III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES
Valves secondaires. — Outre les cloisons, souvent perforées, que l’on constate dans certains frustules, on trouve parfois, sous les valves, une seconde valve semblable, valve interne ou valve secondaire (Regenerationshülle). On en constate souvent l’existence lorsque les frustules se rompent, notamment pendant les manipulations nécessaires pour le montage en préparation.
Ces valves secondaires ne se trouvent jamais sous les valves très jeunes, mais seulement sous les valves anciennes. Nous les considérons comme une sécrétion supplémentaire de la membrane de cellule, une superfétation dont le but est de remplacer la vieille valve en cas de destruction par usure ou fracture. La membrane cellulaire secrète, en effet, de la silice d’une manière constante, et la valve secondaire est formée par une couche de silice qui ne s’est pas soudée, au fur et à mesure de sa formation, à la face inférieure de la valve. De sorte que celle-ci peut, en certains cas, subir une exfoliation, un dédoublement en deux feuillets, dont le feuillet interne est la valve secondaire.
Cette production, et l’exfoliation ou le clivage naturel qui en résulte, ne se forment que chez les vieilles valves. C’est pourquoi, comme le fait remarquer M. J. Deby, les frustules, qui sont formés d’une jeune et d’une vieille valve, se séparent toujours en un nombre impair de valves. Ces valves secondaires sont d’abord aréolaires et perforées, mais au fur et à mesure que la silice les épaissit, les orifices se ferment. « Dans quelques cas, dit M. J. Deby, ces orifices se remplissent tout à fait d’une masse dense et saillante de silice douée d’un indice de réfraction plus élevé que celui de la substance propre du reste de la valve, de manière à paraître comme des granules rouges ou roses sur un fond verdâtre avec les meilleurs objectifs à immersion. »
Noyau, double noyau, tache germinative. — Immédiatement sous la carapace siliceuse est la membrane de cellule, membrane vivante qui sécrète la silice. Elle forme comme un sac qui enveloppe tout le contenu de la cellule. Dans les espèces qui se prêtent à l’examen, on voit, dans l’intérieur de ce sac, une bande centrale , sombre, ordinairement granuleuse, généralement appliquée à la face interne de la membrane cellulaire qui double les valves, et aussi le long des zones ; elle est contractile et extensible, et elle paraît diviser l’intérieur de la cellule en deux parties symétriques; sa surface forme des plis, quand on la regarde de côté, comme s’il y avait une fine membrane, plis qui dessinent comme des filaments.
D’après, M. H. L. Smith, dans les formes discoïdes, cette bande est tout à fait centrale ; sur la face valvaire elle mesure à peu près le quart du diamètre de la valve, et sur la face connective elle a la forme d’une bande resserrée au milieu, en sablier. On la voit bien sur les grands Navicula et les grands Surirella , quand l’endochrôme n’est pas trop foncé.
La substance qui forme cette bande est à peine colorée, mais le chloro-
iodure de zinc, qui teint en vert pâle les autres matières intérieures, la colore en brun foncé. Les extrémités des frustules se colorent de même, comme si la substance en question était répandue partout sous les valves, mais plus épaisse seulement dans la bande centrale et aux extrémités. Quand on brûle les frustules, on voit encore la trace de cette bande, bien que toutes les autres matières intérieures soient détruites. v C’est dans cette bande centrale que sont placés les globules considérés comme étant de nature huileuse. Ils s’y meuvent, allant et venant depuis une extrémité du frustule jusqu’au centre, sans jamais franchir, à ce qu’il semble, cette partie centrale où est situé le noyau. Cet élément est quelquefois facilement visible, mais souvent fort obscur. Nous ne croyons pas qu’on ait jamais distingué, dans ce noyau, un nucléole bien évident. Autour du noyau, on voit souvent quelques doubles lignes rayonnantes, signalées déjà par Pfilzer.
Fig. 68. — Surir ella splendida. (F. minor).
Cette substance incolore répandue dans tout le frustule, condensée dans la partie centrale, et qui contient le noyau, substance qui brunit par Fiode, est, pour nous, le protoplasma cellulaire. C’est à la surface de ce sac protoplasmique qu’est répandu l’endochrôme, souvent disposé de telle sorte ou d’une coloration tellement intense que le noyau n’est pas visible. Mais, M. H. L. Smith a signalé, quant à ce dernier, des détails intéressants. Beaucoup d’espèces présentent d’une manière constante deux noyaux, même en dehors de la période de division. Tel est le Sur ire lia splendida. Une espèce voisine, le Surir ella eleqans , n’en a jamais qu’un. — Dans la première, entre les deux noyaux^et exactement au centre du frustule, on voit une petite tache sombre, que M. H. L. Smith appelle tache germinative « germinal dot » , tache qu’on observe aussi chez le Surirella eleqans au-dessus du noyau unique, du côté de l’extrémité large du frustule. — C’est autour de cette tache, extrêmement plus petite que le noyau, que rayonnent des filaments protoplasmiques et des franges d’endochrôme.