‹ Les dîners du baron d'HolbachChapitre 30 sur 37 · LE CHEVALIER DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE BOUFFLERS

Ils sont en effet pleins de verve , de sel et d'esprit.

LE DUC

Et l'auieur joint au talent de poète celui d'écrire en prose avec autant de mesure que de force et de raison.

MADAME DU DEFFAJNT.

Ses estimables productions n'en seront pas moins oubliées dans six mois ; les Encyclopédistes ont un talent merveilleux pour étouffer les réputations qui leur déplaisent, et les ouvrages qui les critiquent.

pag. 121 , dit à Voltaire : « Vous ignorez sans doute qu'un » polisson nomreé Clément, va de porte en porte, lisant une j» mauvaise satire contre vous ; on ajoute que la plupart de i) vos amis y sont maltraités; il s'introduit sur le poing de » l'abbé Mably , son protecteur, etc. »

Ce polisson étoit un écrivaia d'un très-grand talent, qui fit d'excellentes satires en vers contre la philosophie moderne , et qui nous a laissé , en outre , dix volumes de Lettres ciitiques qui ont acquis un double intérêt, j-ar les événemens que nous avons vus se succéder depuis.

LK CnEVALICR.

Leurs moyens ne sont pas délicats ; car les plus efficaces consistent à soutenir que leurs adversaires sont des sots , et à leur prodiguer les agréables épithètes dépolissons, dénerguniè' nés y de Jripons , de coquins , de cuistres , de boucs , etc. , etc.

LE MA.RÉCHA.L.

Il y a une telle finesse dans ces sarcasmes , qu'il n'est pas étonnant qu'on en soit séduit.

LA MARÉCHALE DE LUXEMBOURG , au maréchal de Richelieu.

Vous devriez , M. le maréchal , protéger ce genre d'écrire , si rempli d'urbanité ; car dans les disputes , c'est surtout celui de votre ami Voltaire.

LE 3IARÉCHAL.

Je vous assure , Madame , que malgré toutes les cajoleries de mon ami T^oltaire, je lui ai dit cent fois les vérités les plus dures ; d'abord , sur ses mensonges historiques, notamment sur son obstination à soutenir* que le testament du cardinal de Richelieu est une pièce supposée lorsqu'il sait par moi que nous possédons l'original de ce fameux écrit; et enfin , sur l'esprit séditieux de sa secte, je lui écrivois encore ces jours passés : « La nouvelle philosophie amènera

H une révolution terrible , si on ne la prévient » pas (a). »

Ainsi, Madame la Maréchale, je suis beaucoup plus sévère pour mon ami Voltaire que vous ne Fêtes pour votre ami Rousseau , qui , certainement, n'est pas le moins séditieux des philosophes.

Il n'en est pas du moins le plus impie et le plus licencieux; mais , d'ailleurs, ma liaison avec lui est rompue; je suis forcée de vous avouer que mon ami Rousseau est aussi ingrat qu'il est inconséquent.

LE MARÉCHAL DE BIRON

Eh bien. Madame, j'en suis charmé; car je ne concevrai jamais que des personnes attachées à la Religion et au gouvernement puissent accorder leur protection et leur amitié à de tels personnages.

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