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ramassait ce qu’il rencontrait, ne parlait plus et était tombé
d’ailleurs dans un état de démence complète. Depuis assez long-
temps, mon attention ayant été attirée sur ce point, j'ai pu
réunir moi-même un certain nombre d'observations qui s’accordent à montrer l'existence du caractère irritable et violent dans les lésions des lobes frontaux. » (J. Soury, Les Fonct. du cerveau.) DUT ALI be ue TS RE CE
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Qu'allons-nous tirer de tout ce chapitre ? Quelles conclusions apporterons-nous ? Nous pourrions dire tout d’abord que la conscience suppose la sensation, et que, toutes les fois qu'il y a conscience, il y a sensations, élaboration de sensations ou bien remémoration de sensations.
Mais la conscience, comme l'ont définie les philosophes, c'est la connaissance du moi, l'observation, l'analyse de soi-même.
Comme la pensée, elle existe chez les animaux, mais à un degré moindre. Elle marche parallèlement avec le développement du cerveau, et c'est seulement chez l’homme, où l’élaboration beaucoup plus considérable de la pensée permet d’arriver à des connaissances élevées, que la conscience est réellement claire et s'affirme d'elle-même; elle varie selon les races, elle est éducable.
Avec des sensations plus ou moins anormales, avec des associations de sensations plus ou moins incoordonnées, dépendant peut-être d'une incoordination des centres d'association; avec une éducation mal comprise, avec le hasard des circonstances et des excitations tout à fait indépendantes de l’être, celui-ei (nous l’avons vu avec Taine) peut arriver à une conception tout à fait monstrueuse du moi.
« Mais, si l’évolution progressive de la conscience marche de
pair avec l’évolution progressive de l'intelligence; il ne faut pas cependänt confondre la conscience avec les autres phénomènes intellectuels, C’est une fonction tout à fait spéciale, une complication surajoutée au mécanisme psychique; ce n’est pas la psychologie tout entière. Nous pouvons considérer des mécanismes admirables, accomplissant des actions dont la finalité est profonde, et qui cependant sont dépourvus de conscience. Les évolutions des abeilles, qui se font probablement sans conscience sont d’un ordre psychique extrêmement élevé. Ce qui manque aux abeilles, c’est la connaissance du moi, et je ne saurais vraiment décider la question de savoir si c’est une réelle supériorité. On peut concevoir l'existence de puissantes intelligences avec une mémoire du m»04 très peu nette ; de même que la mémoire du moi très nette, avec des sensations vives et des efforts puissants, n’est pas toujours le signe d’une grande force intellectuelle, dans le sens vulgaire du mot. »(Ch. Richet, PsycA. générale, p. 120.)
Nous ajouterons que les expériences de Goltz sur les lobes antérieurs du cerveau des chiens, que les travaux de Flechsig sur ces mêmes parties du cerveau de l'homme, renforcés d’un, certain nombre d'observations fort curieuses, sembleraient prouver que ces centres — qui jouent un rôle d’inhibition psychique — sont dans un rapport assez sensible avec le phénomène de conscience tel que nous l’avons conçu.
Mais nous ne sommes pas d'accord avee M. Ch. Richet, disant « qu’il ne saurait vraiment décider la question de savoir si la connaissance du moi est une réelle supériorité. »
Pour nous, la connaissance du moi, claire, nette, bien coordonnée, est une élaboration psychique par excellence; elle fait que l’homme n’est pas un automate, qu’il s’analyse, qu’il peut arriver aux plus hautes conceptions de sa personnalité et s’observer pensant.
C’est la coordination nécessaire qui fait que la conscience humaine a évolué si lentement à travers les siècles. L’humanité, sans cesse renouvelée, recommence sans cesse l’éducation de
sa conscience; heureusement, elle peut transmettre par les livres les connaissances qui sont ses conquêtes et celles des siècles passés. Continuellement remises sur le chantier, toujours élaborées de nouveau, ces connaissances arrivent à une coordination que les cerveaux sainement coordonnés acceptent comme étant en harmonie avec leurs pensées et sont admises alors comme des vérités.
Mais avant d'atteindre la Vérité, que d'incoordinations ! Ce n’était pas sans difficulté que l’esclave dont parle Taine arrivait au terme qui lui était assigné. Ce n’est qu'après mille erreurs corrigées par ses éducateurs qu’un jeune Cerveau arrive à la solution coordonnée d’un problème.
Que de milliers de siècles ne faudra-t-il pas encore pour que toutes les connaissances humaines soient sainement coordonnées, et, si jamais luit la Vérité idéale, ou du moins une parcelle de cette Vérité idéale, combien n’y aura-t-il pas encore sur la terre de cerveaux humains incapables de l’entrevoir ?
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