LES QUATRE SA1S0XS
qu'aucun souffle n'agite, sont immobiles, le lac ou le courant reflètent avec la fidélité d'une glace, leurs troncs grossis et leur membrure démesurée.
La lune éclaire ce tableau, les étoiles comme des clous d'or attachés sur l'azur sombre accomplissent leurs évolutions et lesnymphes, les yeux bleus grands ouverts, les lèvres rouges dessinant un sourire, regardent, écoutent, comme si au moindre bruit elles devaient s'enfoncer et disparaître pour échapper aux regards des humains.
Et les iées, nos artistes savent dans leur imagination fertile trouver un paysage ou ces êtres — enfants de rêveries poétiques — sont admirablement placés. La fée verte glisse au-dessus des prairies et ses pieds diaphanes ne font môme point pencher les herbes qu'ils semblent pourtant toucher.
Nous citerons les sorcières, les unes d'une laideur repoussante, les autres d'une grande beauté, avec leur cortège de chats au poil hérissé, et les farfadets, les esprits follets qui ont fourni et fournissent aux ar-
tistes des moyens multiples de mettre en relief leur talent.
Le campagnard de passage à Paris, visitant le Salon s'arrête devant ces tableaux variés qui lui rappellent son pays. Il est étonné de la ressemblance, du fini des détails.
Les fleurs éclatantes des pommiers brillent de leurs vraies couleurs ; les poiriers disparaissent comme enveloppés d'un voile blanc d'une transparence merveilleuse, cette enveloppe fleurie cache le feuillage vert et les branches à l'écorce rugueuse. Sur un tas de pierres, au bord d'une vigne, a poussé un superbe églantier qui lance dans tous les sens ses longs et vigoureux rameaux chargés de roses que le moindre vent effeuille.
Plus loin, sur ce même remblai de cailloux, c'est un buisson d'aubépine. Ses petites fleurs pressées les unes contre les autres forment sur toute la longueur des branches des bouquets blancs aux tons rosés.
Les larges grappes des lilas, se détachent bleues,