HADES
cueillir des fleurs dans les cliamps d'Ennaj et l'emporta en sa sombre résidence sur un char traîné par quatre chevaux noirs comme le charbon. Le sombre palais était garde' par les chiens monstrueux Orthros et Cerbère, ce dernier à trois têtes. Remarquez qu'il est fait mention de ces monstres dans les traditions de quelques autres peuples : ils reparaissent comme Vritra et Sarvara, noms appliqués aux puissances de l'ombre dans l'ancienne tradition des Hindous.
Hadès (fig. 36) était connu sous d'autres noms : on l'appelait Plouton, d'oti le Pluton latin, soit le gardien de tous ces trésors minéraux de la terre, que surveille Andvari, le nain, dans l'histoire teutonique de Sigurd. Le nom Polygdémon (ou le roi qui -reçoit beaucoup" d'êtres dans sa demeure invisible) lui était encore attribué; et il n'y a qu'une légère variante de ce nom à celui de Polydecte, roi de Sériphos, qui persécute Danaé, mère de Persée. Le mot, toutefois, arriva à désigner non plus le prince seulement du monde invisible, mais le monde invisible lui-même.
Hadès a été considéré comme le Zeus des séjours inférieurs, et ainsi les trois noms Zeus, Hadès et Poséidon semblent avoir désigné simplement les idées de souveraineté et de pouvoir, avant qu'on les assignât aux dominateurs spéciaux du ciel, de la mer et des séjours inférieurs. Comment se fait-il, me dira-t-on, que Hadès, étant, comme Zeus, fils de Cronos, ne comptât pas au nombre des douze dieux réglementaires de l'Olympe? Simplement parce que son empire gisait sous terre. On ne connaît pas cette distinction dans les poèmes homériques : il y a le pouvoir d'aller à l'Olympe quand bon
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lui semble; et il le fait, blessé par HéraclÈs. Que de couches superposées de concepts ou d'interprétations nous montre un traité mythologique contenant toute la fable, expliquée et telle qu'elle se présente à nos yeux de modernes !
Platon. — Simplement un nom grec de Hadès, ainsi que nous venons de le voir dans le chapitre de ce dieu, regardé comme gardien des trésors cachés de la terre!
Une autre appellation lui fut donnée par les Latins;
Flg. 3«. — Biute de Hadis ou Pluton. , . r.-
cest Dis, qui passa pour une forme plus brève de Dives, riche, mais se rattache probablement à Deus, Divus le Tkeos grecj et le Dyaus indien. Le nom de la femme de Pluton, Proserpine, dont il a été dit un mot et dont il sera parlé en temps et lieu, n'est qu'une autre forme du grec Perséphone.
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Ll HERE GRECQUE OU LA JUNOH LRTINE.
Héré est fille de Cronos et ; par suite, une sœur de de Poséidon, avant tout la e Zeus (fig. 38). Son nom.
ment dérivé de la même rad'oti vient le sanscrit Svar, , et Surya, le soleil (aussi rec HéIîos)j semble avoir, signifié la couche céleste^ >, qui est, lui, l'éclat céleste.
es mythiques viennent à l'appui de cette explication ; le sens de celle d'Ixion, spécialement, s'accorde avec le sens de la présente. La déesse apparaît dans les poèmes ho|nériques comme l'épouse de Zeus, révérée par les dieux non moins que son mari, envers qui elle se montre de tout point soumise. Toutefois il y a quelques exceptions à cette grande soumission. Ainsi, en dehors de son opposition à Zeus dans la guerre de Troie, elle participa au
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6g LES DIEUX ANTIQUES.
complot ourdi, entre Poséidon et Athéné, d'enchaîner le dieu. Ce qui lui fit prendre parti contre les Troyens , dans la guerre faite par les Achéens au peuple de Troie ou Ilionj est le jugement de PâriSj devant qui Aphrodite et Athéné parurent, avec elle, pour réclamer la pomme d'or offerte à la plus belle des trois. La pomme échut à Aphrodite, et dès lors Héré et Athéné haïrent la cité de Priam.
Les histoires varient tellement à propos du lieu de naissance et relativement au mariage de cette déesse, qu'il est impossible d'en tirer quelque
Plg. SB. — 8tmtu« de Héré on Junon. , j i i.
chose ou de les harmoniser. Déité d'une grande importance, au reste, sans qu'aucune légende détermine bien la nature de la fonction
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remplie par la déesse^ la Fable nous montre presque toujours Héré comme la reine du ciel pur. On trouve cette idée manifestée spécialement par la légende d'Ixion (le soleil qui tourne] : ce personnage, après avoir été purifié du crime de sang versé, cherche à gagner l'amour de Héré; mais il est déçu par Zeus, qui fait prendre à un nuage la forme de la déesse. Le nombre de ses enfants est certain, trois : Ares, Hébé et Héphaistos.
Jbdou. — La femme de Jupiter s'appelle Junon(fig. 39), un nom qui répondrait à la forme grecqueZénon, prise au iemlnin; mais il n'existe pas d'histoires latines sur la déesse, celles que racontent d'elles des poètes de temps avancés ayant étéempruntées au grec. Comme Jupiter, ( invoquait Junon sous plusieurs noms: en tant que reindes cieux, elle était Junon Reine; présidant au mariage, Junon Jugalis, et gardant l'argent et les trésors, Junon Moneta (cette appellation probablement vient de la même racine que Minerve]. Exceptionnellement dans notre étude comparative latine et grecque, Junon et Héré sont la même divinité I Quoique les mythes latins correspondent le plus souvent de nom seulement avec ceux des Grecs, l'identité est, dans le cas présent, suffisamment prouvée.
Fig. Î9. — T«lo de Hité du
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LK HESTIA GRECQUE OU Ll VESTt UTINE.
— Hestia est l'aîné des enfants nos et de Rhée. Sa fonction :
du foyer domestique ou plufeu qui brûle sur le foyer.
les hommes étaient j selon la me païenne, regardés comme moins que, par un pacte spéfussent devenus amis; et Y ncsua \iig, 41) présidait spécialement au ! commerce loyal et vrai qui s'établissait
^ entre eux. La maison est le centre de
toute bonne affectionj et la déesse du logis était toujours représentée comme pure et non souil- ' lée. Hestia livre peu d'elle-même à la légende: ce fait seulj peut-ètrej que Poséidon chercha à en faire sa femme et qu'elle refusa. A qui demande comment il se fait qu'on ne dise presque rien de Hestia, je répondrai que cela vient uniquement de ce que son nom était un de ces mots qui n'avaient pas perdu leur signification. Hestia con-
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