 1823 par Bory de Saint-Vincent, et dédié au botaniste Gaillon, de Dieppe, son émule dans l’étude des organismes inférieurs, qui avait établi une famille de NÉMA- ZOAIRES ou CONFERVES , dans laquelle Bory classait ce nouveau genre. Cette famille comprenait un grand nombre d’Algucs appartenant à différents groupes, parmi lesquelles plusieurs Diatomées filamenteuses, Himantidium, Tabellaria, etc., divers Gaillonella, qui comptent ainsi parmi les espèces les plus anciennement connues. Nous avons dit ailleurs (voir t. I, p. 15) que, dès 1809, Dillwyn avait représenté dans ses British Confervœ, des Conferva nummuloïdes , G. lineata , C. fasciata qui sont aujourd’hui des Gaillonella parfaitement reconnaissables. (Voir t. I, fig. 13; 3, 4, 5.)
En 1824, Agardh désigna sous le nom de Melosira des espèces appartenant à ce groupe, et ce nouveau nom, fondé sur le caractère filamenteux de ces espèces (1), ne tarda pas à remplacer dans la
(1) Du grec MsXoç articulé, et Sstpa, corde.
science celui de Gaillonella. Nous avons expliqué plus haut qu’il convient néanmoins de revenir à ce dernier nom, auquel appartient la priorité.
Le genre Gaillonella comprend des espèces assez nombreuses dont les valves sont circulaires, très bombées, hémisphériques, les frustules ellipsoïdes ou cylindriques, avec une zone connective large et qui s’élargit ordinairement assez pour recouvrir deux frustules. C’est le plus souvent ainsi par groupes de deux frustules, compris sous une même zone élargie, que se forment des filaments composés d’un nombre plus ou moins grand de ces groupes. Ces
filaments sont recouverts d’une couche mucilagineuse souvent assez épaisse, qui constitue entre les frustules ou entre les groupes de frustules, une sorte de coussinet, de disque ou d’anneau de jonc-
Fig. 442. — Gaillonella setosa, Grev
Fig. 443. — Gaillonella nummuloïdes , Bory