VU. MOYENS D’ÉTUDE
à l’emploi, dans sa plus grande dimension et dans la position verticale, que 40 centimètres de haut. C’est donc un instrument fort commode et très maniable; aussi, malgré son titre de « bactériologique, » nons n’hésitons pas à le considérer comme le microscope spécial des diatomologistes et c’est comme tel que nous le recommandons.
Nous ne nous attarderons pas à décrire d’autres microscopes de construction française, et nous nous bornerons à ceux dont nous avons parlé, pensant que l’on ne saurait trouver mieux. Quant aux
Fig. 80. — Platine mobile à mouvements rectangulaires, de M. C. Reichert, de Vienne).
instruments de construction étrangère, nous en dirons peu de chose.
Les microscopes anglais et américains, ces derniers surtout, et particulièrement les grands modèles, sont le plus souvent des chefsd’œuvre de mécanisme; mais, outre que leur prix, extrêmement élevé, ne les rend guère abordables qu’à quelques privilégiés, ils sont réellement un peu encombrants, avec leurs proportions monumentales. Aussi, ce sont plutôt des instruments d’apparat, construits pour l’exhibition, les conférences et les « soirées » que des instruments de recherches créés en vue du laboratoire ou du cabinet de travail. Les constructeurs anglais et américains, fort habiles, nous le reconnaissons, fort ingénieux, et auxquels nous sommes certainement redevables de nombreuses dispositions utiles, ont, à notre avis, le tort de faire un peu trop grand (pendant que nous faisons
quelquefois trop petit). Tel objectif anglais, par exemple, représente réellement un petit obus qu’il pourrait être dangereux de se laisser tomber sur le pied, tandis que l’objectif français correspondant est plus petit qu’un dé à coudre. Il y a donc, dans l’instrument anglais, une dépense de matière et de travail qui paraît inutile, mais que, naturellement, l’acheteur doit payer.
Quant aux petits modèles de microscopes anglais ou américains, comme ils ne possèdent plus, en général, les dispositions des grands modèles et que comme construction ils sont, le plus souvent, loin de valoir les nôtres, il n’v a aucun intérêt à s’adresser à eux.
Ajoutons que tous ces instruments, quelqu’admirables qu’ils puissent être, — et ils le sont souvent — ont un défaut commun et sérieux : les systèmes, à lévièr ou autres, employés pour le mouvement lent, sont très fragiles et se dérangent trop fréquemment.
Quant aux microscopes allemands, il sont en général établis sur les mêmes principes que les nôtres. Les modèles actuels, en effet, datent de l’allemand Oberhæuser qui, venu s’établir en France jadis, y subit l'influence des idées alors régnantes de Ch. Chevalier, idées mises en pratique, d’une part, par Nachet père et, de l’autre, pçr l’allemand Hartnack, successeur d’Oberhæuser à Paris. C’est de cette combinaison qu’est né le modèle continental. En 1870, Hartnack qui, dans sa haine pour la France, voulait détruire sa maison, retourna à Berlin, laissant pour seul successeur à Paris son associé, le savant émigré polonais A. Prazmowski, l’ancien professeur de physique à l’Université de Varsovie et directeur de l’Observatoire de cette ville. Condamné à mort par les Russes, ce patriote, français de cœur, était venu à Paris où, pendant de longues années, il a travaillé aux progrès de la micrographie. C’est lui qui a su donner à la maison dont il avait pris les rênes la direction si éminemment scientifique qui en a fait la valeur. Cette maison, nous l’avons dit, est aujourd’hui dignement continuée, et l’on peut dire rajeunie, par MM. Bézu et Hausser dont nous avons déjà parlé.
Ce court historique montre que le microscope désigné par nous autrefois sous le nom, adopté maintenant, de microscope continental, provient en quelque sorte de la combinaison des idées françaises et allemandes. Il en résulte qu’aujourd’hui c’est encore, en Allemagne comme en France, le modèle classique. Seulement, en Allemagne, il est moins bien construit, sous le rapport mécanique, que dans notre pays. Les prix de vente sont peut-être inférieurs de quelques francs chez certains fabricants, mais les instruments sont de facture très notablement inférieure, et, dans l’étude des Diatomées, la perfection du mécanisme s’impose absolument.
C’est pourquoi nous pensons que les micrographes de notre pays
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n’ont aucune raison d’aller chercher des microscopes en Allemagne. Nous verrons plus loin ce qu’il y a à dire à propos des objectifs.
Toutefois, si nous n’avons qu’une très médiocre estime pour les microscopes saxons, bavarois, prussiens, etc., nous devons faire
Fig. 81. — Microscope bactériologique de M. C. Reichert, de Vienne.
R. Revolver — S. Miroir. — T. Crémaillère du condenseur Abbé. — f. Porte-diaphragmes du condenseur. — l. Bouton mouvant le porte-diaphragmes.
exception pour ceux que construit M. Cari Reichert, de Vienne (Autriche), et qui sont tout à fait recommandables.
Cette maison Viennoise est déjà fort ancienne, mais depuis une dizaine d’années, surtout, elle a pris un rang très important dans la
construction des microscopes ; c’est à l’Exposition Universelle de 1878 que nous avons examiné pour la première fois ses instruments déjà fort remarquables et qui nous ont été présentés par le professeur Von Fleischl.
Depuis lors, elle a fait de grands et incessants progrès et ses microscopes ainsi que ses autres appareils d’optique peuvent être comptés parmi les meilleurs.
Nous citerons seulement son grand modèle n° I dont la platine est à tourbillon, c’est-à-dire tourne avec le corps du microscope, et le modèle n° Il b dont la platine est fixe, ce qui n’a pas d’inconvénient notable, l’instrument étant muni (comme le grand modèle, d’ailleurs) d’un éclairage d’Abbé porté sur une tige excentrique.
Ces microscopes sont construits sur les principes que nous avons indiqués plus haut, montés à prisme, avec la crémaillère fixée directement sur le tube et la tète de la vis micrométrique, divisée, tournant devant un index fixe.
Ajoutons que M. C. Reichert a inventé un chariot mobile, à mouvements rectangulaires, qui se place à volonté sur la platine, à l’aide de crans d’arrêt et d’une vis de serrage prenant son point d’appui à la face postérieure de la colonne (Fig. 80).
Enfin, nous devons signaler, du même constructeur, un microscope bactériologique , à platine carrée (pouvant recevoir le chariot mobile), non rotative, mais munie d’un éclairage du système Abbé, et qui est un fort bon instrument. La tète de la vis micrométrique est divisée et le nombre des divisions dont elle tourne est indiqué par un index.