‹ Les Différentes Manifestations De La PenséeChapitre 62 sur 82 · DÉFINITIONS DE LA PENSÉE · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS DE LA PENSÉE

ane seule sorte de pensée. » Littré, d’ailleurs, ajoutait : « C’est une manière d'agir propre à ces tissus (aux tissus cérébraux), qui a pour condition d’accomplissement l’existence des éléments anatomiques dans tel ou tel état que maintient la nutrition et qui suppose la nutrition, mais en est distincte. »

Comme nous le verrons au cours de ce chapitre, la première partie de cette définition ne peut nullement nous convenir ; elle fait de la pensée un acte voulu par un étre pensant, en d’autres termes par la pensée elle-même, Elle semble faire de la pensée une cause et non un effet, une conséquence, un résultat.

Pour M. Beaunis (Nouveaux Éléments de physiologie humaine, p. 797, t. IT), les idées, éléments constitutifs de la pensée « ne sont que des rapports entre des perceptions (actuelles ou remémorées) ; elles supposent l’existence préalable de sensations, la sensation est donc l’élément initial de lintelligence. Ces idées peuvent être individuelles, particulières ou bien générales, abstraites ; mais les idées générales ne sont, suivant l’expression de Berkeley, que des idées particulières annexées à un terme général qui leur donne une signification plus étendue et qui réveille à l’occasion, d’autres idées particulières semblables. »

Dans un volume récent (la Vie et la Pensée, Paris, 1893), M. Julien Pioger écrit :

« Quant aux conditions mêmes du phénomène de la pensée, on ne pensa même pas à s’en enquérir ; la pensée fut décrétée d'essence psychique, faculté de l’âme. Dès lors à quoi bon chercher des lois à un phénomène qui avait sa seule explication possible dans ce mot fatidique de « faculté », qu'on n'avait même pas besoin de songer à expliquer puisque, l'âme étant d'essence surnaturelle, divine, il n’y avait pas lieu de lui supposer des conditions ni dépendances ? Aussi les essais de conception et d’explication naturelles, expérimentales, de la pensée furent-ils toujours accueillis des orthodoxes avec un dédain profond et un défaut de compréhension que nous retrouvons

Page 1