‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 9 sur 72 · MYTHES HINDOUS, PERSES ET NORSES · texte numérisé non relu

MYTHES HINDOUS, PERSES ET NORSES

nythologie et qui se prénous en un groupe unie n'est pas que les mythes s soient plus intimement lythes persesj ou ceux-ci norsesj que les mythes :s ou hindous ne le sont : aux grecs, Nouj mais tes Sj avec cette particularitéj e les latins ne sont qu'une I presque artificielle des

g , ni ensemble ce qu'on peut

appeler la Mythologie classique, ou celle qui correspond aux deux langues étudiées jusqu'à présent par tous les esprits cultivés. La mythologie des Hindous demeure, malgré que se popularise en Europe la lecture des Védas, la préoccupation presque spéciale de savants versés dans le sanscrit; il en est de même de la mythologie des Perses,

1 Le Traducteur.

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l8 LES DIEUX ANTIQUES.

leur langue, lezend, ne comptant encore qu'un petit nombre d'initiés. Quant à la mythologie norse, ceux à qui elle n'est pas totalement étrangère l'ont entrevue dans la traduction des épopées Scandinaves ou apprise aux représentations de Drames lyriques allemands. Mais^ non plus que les précédentes, elle ne nous est à proprement parler familière; et c'est pour ce motif seul que l'étude présentCj qui jette sur les mythologies mêlées à notre civilisation par l'art et par la poésie les clartés nouvelles de sa méthode scientifique, place les dieux ou les héros de la Grèce et de l'Italie en pleine lumière, tandis qu'elle fait avec les mythes norses, perses et hindous comme le fond lointain et spacieux du panthéon aryaque.

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MYTHES HINDOUS ou VÉDIQUES

Le Véda, le recueil des hymnes, ou les Védas, si l'on parle des hymnes pris en eux-mêmes, nous offre le plus ancien monument de notre race: un ensemble des chants religieux en honneur chez les premiers Aryas émigrant vers r Indus. Ce livre nous fait assister à la naissance ainsi qu'à la formation des doctrines primitives religieuses qui sont familières à notre esprit. C'est à sa lecture qu'il faut demander l'expression authentique de la mythologie hindoue, qui, de notre tempsj doit comme illuminer celle des deux nations classiques. «Les ancêtres ont façonné les formes des dieux comme l'ouvrier façonne le fer,- dit un des poètes védiques.

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Quelque chose donne à la mythologie védique ou hindoue primitive une valeur toute spéciale: c'est qu'elle offre la clef de celle des Perses^ des Grecs, des Latins et d'autres peuples. Ainsi les noms sous lesquels les Grecs désignaient différents dieux et héros, sont dans les Védas de pures épithètes sur la signification desquelles nul ne saurait se méprendre, et l'on peut suivre les légendes les plus compliquées et en retrouver la racine dans quelque phrase extraite des plus anciens de tous les poèmes, les Védas. Cette phrase, dans ces poèmes, présente simplement un incident ou un phénomène mêlé au cours des choses qui forment le monde extérieur. Je citerai quelques exemples. Dans les Védas, Arjuni, Brisaya, Dahana, Ushas, Sarama et Saranyu sont des noms de la lumière du matin; pour les Grecs, c'étaient autant d'êtres particuliers qu'ils connaissaient sous la forme d'Argynnîs, de Briséis, de Dapbné, d'Eos, d'Hélène et d'Erinnys. Les Védas parlaientdu Panis, cause par ses tentations de l'infidélité de Sarama; pour les Grecs, ce texte devient le rapt d'Hélène par Paris et la légende multiple de la guerre de Troie.

Maintenant il faut distinguer la mythologie hindoue primitive d'avec celle des derniers temps. La mythologie tardive est aussi inextricable que la primitive est simple ; mais la fagon dont le système mythique s'est développé dans l'Inde jette la plus vive lumière sur l'évolution semblable qui s'est accomplie dans les autres contrées. Notamment il n'y a pas, dans les très-vieux poèmes, de généalogies ou de mariages réglés entre les dieux. La sœurdanscette légende est la femme, ou lamère dans cette autre; et l'on parle du même être en différentes occasions

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comme du fils et du Frère à la fois de tel dieu. Les déités principales de ces anciens hymnes, celles qui cenainement sont les plus importantes, sont peut-être Varuna, Agni et Indra. Le premier, Varuna, personnifie le vaste ciel qui s'étend sur la terre comme un voile. Mais nombre des hymnes lui sont adressés simplement comme au seul dieu auteur du monde'. On retrouve du reste l'instinct monothéiste dans les chants védiques. Un être tout-puissant, à la lois notre père, le maître qui nous enseigne et notre juge: il habita d'abord la terre aryaque. Il est Varumna, quoique Mithra s'y ajoute; enfin il est Adytta, et le Cronos grec. Varuna se trouve dans la mythologie grecque, en tant qu'Ouranos. Mais, au contraire de Zeus (le Dyaus sanscrit), qui devint, en Grèce, le nom du dieu suprême, Ouranos y perdit son importance et disparut même presque totalement.

Qu'est Agni, le deuxième dieu? Le feu qui, lorsque le combustible est allumé, «s'avance comme un cheval de guerre, hors de sa prison, laissant derrière lui une trace obscure de fumée. ■■ Agni ne se trouve pas dans la mythologie occidentale , mais on reconnaît son nom dans ce mot latin : ignis, le feu. Indra complète ce groupe ternaire, lui le dieu du ciel clair, et aussi de la lumière, de la chaleur et de la pluie fertile (fig. 6); il tire son nom d'une racine du langage qui désigne la fluidité, et répond ainsi au Jupiter fluvius des Latins.

On le représente principalement combattant Vritra, l'ennemi qui, en enfermant la pluie, apporte la sécheresse  la terre; ce dernier est un grand dragon, tué par la

1 Gde Mylh., lîv. 1 et II.

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lance d'Indra, de même que Python est percé par celle d'Apollon. Vritra prend d'autres formes dans la mytholo^e de l'Occident et correspond exactement au Sphinx (en l'histoire d'Œdipe), au dragon de Libye exterminé par PerséCj à Fafnir abattu par Siguid^ aussi bien qu'aux nombreux monstres tués parles autres héros. Son nom, du reste, existe dans les légendes grecques : c'est le même que

celui d'Orthros,mythequij avec Cerbère, le Parvara védique, garde les portes du Hadès répondant au Yama hindou. N'oublions pas les Harits, qu'il sied même de nommer tout d'abord: ils sont, dans les hymnes védiques, les chevaux brillants du soleil, et deviennent en Occident de belles femmes, appelées par les Grecs les Charités, par les Latins Gratiœ, ou les Grâces {d'une racine ghar, briller). Vient aussi Trita et Traitana. J'y vois des noms donnés au dieu du ciel clair, lesquels reparaissent dans le grec Triton et Tritogénée. Il y a les Maruts, vents d'orage, dont l'appellation (de mar, moudre) reparaît en celle de

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l'Arès greCj le Mars latin, et de Mors, la mort, aitisi que dans le teuton Thor Miôlnir, "celui qui écrase.»

Vous n'êtes point sans avoir entendu parler des Rishîs, sept sages qu'on supposait habiter les sept étoiles de la constellation que nous appelons la Grande Ourse. Ces

étoiles s'appelèrent d'abord les sept Arkshas, ou -brillantes-, mais, comme Rishi vient de la même racine, on confondit les deus mots, tout comme en Grèce on les convertit en ours, le mot de arctoï, ours, appartenant également à cette racine. Comparaisons diverses : le nom Bhuranyu est le même que le grec Phoronée, tandis que Pramantha répond à Prométhée ; Ushas est

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un nom de l'Aurore, qui reparaît dans le grec Eos et le latin Aurora, Voyez enfin dans Arusha un nom du Soleil, quand il commençait sa course à travers les cieux et représenté, comme tel, sous la figure d'un bel enfont : on devine qu'il reparaît dans l'Eros grec, ou dieu de l'amour, qui repond au latin Cupido, Cupidon. Mais Eros à son tour est fils d'Iris, une autre forme du moi, déité ap- ' ~^~~ pelée la Messagère des dieux,

tout comme on dit d' Arusha

qu'elle éveille la terre avec ses rayons. Ces rayons devien-

nent les dards ardents d'Eros et de Cupido, enflammant d'amour les cœurs qu'ils percent.

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Passons aux dieux de date plus récenlej à Brahma, d'abord (fig. 7) : on le dit fils de Brahnij nom de la grande Cause première de toutes choses. Brahma, Vishnu, SivBj forment à eux trois la Trimurti postérieure/ ou Trinité; Brahma étant le Créateur, Vîshnu, celui qui

conserve,. Siva, le destructeur, Siva est connu sous un autre nomj on l'appelle fréquemment Mahadeva ou Mahadeo {en grec, Megas Theos), le grand dieu (fig. 8); et on le regarde comme le reproducteur, car détruire, selon la philosophie indienne, n'est que reproduire sous une autre forme. Quant à Vishnu {fig. 9), l'Inde honora ses avatarSj incarnations du dieu, accomplies par lui

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pour l'ex&ution de desseins spéciaux. Le nombre des avatars est fixé à dix; lorsque le dixième aura lieu, ce sera la destruction du monde, et Brahma recommencera son œuvre de créateur. Krishna (fig. lo), qui complète ma nomenclature succincte, est issu, selon quelques légendes, de l'un des cheveux de Vishnu, et il mit au monde, à son tour, Rudra, le destructeur. Ce dieu acquiert une importance très-considérable dans la mythologie tout à fait postérieure des Hindous. Faut-il dire encore que ce personnage, Savitar, n'est autre chose qu' un nom du soleil, en tant que "dieu à main d'or-, Â cause de ses rayons? Oui; pour ajouter que, le nom plus tard pris à la lettre, l'histoire courut que le soleil, offrant un sacrifice, s'était coupé la main, et que cette main fut remplacée par une d'or. Porte le titre de dieu aussi un sage législateur, fils de Brahma, Manu. C'est le même que le Minos grec, et son nom vient d'une racine commune aux mots mens et homo : l'homme tirant son nom de ce qu'il est ^celui qui mesure", soit le penseur.

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MYTHES PERSES

MYTHES PERSES

rend la mythologie perse iliérement remarquable , e sens spiriiuel ou moral I greffe sur des phrases et ;endes qui n'avaient rapport ntqu'à des objets matériels ). La bataille d'Indra et de ians l'Inde était un conflit du soleil ou du ciel et le n supposait le gardien de fint eu Perse la lutte spirituelle entre le bien moral et le mal moralj de façon qu'un texte^ suggéré par un spectacle très-commun du monde extérieur, se trouva être le fondement d'une philosophie connue sous le nom de Dualisme (en d'autres mots, le conflit entre deux dieux, l'un bon, l'autre mauvais). Les vieux noms, ou contemporains des premiers âges de la race en son ensemblcj se conservèrent etj dans beaucoup de cas, restent ceux des mythes plus modernes. C'est ainsi que Trita, ou Trai-

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tanaj devient pour les Perses Thraetanaj tandis que Verethragna, ou -exterminateur de Verethra»j le Feridun de la poésie épique postérieure, répond au Vritrahan védique ou "exterminateur de Vritra." Feridun est, â son toufj l'exterminateur de Zohak (nom qui s'écrivait d'abord Azi-dabâka^ le serpent qui mord) ou de Ahî, qui nous reporte cette fois à l'Echidna grecque. Le nom de Zohak reparaît dans celui d'Astyage (Asdahag), roi de Médie, qui est défait et détrôné pair son petit-Sis Kuros (appelé à tort, en français, d'après le latin exclusivement : Cyrus), comme Laios, roi de Thèbes, est tué par son fils Œdipe.

Le germe de pareille idée morale, je le retrouve aux hymnes védiques : dans une prière déprécatoire que font quelquefois les adorateurs, voulant que Vritra, l'ennemi, n'étende point sur eux son pouvoir. Ce combat du bien et du mal a été désigné sous d'autres noms ; on en parle aussi comme du grand conflit entre Ormuzd et Ahrîman. Qu'est-ce qu'Ormuzd?Le nom du dieu bon. Un mot perse? Non. On ne peut même l'expliquer par la langue perse, mais le Zendavesta donne ce nom sous la forme Ahurômazdâo, nous reportant ainsi au mot sanscrit Asurômedhas, qui signifie -esprit sage». Un autre nom d'Ormuzd était Speutô-mainyus, ou -l'esprit saint". Le nom donné dans les livres anciens au pouvoir opposé à Ahurômazdâo est celui de Drukhs, mot qui signifie simplement -tromperie".

Qu'est-ce donc que le nom d'Ahriman? C'est un nom qui veut dire un esprit du mal et qui fut donné, dans une époque postérieure, au pouvoir connu en tant que Vritra et que Drukhs. Dans le Zendavesta, l'esprit saint

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(Speutô-mainyus, c'est-à-dire Ormuzd) et l'esprit de raal- (Ahro-mainyusj c'est-à-dire Ahriman) passent pour avoir créé le monde. Quant aux Devs ou Divs, il faut voir en eux des esprits dont le nom est parent du grec Tkeos et du latin Deus. Les adeptes de Zoroastre se séparèrent des adorateurs des DévaSj c'est à-dire des déités védiques, et déclarèrent dans leur profession de foi en faveur du Zendavesta : -Je cesse d'être adorateur des Dévas'. Je professe l'adoration selon Zoroastrej d'Ahuramazda, et suis l'ennemi des Dévas et dévot à Ahura.»

' VAêskmia daêva perse est t'Asmodée ou l'esprit malpropre du livre de Tobie, dans la Bible hébraïque.

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MYTHES NORSES

Les systèmes mythiques des tribus de l'Europe du Nord sont en substance les mêmes que ceux des Grecs. Ils prennent tous racine en des mots ou des phrases qui représentaient les spectacles et les bruits du monde matériel; mais les histoires issues de ces racines ont étéj dans chaque contrée, modifiées par les influences du sol et du climat. C'est ainsi que la Mythologie au nord de l'Europe assuma nécessairement un caractère sombre et grave, et que le combat de Phoibos contre Python, ou d'Indra contre Vritra, devint ta lutte constante et de tout pour avoir la vie ou donner la mort. L'histoire où cette lutte est peinte se nomme le Saga Volsunga, ou conte des Volsungs, qui fut, dans la suite, remanié en forme de poème épique appelé le Chant des Nibelungen

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OU Chant des en&nts de la brume. Le héros de ce chant s'appelle Sigurd, fils de Sigmundj fils de Volsung, descendant d'Odin.

Il naquit après la mort de son père et devint le beaufils de Réginj le forgeron du roi de Danemark, qui le poussa à tuer le dragon Fafnir, gisant enroulé sur la bruyère étincelante. Le dragon périt de l'épée forgée par Régin avec les morceaux brisés de Gram, autre épée qu'Odin lui-même avait enfoncée jusqu'à la garde dans un chênej afin que celui-là l'y prît qui serait assez fort pour la retirer. Sigemundj père de Sigurd, la retira, et il vainquit de cène arme tout ennemi, jusqu'à l'heure oii Odin, sous un déguisement, lui présenta une lance contre laquelle l'épée se brisa en deux morceaux. Fafnir tué, Sigurd devint possesseur de tout le trésor situé dans les puissants replis du monstre, et, mangeant son cœur, il en tira encore une sagesse supérieure à celle des mortels. Le héros, passant son chemin, vînt à une bruyère; de violentes flammes y entouraient une maison où dormait la belle vierge Brunehilde, Sigurd chevaucha par le feu, et, à son toucher, la vierge s'éveilla. Ils engagèrent mutuellement leur foi , et Sigurd dirigea sa monture vers la demeure de Giuki, le Niflung, qui décida que le héros épouserait sa fille Gudrum, et que Brunehilde serait la femme de son fils Gunnar. Mais Gunnar ne peut pas, au retour, chevaucher dans la flamme, et, par de magiques artifices, Sigurd prend la forme et la voix de Gunnar et s'empare de Brunehilde. Or, découvrant cette trahison, Brunehilde poussa Gunnar à tuerSigurU; mais, comme dans le cas de Baldr, lui et ses frères avaient juré de ne pas porter la main sur le héros. Tous demandent

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en conséquence à Guttorm de taire ce qui leur était, à eux, interdit; et c'est ainsi que Sigurd est tué pendant son sommeil. Sa mort réveille tout l'aniour de Brunehilde, qui expire, le cœur brisé, sur son bûcher funèbre.

Sigurd ressemble à maint autre héros; plusieurs traits caractéristiques de ce personnage, même presque tous, le rendent analogue à Persée, Achille, Thésée, Phoibos, Phaéton et Odyssès (appelé à tort, en français, d'après le latin exclusivement : Ulysse),

L'épée Gram enfoncée dans le chêne correspond, elle, à l'épée et aux sandales que cache Egée, lequel les place sous une grosse pierre; Thésée en devient le possesseur lorsqu'il a la force de soulever la pierre; songez aussi aux armes qu'Héraclès laisse près d'Echidna', N'est-ce pas enfin la même chose que la lance invincible de Phoibos, sans parler des rapports qu'elle présente avec l'armure forgée par Héphaistos pour Achille : toutes armes merveilleuses ? Quelqu'un donne cette épée Gram à Sigurd ; sa mère Hdjordis, tout comme Thétis, apporte à son Sis Achille l'armure forgée par Héphaistos. Je revois aussi dans le meurtre de Fafnir le même incident que l'extermination de Python, Vritra et du Sphinx, puis du Minotaure et de la Chimère. Comparez la sagesse de Sigurd à celle d'Iam et de Mélampe, qui tous deux également la reçoivent de serpents*. Pourquoi? Parce que le mot "dragon" voulait simplement dire un être qui voit au loin ou doué d'une vue perçante. Cent questions nous

l Voir aux Mythes grecs et latins, les chapitres relatifs à ces Héros et à' ces Dieux.

ï Voir aux Mythes grecs et latins les chapitres relatifs à ces personnages et à

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viennent aussitôt à l'esprit, suivies d'une réponse aussi prompte. — Qu'est<e que le sommeil de Brunehilde? Un sommeil comme celui d'Adonis et d'Osiris, et l'inaction de la vierge (/op^) Perséphonej dans la demeure d'Hadès'. — Quest-ce que le moyen de gagner Brunehilde? Après le meurtre du dragon, tout se passe comme après l'extermination du monstre de Libye; là Persée gagne Andromède : la mort du Sphinx aboutit aussi au mariage d'Œdipe et de Jocaste. — Quel charme plongea Brunehilde dans son profond sommeil? Odin la blessa d'une épine, comme agit Isfendigar dans l'épopée perse. Cette épine de la nuit ou de l'hiver répond à la morsure de serpent qui tue Eurydice dans l'histoire d'Orphée'. — Que représente l'abandon de Brunehilde? Simplement une autre forme de l'abandon d'Ariane par Thésée, ou d'Œnone par Paris, qui répond aussi à la séparation de Pénélope et d'Odyssès (improprement appelé, d'après le latin, Ulysse), quand il la quitte pour altéra Troie. Le retour de Sigurd vers Brunehilde, sous l'aspect de Gunnar, se lie bien au retour de Céphale, déguisé, près de Procris, qu'il avait délaissée'. — Gudrun qu' est-elle par rapport à Brunehilde? Ce qu'est Déjanire par rapport à lole, et Hélène à Œnone. L'abandon est, dans l'un et l'autre cas, suivi de la vengeance. Sigurd meurt, comme Paris, dans le repentir de sa faute. La mort du héros ravive, dans l'un et l'autre cas, l'amour

'Voir à V Appendice : Mythes égyptiens et assyriem , &t Ma Mythes grecs les chapitres relatiis à ces personnages.

ï Voir aux Mythes grecs et latins les chapitres relatifs à ces Hfros.

3 Voir aux Mythes grecs et latins les chapitres rejalift à «a H&os et à ces femmes légendaires.

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de la femme délaissée, et Œnone et Brunehilde expirent chacune sur le bûcher funèbre de son épous. Ce qu'il faut noter aussi, si nous comparons cette histoire avec d'autres légendes teutones ', c'est que les poètes ne pouvaient apparemment échapper au cercle enchanté dans lequel ils aimaient à reproduire, sous le déguisement de noms, de lieux et d'incidents différents, la grande et touchante Tragédie de la Nature, ainsi que nous l'avons appelée précédemment.

Cela se voit dans l'histoire mythique des descendants de Sigurd. Trait pour trait, toul y est répété pour ce qui est du iîls du héros, appelé Ragnar Lodbrog. Comme Sigurd, Ragnar gagna sa première femme Thora parce qu'il la délivra d'un dragon, et, comme Sigurd, il la délaisse. Suivons ce que devient Gudrun dans le conte Volsung: elle épousa Atli, frère de Brunehildej mais lorsqu'Atli tua Gunnar et les frères de celui-ci, Gudrun, pour se venger, tua les enfants du meurtrier et ensuite leur père lui-même. Comme il est de plus en plus clair à nos yeux que ces incidents répondent à des mythes grecs! Ce meurtre des enfants d'Atli se répète dans le meurtre des enfants de Jason par Médée *,

Mais élargissons le cercle ici tout spécial de nos comparaisons. Les Niflungs ou Nibelungs, ce sont des habitants de Nifïheim, la terre ou le site des brumes froides : en d'autres termes, ils répondent à Phrixos et à Hellé, les enfants de Néphélie, la brume, qui s'en alla avec le

■ Vuir aux Mythes grecs et latins les chapitres relatifs à ces femmes légendaires el à ces Héros.

i Voir aux Légendes grecques les chapitres relatils à l'expédition

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MYTHES NORSES.

trésor de la toison d'or tout comme les NiSungs emportent les trésors de 1 été. On vénérait Odin : ce dieu répond

au Zeus grec et s'appelle l'Alfadîr (l'anglais dlrait/a/Aer ofall, père de tous). Sa femme s'appelle Freya ou Friga (fig. i4}j et elle est la mère de Thor et de Baldr. Thor, avec son puissant marteau, en tant que Thor Miôlnir,

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le baneur et le broyeuFj est parallèle aux Alvada grecques et aux Maruts indiens (fig. i5). Une légende s'offre à nous, reconnaissablc : Baldr était le plus beau de tous les habitants du Valhalla; mais, quoique tous les autres dieux eussent juré de ne pas lui faire de mal, Loki,

lequel n'avait fait aucun sermentj -le détruisit à l'aide du gui... Ce fait répond au meurtre d'isfendigar tué par une épine et d'Adonis tué par la défense du sanglier. Quant à Loki, déité malveillante, on le dépeint comme le grand serpent qui entoure le monde, père d'Héla, la reine des régions situées sous la terre.

Après les grands dieux, leur séjour : le Valhalla,

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MYTHES NORSES. 3y

demeure avant tout d'Odin; comme Zeus, l'Olympe, il l'habite avec tous les Aésir ou dieux. C'est là que parviennent les âmes des héros mourant sur le champ de bataille, guidées par les belles Valkyries, ou celles qui choisissent les corps des morts: je vois en elles, sous une forme plus haute et plus pure, les houris du paradis roahométan. Les Nomes enfin, trois soeurs, correspondent aux Fates des Latins ou Moires des Grecs : leurs noms sont Urd, Werdand et Skuld (ou Passé, Présent, Futur). Se les représenter comme des êtres doués d'une sombre et touchante beauté.

Tous, vous avez entendu parler du Crépuscule des Dieux, que célèbre aujourd'hui encore le théâtre musical allemand. Ces mots ont été employés pour désigner le temps où, comme on le supposait, le règne d'Odin et des Aésir devait toucher à sa fin. Semblable notion a-t-elle pu se faire jour, si Odin passait pour le grand Créateur de toutes choses 1 Peut-être qu'inconsciemment le nom d'Odin fut employé dans plus d'un sens. Ainsi Eschyle parle de Zeus comme du dieu infini et éternel, dont le royaume ne peut avoir de fin ; mais qu'il vienne à nommer le Zeus mythique, iîls de Gronos et mari d'Héré, il dit que ce Zeus détrôna son père et sera lui-même dépossédé par un descendant de Promélbée, son ami, à qui il a si gravement &tt tort. Héraclès renversant Zeus répond exactement au Crépuscule des dieux norses.

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