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PI. III

VI TECHNIQUE DES DIATOMEES

la tige T et la longueur de la tige P de manière à ce que le poil puisse manœuvrer sur la platine du microscope sur laquelle est adaptée la plaque de cuivre portant le secteur et les covers fixés à la paraffine. On travaille alors sous l’objectif, avec le secteur tournant, comme on faisait précédemment sous le doublet, mais avec une grande sûreté de main et par des mouvements aussi précis et aussi petits qu’il est nécessaire (1).

Il est facile de comprendre que, lorsqu’on emploie le doigt mécanique, certains mouvements sont renversés et d’autres ne le sont pas, ou plutôt sont redressés par le microscope. Ainsi,

dans la position de la figure, si l’on pousse la tige P vers la gauche, le poil qui la termine prendra réellement cette direction, mais le microscope renversera le mouvement et le poil, paraissant venir par la gauche du champ, s’avancera vers la droite. Mais si l’on pousse la tige P vers le devant du microscope, il se fera un mouvement de pivotement autour de l’articulation S comme centre et le poil viendra en arrière sous l’objectif ; mais le microscope renversera le mouvement et le poil paraîtra dans le champ venant de l’arrière et marchant vers le devant du microscope, c’est-à-dire que l’image sera redressée. Dans ce dernier mouvement, il faut remarquer

(1) On trouve le doigt mécanique décrit ci-dessus au Laboratoire du Journal de Micro graphie } à Paris.

'Fig. 74. — Doigt mécanique.

encore que plus le bras de levier du poil (SZ) sera grand par rapport au bras de levier du manche (SP), plus le déplacement du poil sera grand par rapport au déplacement du manche. Il faut donc une certaine habitude pour se servir aisément de cet instrument.

Avec le premier appareil ou avec le second, triant les Diatomées avec le poil emmanché à main libre ou avec le doigt mécanique, M. Rataboul opère de la manière suivante :

Les Diatomées à trier sont déposées avec une pipette sur un cover placé lui-même sur la petite lame de platine M (PI. III, Fig. 1) et brûlées suivant le procédé ordinaire. Puis, le cover refroidi est fixé avec un peu de paraffine sur le trou c du secteur tournant. D’autre part, un autre cover très propre est fixé de même sur le trou b. On dépose alors à son centre, avec un pinceau, une petite goutte d’une solution de gomme très pure. Cette solution est faite avec une grosse goutte de gomme arabique épaisse dans 15 c. cubes d’eau distillée. On laisse sécher l’enduit, et, au besoin, on hâte la dessication en approchant du cover une tige métallique chauffée au rouge. On fait alors le triage avec le poil, en amenant sous la loupe ou l’ohjectif le cover c, enlevant un frustule et le déposant sur le cover b amené à son tour dans le champ par un petit mouvement du secteur tournant. On place le frustule où l’on veut, sur l’enduit gommeux sec. Pour l’y fixer on prend un tube de verre H (Fig. 1) large par un bout, étroit par l’autre, et, la plus petite ouverture tournée vers la Diatomée, on projette l’haleine sur le cover dont l’enduit se ramollit assez pour que le frustule y reste collé.

On répète l’opération autant de fois qu’on le veut, et quand les Diatomées sont rangées et fixées, il n’y a plus qu’à monter la préparation, soit aux baumes, soit à sec.

Pour la monter dans le baume du Canada, M. Rataboul détache le cover et le place pendant une heure, la face chargée en dessous, dans un verre de montre contenant de l’essence de térébenthine ou de lavande.

Puis, il dépose sur une lame porte-objet une goutte de baume. Il la chauffe sur une lampe à alcool, et quand des zébrures se montrent dans le baume, il laisse refroidir. S’il y a des bulles, il les crève ou les enlève avec une aiguille froide. Le cover est alors retiré de l’essence, égoutté et déposé, les Diatomées en dessous, sur la goutte de baume ; à l’aide d’une chaleur ménagée, l’adhérence se produit, l’essence en excès s’évapore. On comprime légèrement et on laisse refroidir. Il n’y a plus qu’à nettoyer la préparation quand elle est parfaitement sèche, comme nous l’avons indiqué.

M. Rataboul recommande le vernis au copal, comme plus facile à manier, quoique beaucoup plus long à sécher, parce qu’il est plus

VI TECHNIQUE DES DIATOMEES

facile d’éviter les bulles d’air. Le vernis doit être évaporé jusqu’à consistance sirupeuse, environ au tiers de son volume, et il suffît cl’en déposer une goutte sur le porte-objet et de placer par dessus le cover imbibé de térébenthine. On laisse alors la préparation, pendant 2 ou 3 heures, sur une plaque de fonte légèrement chauffée (à 70° environ). Et l’on n’aura à craindre aucune bulle. Il est prudent d’attendre quelque temps avant de nettoyer la préparation.

Pour les préparations à sec, M. Rataboul n’emploie pas la gomme pour enduire le cover, mais une gouttelette de baume dissous dans le chloroforme, ou de vernis au copal, dissolutions d’ailleurs très étendues. Il opère, du reste, comme précédemment, mais au lieu d’utiliser l’humidité de l’haleine pour ramollir l’enduit et le rendre agglutinatif, il emploie une tige métallique chauffée qu’il approche du cover.

Quand les Diatomées sont rangées, le cover est porté sur la lame de platine et chauffé au rouge. L’enduit noircit, puis disparaît entièrement, mais les frustules restent en place. Le cover refroidi est alors appliqué délicatement, les Diatomées en dessous, sur une lame porte-objet où l’on a tracé une ou deux cellules concentriques avec du bitume. Les cellules doivent être bien sèches et préparées au moins trois semaines d’avance. La préparation est chauffée très légèrement pour obtenir l’adhérence que l’on aide ensuite en appuyant sur le cover. Enfin, la préparation est fermée par un cercle de bitume sur les bords du cover.

M. A. Truan emploie comme enduit, pour fixer les Diatomées sur

le cover, le mélange suivant :

Gélatine 6 grammes

Eau distillée 50 —

Acide acétique cristallisable ... 50 —

Alcool à 36° . 8 —

On met la gélatine et l’eau dans un flacon de 200 grammes de capacité et on les laisse en contact jusqu’à ce que la gélatine n’absorbe plus d’eau ; puis, on plonge le flacon dans l’eau chaude, en agitant, pour compléter la dissolution de la gélatine, et on ajoute l’acide acétique et l’alcool. On replace le flacon dans l’eau chaude pour rendre la solution plus liquide et on la filtre sur le papier en rejetant sur le filtre les premières parties qui passent. Puis, on conserve le liquide dans un flacon bien bouché (1).

On se sert de cette solution gélatinée en y plongeant une aiguille que l’on passe à plat sur le couvre-objet bien propre et on laisse

(1) A. Truan y Luard, Ensayo sobre la Sinopsis de las Diatomeas de Asturias, Madrid, 1884.

sécher sous une cloche. On peut ainsi préparer d’avance plusieurs covers.

On range les Diatomées sur un couvre-objet ainsi préparé, comme nous l’avons dit, en ramollissant l’enduit avec Thaleine, et l’on termine le montage comme nous l’avons indiqué.

Préparation dans la naphtaline monobromée .

La naphtaline monobromée a été quelquefois employée par M. Moller comme milieu à haut indice pour le montage des Diatomées. Son indice de réfraction est, en effet, représenté par le nombre 1,63, celui du baume du Canada n’étant que 1,52.

Voici comment M. A. Truan conseille de l’employer (1) :

On commence par préparer des cellules sur des porte-objets avec une solution épaisse de gomme laque dans l’alcool. Il faut les faire assez profondes et un peu plus larges que le cover dont elles doiven dépasser légèrement les bords. On les laisse sécher un jour ou deux, puis on les use en les frottant sur une pierre à aiguiser bien plane, de manière à ce que leurs bords soient eux-mêmes parfaitement plans.

Les Diatomées ayant été rangées sur un cover enduit de gélatine, comme nous l’avons indiqué, on dépose sur celui-ci une goutte de naphtaline monobromée et on laisse sécher à l’abri de la poussière.

Puis on met une goutte de naphtaline monobromée au milieu d’une cellule tracée à la gomme laque sur un porte-objets, et on retourne sur celle-ci le cover portant les Diatomées, sans emprisonner des bulles d’air. On appuie légèrement sur la lamelle, et on enlève l’excès de liquide avec du papier buvard, en essuyant, au besoin, avec un petit linge humide. Si l’adhérence entre le cover et les bords de la cellule ne s’est pas produite, on ramollit ceux-ci en passant tout autour une aiguille chauffée, et l’on appuie sur la lamelle en épongeant le liquide excédant.

L’adhérence ainsi obtenue, on laisse sécher et on ferme la préparation en traçant sur les bords de la cellule un cercle de gomme laque qui recouvre un peu la circonférence du cover. On termine, si l’on veut, en traçant par dessus le cercle de gomme laque un cadre au bitume de Judée ou autre vernis.

Au lieu de gélatine pour fixer les Diatomées sur le cover, M A. Truan indique un mélange d’albumine et d’ammoniaque obtenu en battant un blanc d’œuf, sans aucune trace de jaune, avec son

(1) A. Truan y Luard, Loc, cit.

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