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Discours prononcé en réponse à L'Hon. Brodeur sur l'élection de Drumond-Arthabaska

M. P. E- BLONDIN (Cham- mond-Arthabaska à cause de plain) : Monsieur l'Orateur, en cette fichue loi du service naval, jptenant la parole en anglais, je je suis fort aise que mes home sens obligé de réclamer vo- norables amis de la droite, se tre indulgence. Je n'aurais pas fondant sur les comptes rendus IBU une telle hardiesse si mon des journaux, aient cherché à plus ardent désir n'était de me me faire passer pour avoir dit faire comprendre par tous les que les Canadiens français font membres de la Chambre. En dé- fi de l'opinion des autres propit de tout ce que les journaux vinces sur cette question de la ont publié, en dépit de toutes marine de guerre. Ce n'est pas les assertions contraires que précisément ce que j'ai dit, mais l'on a faites en cette Chambre, je me suis exprimé dans ce sens, {j'affirme ici, de mon siège de et voici comment c'est arrivé. député, j'affirme en présence de Nos adversaires, cherchaient à tnes compatriote» que penda prendre les citoyens de Drumloute la durée de la campagne mond-Arthabaska par la peur électorale dans Drummond-Ar- dans le but de les empêcher de €fiabaska, nous qui avons eo< se prononcer librement sur cetbattu le candidat ministériel, te question, leur disant que s'ils nous sommes restés fidèles à agissaient de la sorte, les autres notre roi, à notre pays et aux provinces useraient de represailprfncîpes que nous croyons vé- les à leur égard. On voulait ritablement être ceux du parti faire croire aux électeurs de conservateur. ( Protestations >, Drummond-Arthabaska que les

Je dois dire tout de suite, provinces anglaises sont peumonsieur l'Orateur, que je ne plees de fanatiques et ^ de ^ gens m'attribue ni mérite ni déméri- a l'esprit étroit. C est pour ce- £ fcSKtat de^ l'élection de la que j'ai dit à mes compatrio- ^mS-lrthabaska, car a- tes de ne pas craindre les provint mime que je me rendisse vinces anglaises, dans cette division électorale, Certains de nos honorables aavant mime qu'aucun de mes mis de la droite ont dit a la poamis s'y rendît, les électeurs a- pulation de Drummond-Arthavaient résolu de voter -contre baska que c'est à la Grande-Brela loi du service naval. J'ai tagne que nous sommes redevamoi-même entendu certains or- blés de tout ce que nous sotn- «ranisateurs et des amis des dé- mes et de tout ce que nous aputés ministériels dire que les vous, et moi, suivant en ce** choses allaient mal dans Drum- l'exemple de sir Charles Tup-

per, de sir Richard Cartwright fait de cette circonstance. Je et de nombre de membres de n'entends pas faire perdre le cette Chambre qui siègent à vo- temps de la Chambre en faisant tre droite, monsieur l'Orateur, des citations ; qu'il me soit j'ai répondu que ce n'était pas -néanmoins permis de citer, à vrai. titre d'échantillon de comptes

Les journaux ne sont pas seuls rendus de journaux, un extrait à se tromper; l'honorable mi- de F "Kvening Recorder", d<* nistre (M. Brodeur) qui vient Brockville, journal que je croi de reprendre sa place a lui-mê- être l'organe de Tun des minis me commis une inexactitude en très.. Voici ce qu'on lisait dan parlant de certaine caricature son numéro du 19 novembre : que, à l'entendre, l'on aurait "On portait beaucoup d'intérépan'due dans Drummond-Ar- rêt à la cérémonie d'hier, car le thabaska. Il a dit à ce propos: nouveau député d'Arthabaska

"Les Nationalistes ont dis-1 devait y assister. Ce Nationatribué aussi des gravures dans liste arriva, et il est d'usage de le *>omté. J'en tiens ur» à la saluer l'entrée d'un nouveau démain. Naturellement, pour eux, pu té par de vigoureux applaule drapeau anglais n'est rien, dissements ; mais l'accueil si- Peu importe qu'on le piétine, lencieux qu'on lui fit n'eût d'é- Cette petite caricature cepen- gai que celui qu'eût M. Monk dant montre quel esprit anime quand il prit son siège." le parti conservateiir ée la pro- Le ministre de la Marine et vince de Québec. E*le représen- des Pêcherires prétend que la ca te Baptiste fumant sa pipe riîcature dont je viens de parler tranquillement et tenant l'TI- a, de même qu'une autre, été rénion Jack à deux mains. Der- pandue dans le comté de Drunai» rière lui est l'Anglais John mond-Arthabaska au cours Î6 Bull. Baptiste - a enlevé son ha- la campagne électorale. Il £ bit et l'a accroché à un arbre et trompe encore. Qu'il se répond? l'Anglais lui dit : ^'Tiens le au journal où il l'a découpée, il drapeau Baptiste, et pendant ce trois, jours après l'élection, temps, je vais avoir soin de ton constatera qu'elle fut publiée habit" . Qu'on me permette de citer nn

Cette caricature et la légende extrait d'un discours prononcé qui l'accompagne n'ont jamais par le ministre de la Marine, luiété imaginées par les nationa- même, en 1896, lorsqu'il a voté listes: c'est une création de contre le budget de la milice. l' honorable ministre lui-même Que disait-il de l'Angleterre et non du "Nationaliste". Elle dans cette circonstance ? Voici:, est reproduite du "Canada", et "J'ai toujours entendu dire le journal que le ministre tenait que, si, par impossible, nous aà la main portait une msorip- vions une guerre au Canada, tion qui devait le metft^e au nous amrions le droit de comp-

ter sur la protection de l'An-, La première raison pour lagleterre, que la seule raison du quelle nous avons combattu la maintien du lien colonial était loi du service naval dans Drumjque, dans le cas où nous au- mond-Arthabaska, c'est qu'elle lions des difficultés internatio- constitue un danger pour les rénales, nous pouvions compter, lations qui existent entre la avec certitude, sur l'appui de Grande-Bretagne et le Canada, l'Angleterre et j'ai déclaré partout que nous

"Eh bien! monsieur fe prési- étions prêts à sacrifier notre fient, je regrette d'apprendre vie pour la défense de notre paque dans le cas actuel le Gou- trie et le maintien de la suprévernement a acheté ces fusils de matie britannique. l'Angleterre, non pas d'un par- Je ne traiterai pas ce su- et ticulier, non pas d'une compa- plus longtemps. Tout ce que je gnie 'particulière, mais qu'il a désirais faire, c'était dexpliacheté ces armes du gouverne- quer mon attitude et, avant de ment anglais, ^ qife ce gouver- reprendre mon siège, je désire Bernent nous lemandc de lui en protester au nom des électeurs rembourser le montant. Est-ce de Drummond-Arthabaska et de là la protection promise par toute la province de Québec conl' Angleterre au Canada ? Est-ce tre la conduite des membres de ta la position qr: n-*us est faite la droite qui veulent faire croicomme colonie ? Je 'crois que re à la Chambre et au pays que nous aurions raison de nous at- la population de Québec est intendre à toute autre chose de capable de juger une question la part de l'Angleterre.". impartialement, mais se laisse

Pendant la lutte électorale de aisément .influencer par les cris Drummond-Arthabaska., les dé- de race et les préjugés. En députés de la droite ont répété pit des cris de race, la Provr1 leurs anciens discours sur la de Québec a donné son appui à question Riel et la question â feu sir John Macdonald durant écoles du Manitoba, discours dix-kuit années et, le moment dans lesquels ils faisaient ap- venu, la population de Québec pel aux préjugés nationaux. Ils prouvera au pays qu'elle peut ont été élevés à' cette décider les questions publiques

dans ma province, depuis qu'ils sans tenir compte de sa natiosont au pouvoir, ils ont tenté nalité et donner son appui à un d'exploiter de leur mieux le cri Anglais aussi bien qu'à un Cade race.ï nadien-Français.

Discours de M. P. E.BIondin sur la défense navale du Canada

M. P. E. BIvONDIN ( Chatu- précédé, ni rechercher jusqu'à -plain) (texte) : Monsieur l'O quel point l'effort oratoire remrateur, je me permettrai de fé place la logique et parfois la l'.citer tout simplement Thono- vérité, dans leurs discours ; rable député de Chambly-\>r mais VOus me permettrez, monchères (M. Geoffaion ) , de son sieur l'Orateur, de dire que l'armagnifique oratoire, mais je ne gumentation de mon honorable crois pas devoir le suivre d,xiis ami de Jacques-Cartier est enle dédale plus ou moins dbscur Core intacte malgré ses assauts -de son argumentation. Il ne plus brillants et astucieux que s'est pas même efforcé de nous sérieux et convainquants, prouver qu'il était autorisé de So,n discours domine encore de décider l'importante ques- ce débat, plutôt obscurci, de tion qui est devant cette Cham- tout€ la hauteur lumineuse du bre par son souverain, qui est principe qui ra iîispire ., ^ n le peuple, ou qu'il a reçu un estera, comme on l'a déjà dit : mandat à cet effet. *<une page d'histoir* vrai«t un

Malgré le regret que j'en éprou monument de logique et de -ve, > me sens obligé de proies- bon sens", dans nos annales ter hautement à la fois contre parlementaires, la politique du .gouvernement et 0n a beaucoup parlé jusqu'ici, contre celle de mon propre par- des dangers de toutes sortes, qui ti, sur cette question de la créa- a mon sens, menacent bien plus tion d'une marine Canado-Im- les rives lointaines de l'imagipériale, ou d'une contribution nati,0n que celles de notre paen argent. trie ; mais on a peu ou point

Bt en me levant pour appuyer parlé du grand danger, du seul l'amendement proposé par l'ho- vraiment évident et vraiment norable député de Jacques-Car- imminent qui menace le plus lier ( M. Monk ) , par lequel il cher et le plus sacré de nos demande un appel au peuple droits : celui du gouvernement préalablement à aucune décision de ce pa^s par le peuple et non en cette matière, j'ai la pleine par des ministres autocrates, conscience de n'obéir qu'à la celui du gouvernement de ce stricte dictée de mon respect pays par le peuple et non par pour le peuple et les institu- cent quarante députés sans mantions de ce pays, comme l'hono- dat et sans autorisation. Car, rable député l'a fait lui-même. c'est sans mandat de lui, *sans

Je ne vaux pas douter de la sa connaissance et sans son consincérité des odeurs qui m'ont sentement que ces honorables

messieurs proposent et sanc- l'a dit, quelques germes impertionnent cette mesure extraor- ceptibles de la politique actueldinaire qui, de l'aveu de tous, le, pour peu qu'il ait été comdépasse en importance et en con- muniqué aux électeurs, à la séquences formidables les plus masse du peuple, y a été interangoissants problèmes qui aient prêté comme contenant le refus jamais émuce pays. Et, je de- absolu du Canada d'entrer dans mande à ces messieurs quand le la politique impériale, et compeuple, qui est après tout le me rien autre chose ; et voilà seul maître, le seul souverain de tout ce que le peuple de ce pays ce pays, (car en terre britanni- en a jamais connu. Et qui peut que, le roi lui-même n'est que me contredire ici, si j'affirme le représentant suprême de la que jamais ce gouvernement, ni volonté nationale), je demande l'honorable premier ministre, ni dis- je, à ces messieurs de la aucun de ses partisans, n'ont droite, quand le peuple leu* a-t- jamais rien fait jusqu'à présent il donné mandat de mettre une pour changer ou détruire cette telle politique à exécution ? croyance populaire ?

A quoi sert d'invoquer la ré- Jamais non plus ils ne lui ont solution du 29 mars 1909, qui dit un seul mot de la politique n'a pas plus lié les membres de qu'ils nous soumettent au jourcet te Chambre que les mille et d'hui.

une autres résolutions adoptées Quelques honorables ministres comme celle-ci, à l'unanimité, et sont venus dans moai comté, qui reposent maintenant et pour lors des dernières élections ; ils toujours dans le large cimetière ont gardé le silence le plus endu «gouvernement où elles n'en- tier sur cette question, tendront jamais la trompette Et je resste encore dans les de la résurrection ? bornes de la vérité, et de la

Et en admettant que cette ré- modération si je dis que c'est solution ait pi) nous lier, par plutôfTout le contraire de la quelle magie de la logique, peut- politique actuelle qu'ils ont on prétendre qu'elle puisse lier ^rêch~ lors des dernières élecle peuple qui n'y a pas pris tiens et depuis l' origine de cetpart, qui ne s'y est pas engagé, te question, et je n'en veux ciet qui ne l'a pas autorisée ? Et ter qu'une preuve entre mille, le rapport des différentes Confé- Voici ce que disait "le Canada'* renées Impériales, dont on in- du 5 Octobre 1903, dans un arvoque la longue publicité, four- ticle intitulé "Participation Minit-il un argument plus sérieux litaire":

et plus justifiable que le pre- "Il suffirait de quelques exalmier. pour refuser un appel au tés, passant une résolution et peuple ? demandant l'intervention, pour

Ce rapport, qui peut contenir, que l'Angleterre prenne le Camais infiniment moins qu'on ne nada au mot et lui dise : C'est

"bon, envoyez vos soldats et vos peut-être de ces prévisions cornvaisseaux.. Et nos braves Ca- me de celles du Transcontinennadiens seraient obligés d'aller tal, et qu'il pourra s'ensuivre se battre pour les beaux yeux des dépenses beaucoup plus •de la Macédoine et pour la gran- lourdes", — si nous tenons comp de joie de bachi-bouzouczs.Tan- te des détails nouveaux que chadis qu'en v restant comme nous que jour nous apporte, toujours sommes, personne ne peut nous de plus en plus considérables, demander de marcher. Que ceux comme par exemple de cette qui passent des résolutions y évaluation de l'amiral Kingsaillent si cela leur plaît, mais mill, que l'Honorable Ministre les Canayens ne marchent pas. de la Milice paraissait si ef- Ah oui, conservons longtemps frayé de nous communiquer, le ''statu quo", c'est notre sa- l'autre jour, nous devons, sans tut. Maintenons fermement effort d'imagination, porter cet-

pouvoir sir Wilfrid Laurier qui te dépense initiale à vingt-cinq a donné au peuple canadien l'as- millions, plutôt qu'à quinze surance de ne pas laisser en- millions.

traîner notre pays dans le tour- Et ce n'est là qu'une partie billon militaire, ni dans les de la vérité ; car ces honorables querelles d' autrui. Nous som- membres se sont bien gardés mes bien, restons comme nous d'écarter devant les yeux du -sommes." public le voile qui lui dérobe en-

Mais pour éviter ce point core les obligations de l'avenir, qu'ils ne peuvent nier, nos hono- ce gou fre du militarisme dont râbles collègues ont eu recours l' honorable premier ministre depuis le commencement de. ce nous parlait autrefois d'une madébat, à leur tactique habituelle nière si éloquente, et que l'exde taire leurs faiblesses et leurs périenoe des vieilles nations péchés ; ils n'en ont point par- nous montre d'une manière si lé. Et pour échapper aux consé- claire, si précise et si inquiéquences rigoureuses de ce fait tante.

évident, ils se sont efforcés de Ils n'ont pas dit, non plus, diminuer en apparence, aux à leurs électeurs, qu'une fois yeux du public, l'énormité de lancé dans la voie des armel'entreprise dans laquelle ils ments, un peuple doit augmenvont nous jeter, et de réduire ter et toujours augmenter ses aux proportions d'une bagatel- armées, multiplier et toujours le les sommes fabuleuses qu'elle multiplier ses navires de guerva nous coûter. re. Mais l'exemple de notre

Ils ont dû admettre, cepen- propre milice, dont le budget dant, que la première dépense annuel a augmenté de six mil- -9era de quinze millions au lions en quelques années, est moins. Et>§i nous tenons comp- suffisant à nous rendre soupte de cet important aveu du çonneux du silence de ces mes- ^remier ministre ITquMl en sera sieurs, et défiants de leur opti-

misme. Mais ils vont plus loin viction domine tellement l'esencore, dans leur tentative d'en- prit de nos honorables collègues dormir l'opinion publique, et que l'aveu en déborde de tous depuis le commencement de ce leurs discours, il s' échappe par débat ils se sont efforcés de toutes les nombreuses fissures laisser entendre que cette loi de leur argumentation, nouvelle et inouïe découle natu- Monsieur l'Orateur, j'avoue Tellement de nos statuts, et sincèrement que je ne puis cornqu'elle n'est que le développe- prendre l'efficacité de la convoment de notre loi actuelle de la cation du Parlement après le milice. départ de notre flotte, poux ex-

L/ article 69 de cette dernière primer après coup son approbaloi décrète expressément que le tion ou sa désapprobation... ÏÇty Gouverneur en Conseil ne pour- *e ne puis voir dans cette dispo- ! ra mettre notre milice actif sur sition qu'un dernier subterfuge les frontières ou au-delà, que pour cacher 'grossièrement aux pour la défense du Canada. Mal- yeux du peuple le coup funeste gré les affirmations contraires, que l'on porte à son droit absoje persiste à dire que cette dis- lu jusqu'ici de contrôler les deposition ne justifie pas les con- niers publics que l'on engage clusions que ces honorables ici, en ce moment même, d'amessieurs, à savoir que le Cana- vance e£ sans son consentement'; da est tenu de partager toutes un dernier subterfuge pour cales guerres de l'empire, mais cher à peine et de la manière la qu'il en résulte plutôt que le plus méprisante l'atteinte hu- Canada n'est tenu qu'à ses pro- miliante dont on blesse à japres guerres, et qu'il n'est en mais la conscience nationale, en guerre que lorsqu'il est attaqué, imposant à tout un pays une

C'est ainsi que l'a toujours guerre qu'il n'aura ni déclarée, interprété le peuple de ce pays ; ni désirée, et qu'il réprouvera et la loi qu'on nous propose en peut-être, est une qu'il ignore, qui est con- Voilà, monsieur l' Orateur, autraire à ses croyances politi- tant de choses nouvelles que le ques, et sur laquelle il nva Ja- peuple, après tout, a le droit mais été consulté. de connaître et d'apprécier a-

Mais le peuple, aux yeux de vaut d'y être lié à ;'amais. Ci ces honorables messieurs de la sont là autant de considérations droite, le peuple, ils l'ont assez nouvelles qui justifient amplerépété, ils l'ont assez laissé ment l' amendement de l'honoentendre, le peuple, pour eux, rable député de Jacques-Cartier, est un grand enfant en tutel- et qui feront de cette loi, si elle le, qu'il ne faut pas consulter est adoptée ainsi, non seulement sur ces graves questions, par un abus de mandat, mais un atcrainte de son fanatisme et de tentât à la liberté populaire et ses passions juvéniles. Cette con aux institutions de ce pays.

Mais t'e ne veux pas reprendre de fanatisme et de parti que lui mon siège sans déclarer à ce et ses honorables amis semblent Gouvernement que je suis prêt tant redouter chez notre peuà subir les conséquences extrê- pie.

mes de mes convictions, afin de Monsieur l'Orateur, je me suis décharger entièrement ma res- joint de tout cœur à l'honoraponsabilité du forfait qu'il va ble député de Ste-Anne (M.Docommettre ; et puisqu'il (refuse herty ) , lorsqu'il félicitait Thol' appel au peuple que nous lui norable premier ministre de son demandons, avec les , milliers de prompt v retour à la santé. J'en signataires des requêtes que étais particulièrement heureux, nous lui avons présentées, je mais je suis certain que l'honosuis prêt, monsieur l'Orateur, à rable député n'a pas dit là touremettre immédiatement ma dé- te sa pensée et a tû le meilleur mission entre vos mains, si de son âme. Il aurait voulu ra- T honorable ministre des Postes, jeunir l'honorable premier mi- (M., L,emieux), qui s'est fait nistre. Nous voudrions tous le le défenseur de cette politique rajeunir, espérant qu'avec ses dans ma province, veut faire de brillantes années de jeunesse il même et venir subir avec moi retrouverait ses convictions les risques 'd'une élection dans d'autrefois, et qu'au lieu de déle comté de Champlain, où il fendre ce bill devant la Chamtrouvera, j'en suis sûir,, une po- bre, il le combattrait à nos copulation au-dessus de l'esprit tés.

Incident BIondin-Brodeur ou le député de

Champlain réussit à lire au Ministre un

article du "Devoir" intitulé L'Hon. L

P. Brodeur. Menteur public !

M. P. E. BIvONDIN ( Cham- alors ? J'aurais retiré .mes acplain ) ( texte ) : Monsieur le cusations, et il aurait évité cet- Président, je ne dirai qu'un mot te enquête.

car à cette heure avancée de la M,ais, monsieur le Président,

nuit, je ne veux pas que mes ad- cette affirmation du Ministre

versaires ajoutent au prétendu est ,tout simpiement une balour-

crime dont ils m'accusent, celui dise et une supercherie. La preu-

de prolonger davantage ce dé- ve a requête a démontrée que,"

bat. Je regrette que le très Ho- miême si le ministre avait vou-

norable Premier Ministre ne 1Uj de bonne foij et avec moij

soit pas à son siège, car je dé- faire une enquête privée, il n'au-

sirerais lui poser une question ralt rien trouvé, car tout lui

directe à laquelle il a seul auto- aVajt eté soigneusement caché,

rite pour répondre ; et ;e ne puis et les livres q,u,e n,ous ,aurfons

retenir l'expression de #ion é- examinés ne lui auraient rien

tonnement de l'indifférence que dit,, car ils étaient falsifiés. Et

le très honorable monsieur té- j,e d'éf>i€ le m,i.nistre de me oon-

moigne à ce débat, et je me de- tredire quand j'affirme qu'à

mande si un regret tardif ne l'heure actuelle il lui est encore

l'aurait pas enfin atteint et ins- impossible de faire une enquête,

pire de ne pas participer à la Car les documents sont détruits

comédie criminelle qui se Joue et ies livres falsifiés.

ici. L'honorable ministre de la Je comprends qu'il ne m*ap-

Marine et des Pêcheries a l'au- partient pas de discuter la preu-

dace d'insinuer que j'aurais dû ve> les faits ou Ie rappor,t du

m'adresser- à lui pour m'infor- Comité dans cette cause où je

mer avant de portjer les accu- Sllis partie intéressée, mais 'e

sations. tiens à protester de toutes mes

A lui, je n'ai qu'une réponse forces contre cette partie du

bien courte à donner. Il était rapport de la majorité qui m'at-

en Chambre quand j'ai porté taque personnellement, et qui

mes accusations. Puisqu'il avait tente de me faire jouer le rôle

en main, comme il le prétend, du coupable en cette enquête,

la preuve de la justification du lva mentalité politique des

député de Richelieu, pourquoi honorables membres du Gou-

ne s'est-il pas' levé de son stege, vernement, leur aveuglement

et que ne me "les a-t-il données partisan et haineux, les . a em-

péchés de réaliser, par leurs pro- avant le ridicule^ effort de cette près forces intellectuelles,, la nuit, a condamné sévèrement le. stupidité de l'action qu'ils corn- député, le ministère et les mémettent en m1 accusant — mais thodes que j'ai dénoncées. Que l'opinion publique, exprimée les honorables membres de la par la voix de tous les journaux - > ♦• éprennent bien que la. de ce pays, indifféremment aux présente question les dépasse distinctions de partis et parti- tous, du plus petit jusqu'au culièrement les journaux libé- plus grand ; elle comporte îe raux eux-mêmes, et des plus plus grand de nos principes pargrands, des plus lus et des plus leinentaires,, celui de l'intégrité influents de leur parti— a enfin du Parlement et de l'honneur rappelé les honorables mes- de ïa nation.

sieurs aux lois de la convenance C'est à cette hauteur que se et leur a fermé la bouche sur trouve la véritable portée de ce cette honteuse partie de' leur débat, et pas une ligne plus, rapport. , ^as. .

Ce soir, pas un d'eux n*a ose Que ceux qui m entendent et commenter cette partie de leur qui me regardent en face, des rapport ; ils se sont tus, parce banquettes ministérielles, écouqu'ils en ont tous eu honte, et tent bien ceci : j'ai pour Monquils ont entendu le pays tout sieur Iyanctôt. toute la sympaentier les conspuer, et eux qui, thie et toute la déférence qu'un hier, parlaient de m'expulser et honorable membre de cette de me lyncher n'ont plus un Chambre doit à un confrère ; mot pour me condamner, et res- j'ai, pour tous ceux qui siègent tent les lèvres stupidement clo- en ïace comme à côtfc de moi, ses devant l'expression du mé- tout le respect qui leur est dû, pris que je leur jette de mon mais qu'ils sachent bien une «Ame chose, c'est que quand cette

Ives partisans du Gouverne- sympathie viendra en conflit mont ont combiné tous leurs ef- avec mon devoir, je n'hésiterai forts leur éloquence et leur pas un instant à la sacrifier et subtilité à détourner la vérita. à la fouler aux pieds ; c'est que ble signification de la présente quand l'intérêt public, la moraenquête, en s' apitoyant sur le lité et ma conscience seront ensort du' député de Richelieu, et tre eux et moi, qu'ils se le en rétrécissant tout ce débat à tiennent pour dit, ;e leur passela mesquine mesure d'une ques- rai sur,le corps, et je n'aurai tion de piastres et de centins. aucun égard pour eux. Mais ils ne tromperont pas Et qu'ils me permettent de le l'honnête bon sens du peuple de répéter, il ne s'agît pas ici de ce pavs ; ils ne tromperont pas M. Lanctôt, du parti libéral ou la pure et limpide clairvoyance de qui que ce soit dans cette de oe bon ;uge intègre, qui, «bien Chambre, mais bien seulement

*de la bonne administration des entend faire répéter demain affaires publiques et de Thon- dans toutes les demeures et à neur de la nation, tous les foyers du pays, qu'il

Un honorable député crimina- est permis à tous de détourner liste de Montréal, le député de les biens et l'argent de l'Etat Montcalm (M. Lafortune) a à leur profit, et s'il est prêt à voulu faire du pathétique au couvrir de son manteau auguste milieu des balourdises de son de premier ministre de ce pays grotesque discours ; il m'a lan- tous ces malversateurs, pourvu -eé des malédictions, des sou- qu'ils remboursent plus tard ce haits de malheur... il m'a jeté qu'un jour ils auront volé ? des sorts! ! ! ... et m'a demandé M. P. E. BLONDIN ( Chamcompte des xarmes que j'avais plain): Monsieur rOrateur,c'était verser. Il a cviblié pour un tait mon intefntion de demander moment, et contre sa coutume, la parole sur la question que le ministère qu'il remplit. Lui, l'honorable ministre ( M. Broqui est chaque jour devant les deur) vient de traiter. Je voutribunaux criminels, représen- lais rappeler à la Chambre que tant la Couronne, et deman- j'ai nié avoir prononcé les parodant le châtiment des coupa- les que le ministre m'a prêtées ~bles, que me répondrait-il si je et dont il prétendait avoir puilui demandais compte des lar- se le compte rendu dans le "DEmes qu'il fait verser chaque VOIR, et que ce journal affirme iour lui qui réclame sans oesse n'avoir pas publié le compte des châtiments, et des supplices rendu en question, et même la mort. ' Je serais bien aise d'entendre

Il est dans la même position le ministre dire à ,a Chambre caie moi, et en portant les accu- où il a pris les extraits sur lessations que j'ai portées, je n'ai quels il base l'accusation de défait que rempHr ici le sévère loyauté qu'il porte contre moi ministère qu'il remplit là-bas. devant cette Chambre. Ces Maintenant, je sais que le très comptes rendus ont été emprunhonorable premier ministre se- tés à l'un des journaux libéra ici dans un instant, et qu'il raux, soit au "Soleil" ou à la votera pour la motion de blan- "Vi^.e".

chissage du député de Richelieu. L'hon. M. BRODEUR: ï/ho- Je lui demande de vouloir bien norable député ( M. Blondin ) dire au pays si, en votant ain- ne niera pas, je suppose, que cesi il entend ratifier cil tous ci est un extrait d'un article

points la conduite du député de publié dans le DEVOIR

Richelieu, et s'il veut faire sa- Quelques VOIX: Asseyez-vous voir demain, aux milliers d'em- L'hon. M. BRODEUR : Je poployés publics, aux députés, aux se simplement la question et je hommes publics qui demain li- me demande pourquoi on m'inront le résultat de ce débat, s' il terrompt ainsi, vu surtout ;que

représentant de Champlain Champlain qu il citait avaient ne soulève pas d'objections. Il été rapportées dans le Devoir ne niera pas, je suppose, qne le II s'agit de savoir, il me sem- LsS suivant se trouvait ble, si ces paroles sont emprunts le DEVOIR qui lui attri- tées «^f""^ compris fes Ï£SL le peuple en qu'on critiquait un article du autant le drapeau anglais, et "Devoir". Assurément, la Cham ^f ajoutant que nous devons bre doit savoir ce qu'est cet arcontribuer toujours et partout ticle , ^

à la défense de cet enuemi de L'hon.M.BRODEUR. M. 1 W... ni libertés constitutionnelles ; M. l'ORATEUR: I* question mais on ne nous fera pas oublier de règlement, a ete posée et les Z SnÎ837 il a été nécessaire de honorables députés doivent s'en gercer des trous dans ce dr a- tenir à cette q«staon £eau afin de pouvoir respirer L'hon. M. BRODEUR . J ai Hr de U liberté". cité trois extraits que j'ai • at-

M BLONDIN • Voilà précisé- tribués à l'honorable députe ment où l'honorable ministre a (M Blondin) „ tort Ce compte rendu contient 1/hon. M. >OSTER. Ce n est des paroles que j'ai proférées, pas traiter la question de remais aussi d'autres dont je ne &«***. g. ^ sais •••amais servi, de sorte que L'ho„- M. BRODEUR. Si 1 ho

r^nrtsrriïespT- -tss^i-

S passage et de m'en rappor- prends bien, le ministre parle £r au jugement delà Cham- d'un article -t le représentant w T 'article qui a pour titre de Champlain d'un autre. C est »m' ÏP Brodeur," accuse le l'appel au règlement que je deministre 'd'avoir trompé la sire entendre discuter^ Chambre J'ignore si .l'ai l'ha- L'hon. M. BRODEUR, c est Ml^ ™ulue pour le traduire. afin de le discuter que j'ai pris

SV wTlFRiT LAURIER: A la parole. L'article publie dans

bir vvii^r ..Devoir" est tout a fait blés-

1 ordre ! ...

™ t i rk-D A TT^TTR • On »oulè- sant et injurieux.

M. L 0RA^Ra,0"dre et je I/hoa. M. FOSTER : Je ï*e-

"lions,, si je m'en éloigne être contredite au dehors ni

L'hon. M. FOSTER: Auriez- même pair les députés... vous la bonté, monsieur l'Or a- Une VOIX: C'est le même arteur, de dire ^ en quoi consiste ticlel Tappel au règlement ? M. BLONDIN: Je désire lire

L'hon. M. BRODEUR: Je ne le même article afin d'expliquer sais pourquoi l'honorable député les faits à la Chambre et de lui ne me permet pas d'exposer la permettre de se prononcer entre question de règlement le ministre et moi. Le ministre,

L'hon. M. FOSTER: L'hono- qui n'a pas retiré ses paroles — rable ministre n'expose pas la et c'est pour cela que j«, ne veux question de règlement. pas laisser toml ir Y incident—

L'hon. M. BRODEUR: Cet ar- m'a accusé d'avoir proféré des ticle m'accase d'avoir trompé paroles déloyales, et il a déclala Chambre... ré qu'il empruntait ces paroles

M. SPROUIvE: Si je saisis aux comptes rendus du "Devoir' bien, voici le différend : l'ho- cherchant à faire croire à la norable député se plaint qu'un Chambre qu'elles devaient avoir article qui ne rapporte pas fi- été fidèlement rapportées puisdèlement ses paroles est cité en qu'elles paraissaient dans un cette enceinte, et qu'on l'en journal publié par mes amis, tient responsable. Cette < déclaration n'est pas exac

Quelques VOIX: Pas du tout, te, monsieur l' Orateur r et je

M. SPROULE: Oui, et il ap- désire lire l'article, afin d'exporte cet article afin de ne pas pliquer...

laisser croire à la Chambre L'hon. M. BRODEUR: Ce que qu'il a tenu le langage qu'on je voulais dire... lui attribue et, dans ce but il Quelques VOIX : A l'ordre ! demande la permission de lire L'hon. M. BRODEUR: Voici l'article. A mon sens, on de- le passage que je désire lire: vrait lui permettre d'en donner "Le qualificatif est rai de ; la lecture afin de régler la ques- chose, hélas ! est pire encore, tion. "M. .Brodeur, .ministre de la

M. L'ORATEUR: "Si c'est le Marine et des Pêcheries, a cymême article dont le ministre nrquement menti, de son siège: de la Marine et des Pêcheries se à la Chambre des C: mmunes". plaint, on devrait, j'imagine, en M. l' ORATEUR : A l'ordre! permettre la lecture. Mais si je L'honorable député enfreint les: comprends bien, le représentant règles de la procédure parlemende Champlain désire lire un au- taire. Il ne lui est pas permis tre article. de lire un extrait d'un journal

M. BLONDIN: C'est le même, attaquant la véracité d'un mem-

M. l' ORATEUR: La déclara- bre de la Chambre, tdon d'un membre de la Cham- M. BLONDIN : Je n'entends bre doit être accer/te et ne peut pas rapporter ce qui se dit au

dehors. M. BLONDIN : Je suppose

M. 1 T ORATEUR : L'honora- que c'était dans la "Vigie", ble député comprend le règle- Sir Wilfrid LAURIER: Dans ment. La déclaration d'un mem- la "Vigie" ou dans le "Soleil", bre de la Chambre doit être ac- Alors le point soulevé par le ceptée... ministre de la Marine et des

M. BLONDIN : Je crois que Pêcheries est réglé.... les explications que le ministre M. R. L- BORDEN : En tant a données à la Chambre... que je comprenne, l' honorable

Quelques VOIX : Rétractez- ministre de la Marine et des Pêvous. chéries (M. Brodeur) s'est le-

M. BLONDIN : Je suis prêt vé" sur une question de privilège, à rétracter tout ce qui est dé- et cette question a été soulevée fendu par les règles de la procé- à propos d'un article qui a été dure 'parlementaire. J'ai coin- publié dans le "Devoir" samepris que le ministre de la Mari- di, ou peut-être hier. Je ne sais ne et des Pêcheries <a dit à la pas quelle est la date, et je ne Chambre que je n'ai pas fidèle- sais pas ce qu'il y ia dans l'artiment rapporté et que j'ai déna- oie. Eh bien ! le ministre ne lit turé les paroles attribuées au pas l'article à la Chambre. Il "Devoir". en donne le sens à la Chambre

L'hon, M. BRODEUR: Je et, Te caractérise comme un artin'-ai rien dit de semblable. cle qui est très inconvenant et

M. BLONDIN: Si le ministre beaucoup trop sévère. Mais il est prêt à retirer ce qu'il a dit, n'est pas la seule personne inje consens à faire des excuses si téressée dans la question. La j'ai enfreint le Tèglement. question était, au début, entre

M. T ORATEUR : Le règle- lui et un autre honorable memment s'applique au ministre t>re de cette Chambre — l'honoainsi qu'à l 'honorable député ; rable député de Champlain (M. le ministre; doit accepter la pa- Blondin ) . L'honorable ministre rôle de ce dernier. de la Marine et des Pêcheries a-

M. DOHERTY : Si j'ai bien vait accusé l' honorable' député saisi votre pensée, monsieur de Champlain d'avoir prononcé l'Orateur, vous avez décidé que certaines paroles inconvenantes, le représentant de Champlain a et il en avait cité comme preule droit de lire l' article... ve la publication de ces parohs

ble député de Champlain lit-il dans le "Devoir". Quand l'ho-

M. l' ORATEUR : L''honora- norable député ,de " Champlain précisément le même article...? nia la chose, le ministre dit :

M. BLOTSTDIN : C'est le même Oui, mais c'est votre organe. Il article" a essayé, si je comprends bien.

Sir Wiltaa LAURIER : Per- de jeter an discrédit sur la démettez-moi d'exposeT la ques- négation de l'honorable député tion... de Champlain parce qu'il a dit:

Ces choses ont été pujbliées dans cle.

votre propre organe. Très bien. Quelques VOIX : A l'ordre ! Maintenant, le ministre vient £'hon. M. BRODEUR : Eh. devant la Chambre et soulève bien ! c'est une règle qui, je une question de privilège. Il ne crois, mérite quelque considérasuit pas l'usage, généralement tion. Il se publie dans un grand adopté, de lire l'article à la nombre de journaux, contre des. Chambre. Mon honorable ami membres de cette Chlambre, des de Champlain croit qu'il a le articles du caractère le plusdroit de le lire. J'apprécie en- blessant et le plus insultant, et. tièrement ce qui a été dit au les honorables députés ne désisujet de la lecture, devant cette reraient pas beaucoup voir ces Chambre, d'un article d'un ca- articles étalés devant la Chamractère scandaleux concernant bre. Mais dans le cas actuel... n'importe quel honorable dépu- I/'hon. M. FOSTER : Vous té. feriez mieux, alors, de ne pas

C'est une règle parfaitement soulever la question, bonne et une règle à laquelle I/hon. M. BRODEUR : Non, nous devons tous nous confor- mais je soulève cette question mer, mais si la question de l'in- comme question de privilège... convenance d'un article est ame- M. SPROULE : Il me semble née devant la Chambre et qu'u- que la conduite de T honorable ne question de privilège soit ministre de la Marine et des soulevé, cela devient réellement Pêcheries est plus contraire aux le privilège de toute la Cham- règlements de cette Chambre bre parce que l'honneur et la di- que celle de l'honorable député gnité de toute la Chambre sont dont il se plaint... attaqués. Quelques honorables M. BLONDIN : Monsieur l'Odéputés peuvent croire que si rateur, ce n'est pas pour moi T auteur de l'article s'est servi un plaisir de chercher à lire cet de paroles de cette nature il de- article, mais je constate que vrait être amené à la barre de. les déclarations faites par le la Chambre et sa conduite de- ministre dans cette Chambre vrait être examinée d'une ma- ont été rapportées inexactement nière un peu plus officielle. Si dans v tout le pays. J'ai maintec'est là du bon raisonnement, nant dans ma main ma justificommemt allons-nous empêcher cation, mais le ministre essaie que l'article soit lu à la Cham- de. m' empêcher delà présenter bre ? à la Chambre. Je ne veux pas

L'hon. M. BRODEUR : L'ar- l'accuser, mais je désire expliticle auquel je trouve à redire, quer au pays que lorsque j'ai est, comme je l'ai dit, 'd'un ca- été accusé d'avoir exprimé de ractère très blessant. 1/ autour tels sentiments il n'y avait, aua déclaré en termes généraux... cun lieu de le faire. Je suis parfaitement disposé à ne lire au-

cun des mots blessants, par résultat, le sens de l'article considération pour le ministre, dans son ensemble est dénaturé, mais je crois que la Chambre Quelques DEPUTES : Règleaimerait avoir une traduction ment ! de l'article. M. REID (Grenville) : Est-

M. T ORATEUR : L'appel au M juste, monsieur l'Orateur, de règlement doit être décidé. Je permettre au ministre de la Masuit sûr que la Chambre voudra rine de donner lecture de quelque T honorable député de Cham ques lignes de cet article qui en plain ( M. Blondin ) , donne une dénaturent le sens et de ne* pas explication complète, et que la permettre à l'honorable député Chambre sera prête à l'entendre de Cham/plain de donner lecture sur ce point... de l'article en entier, afin que

M. MONK : Le but de mon ho la Chambre en saisisse la réeJe norable ami n'est pas de con- portée ?

tredire quoi que ce soit de ce M. l' ORATEUR: Bien entenqui a été dit ici par le ministre, du, l'honorable ministre de la La question soulevée est une Marine a donné des explications question de privilège — une qui lui étaient personnelles et plainte au sujet d'un article pu- il s'en est tenu là... blié dans un journal. Il y a im- M. BLONDIN : Au début de média tememt, ce me semble, un la séance, je me proposais de droit inhérent, pour la Cham- donner lecture de cet article, al>re, de prendre connaissance de fin de mettre les choses sous cet ^azticle de journal... leur vrai jour en ce qui me re-

Sir Wilfrid LAURIER : Il garde, mais j'en ai été empêché, n'y a pas de question de privi- le ministre de la Marine ayant lège qui ait été soulevée en vue pris les devants. Je voudrais -de provoquer à ce sujet de dis- maintenant donner lecture de cussion ultérieure... I /article à la Chambre sans

M. HAGGART (Lanark) : commentaires, en vue de remet- Le très honorable Premier Mi- tre les choses au point en ce nistre a raison, mais il aurait qui me concerne. 4û ajouter que l'honoriable dé- M. l'ORATEUR: Si l'article puté, tout en expliquant sa pro- contient des affirmations que pre conduite à la Chamibre, a le l'honorable député n'aurait pas «droit de le faire à sa manière).. . le droit de faire de lui-même,

M. l'ORATEUR : C'est là, doit-il être laissé libre d'en donsemible-t^il, une question assez ner lecture en dépit de la défen- •compliquée.... se du règlement ?

M. REID (Grenville): Mon- M. BLONDIN : Monsieur l'O- •sàeur l'Orateur, vous avez per- rateur, je ne vois rien de très mis au Ministre de la Marine injurieux dans T article, si ce 4e donner lecture d'une partie n'est qu'il renferme à l'endroit de ce même article, et, comme du ministre une accusation dont

je serais le premier à lui fournir que cela ne regarde pas l'honjol' occasion de se laver. rable député de Champlain1,

M. RHODES : Si j'ai bien mais de fait cela le regarde de compris, le ministre de la marine très près. L'honorable ministre a demandé de fournir des explica de la Marine lorsque le député tions d'une nature personnelle de Champlain a fait sa dénégaau sujet d'un article publié tion, s'est écrié : "Mais1 cela a dans le "Devoir". Il n'a pas paru dans votre propre organe" donné lecture de cet article... I/hon. M. BRODEUR: Quand

Ma prétention c'est que si la j'ai dit que ces paroles avaient Cham'bre est saisie d'une ques- été publiées dans le "\Devoir", tion de privilège elle a le droit il a reconnu que c'était vrai, d'entendre lecture du texte de ajoutant que le rapport ainsi l'article, et c'est ce que se pro- conçu "n'était pas fidèle... pose de faire l'honorable dépu- M. McINTYRE : On ne perité de Champlain. Si la Cham- mettra peut-être d' interjecter bre n'est saisie d'aucune ques- une observation... tion de privilège, alors toute la W. R. L. BORDEN : Il a dédiscussion est en contravention jà déclaré que c'est ce qu'il se au règlement. propose de faire.

Sir Wilfrid LAURIER: Dans M. BLONDIN : Monsieur l'Oces circonstances, on ne saurait rateur, si j'insiste pour répéter luHT permettre de donner lecture ceci à l'honorable ministre, c'est dv texte en question... |>arce qu'il me représente eom-

M. R. L. BORDEN: Le Pre- me ayant dit les paroles qu'il mier Ministre oublie ceci, que prétend m' être attribuées par le la question de privilège soûle- ."Devoir".

vée par le ministre de la Mari- M. 1 ' ORATEUR : Je pense ne ne le regarde pas seulement que l'honorable député ferait lui-même, mais regarde aussi bien de s'en tenir à sa propre l'honorable député de Cham- question de privilège... plain. M. BLONDIN : J'allais af-

L'hon. M. BRODEUR : Vous firmer que la suite de cet artifaites erreur cle est ainsi conçue : %,La

M. R. L. BORDEN : Mais, Chambre a été induite en ersi ! Il y est question du com- reur, comme on le voit à la pa-

mencement à la fin de l'attaque ge 159 "

dirigée par le ministre de la Quelques DEPUTES^ : Règle- Marine contre l'honorable * dé- ment ! puté de Champlain. M. T ORATEUR : Ma déci-

L'hon M. r BRODEUR : Oh si on est qu'on ne saurait donner que non ! lecture de cet article contredire

M. R.L. BORDEN : C'est' ce- la déclaration du ministre de la ou ce n'est rien. L'honorable la Marine, ministre de la Marine affirme M. BLONDIN : Je me pro-

sant que tous ces extraits sont ''Les seules libertés dont nous tirés du journal "Le Devoiriî, jouissons, nous les avons arraleur organe..." page 159, lignes ehées aux Anglais. L'Angleterre 13 et suivantes. n'a pas oonquis le Canada par

"L a dit encore (ligne 40 et amour ni pour planter la croix suivantes ) : du Christ comme l' a fait la

"L'hon. M. Brodeur : Le mê~ France, mais pour établir des me honorable député parlant à postes de commerce et faire de St-Louis de Blandford — et cet T'arment. Bile a semé par tout extrait est aussi pris dans "Le le monde des germes de haine, Devoir" — a dit : de querelle efcle guerre. Nous

"Les Anglais n'ont jamais en avons assez des Anglais et rien fait' pour les Canadiens- rie T Angleterre. Français. Nous ne leur devons "Ainsi donc, par trois fois; tien. "Les Canadiens français d'une façon générale d'abord, n'ont pas à s'occuper de l'opi- d'une façon particulière ensuinion des autres . provinces sur la te et en spécifiant les textes question navale. Ils sont oapa- auxquels il référait, M. Brodeur Lies de régler eux-mêmes les a déclaré qu'il s'appuyait sur questions qui les concernent l'autorité du journal "Le Desans aller prendre des conseils voir' ' .

ailleurs. Les mêmes qui on)t ar- Les trois fois, M. Brodeur, roche les entrailles de nos député et ministre de la Cougrands-pères sur les plaines ronne, grand amiral de la flotd' Abraham nous demandent au- te canadienne et futur chevalier jourd'hui de vous sacrifier pour de l'ordre de St-Michel et leur salut. Saint- Georges, s'est trompé.

"M. Blondin, le député auquel "Nous défions qu'on trouve s'adressait M. Brodeur, ayant dans un compte rendu quelconcontesté l'exactitude de ces pré- que d'un discours de M. Blontendues déclarations, M. Bro- din publié dans "Le Devoir" au deur a repris (page 159, lignes cours delà campagne électora- 61 et suivantes ; page 160, li- le de Drummond-Arthafxa9lUa,les gnes 1 et suivantes) . deux textes que M. Brodeur a

L'honorable M. BRODEUR : cités et que nous venons de re- Bien nous allons en prendre une produire.

autre, dans le "Devoir" du 30 "M. Brodeur a prétendu lire octobre : " des extraifs du M De voir" du 30

"L'Angleterre est allé jusqu'- octobre. "Nous pourrions lui réau point d'écraser ses colonies pondre simplement que le 30 occomme a fait l'ancienne Rome tobre étant un dimanche, "Le impériale. Devoir" n'a pas paru ce jour-là

"'M. 'Blondin : C'est absolu- et que le numéro du 30 octobre ment faux. n'existe que dans son imagina-

"L'hon. M. Brodeur ( lisant ) tion .

"Mais certains, qui ne savent pas jusqu'où peuvent aller l' audace et le cynisme de M. Louis Philippe Brodeur, pourraient croire qu'il s'agit d'un lapsus et que le texte incriminé a été publié dans un autre numéro du journal. Il n'en est rien.

"Froidement et de. propos délibéré, escomptant l'impossibilité presque absolue où l'on se trouvait de le démentir séance Tenante, comptant que pas un de ses collègues ne pourrait le croire capable d'un pareil coup, M. Brodeur a affirmé que nous avions mis au compte de M.

Blondin des paroles que nous ne lui avions jamais prêtées.

"Sir Wilfrid LA¥RIER : A l'ordre ! A Tordre !

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