BOUILLAUD
lobes cérébraux, mais du degré de l’altération des lobes, quels que soient d’ailleurs le point ou les points attaqués.
Bouillaud (1796-1881), adversaire de Flourens, a défendu la vérité du principe de l’hétérogénéité fonctionnelle du cerveau. Personne n’a certes combattu avec une constance plus admirable pour le triomphe du principe des localisations fonctionnelles du cerveau considéré comme un assemblage d'organes. Mais, beaucoup plus près de Gall que de nous, il entendait par organes du cerveau autre chose que ce que nous entendons aujourd’hui. Ge que Bouillaud prise dans le système de Gall, ce père « de la nouvelle physiologie du cerveau », c’est la localisation ou la détermination topographique de chacun des organes cérébraux, de ces petits « cerveaux » dont l’ensemble constitue le grand cerveau.
Un grand nombre de nos mouvements, dit Bouillaud, sont dirigés par l'intelligence et la volonté. Ce n’est pas assez de dire que le cerveau est indispensable à la production de ces mouvements ; il faut rechercher si les diverses parties dont se compose le cerveau ne président point chacune à des mouvements particuliers, en d’autres termes, s’il n'existe pas plusieurs centres nerveux cérébraux affectés aux mouvements musculaires. Ce qui autorise à croire que la doctrine de la pluralité des organes cérébraux considérés sous ce dernier point de vue est démontrée, c’est qu'il n’est pas rare de rencontrer des lésions partielles des fonctions musculaires dues à une affection locale du cerveau ; telles sont les paralysies des membres supérieur et inférieur résultant d’une lésion d’une partie déterminée de la -masse du cerveau. Ilest certain qu’il y a un centre particulier pour les mouvements de l’œil. Quant à l'influence du cerveau sur les mouvements de la langue, considérée comme instrument de la parole, et sur ceux des autres muscles qui concourent avec elle à la production du phénomène, Bouillaud en était si fort persuadé, qu'il ne s’expliquait pas, disait-il, qu'on n’eût pas encore enseigné que les mouvements des organes de la parole devaient avoir dans le cerveau un centre spécial. Pour le démon-