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PRÉFACE

Mirabeau était un homme d'ordre. Il voulait la Révolution par la loi : il détestait la violence, les mouvements de la foule inorganisée, toute atteinte au mandat des législateurs. S'il admettait l'opinion publique et les faveurs populaires, c'était à des fins personnelles, parce qu'il en tirait sa puissance et qu'elles l'aidaient dans ses projets. Mais, ni l'action de ses discours, ni l'influence qu'il recevait de sa popularité, ne purent le rendre maître de l'Assemblée Nationale. Aussi, tout en continuant son rôle parlementaire, rechercha-t-il, avec un désir toujours plus ardent, le pouvoir d'exécution, son entrée dans un ministère. Dédaigné par Montmorin en 1788, et par Necker à l'ouverture des Etats-Généraux, il s'engagea dans une suite d'intrigues qui aboutirent sinon à un ministère avoué, du moins à son entente avec la Cour où il faisait figure de ministre secret.

Il semble qu'il entama ses premiers pourparlers

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