INTERMEZZO
Morte! cela fut dit comme un souffle et frappa Comme un boulet d>airain au coeur du fier papa. D abord le desespoir régna seul sur son âme, II fut comme sans vie; en «>n regard sms flamme, Pas un pleur, dans sa voix étouffée aucun cri- Dans son cerveau la nuit; longtemps ce fut ai'nsi; L obus ne fait qu'un trou, c'est la fosse et le vide On se jette à genoux, on voit le ciel Jucide La nature sereine, on paraît consolé.
Puis soudain c'est l'éveil, on répète accablé De. etem'els destins les thrènes de détresse. Merci mon Dieu d'avoir limité ma faiblesse Lt de m avoir donné ta sainte volonté Elle qu'en sa pensée il faut toujours garuer; Cest par elle qu'il faut entendre toute chose Puisquelle a fait l'amour aussi vain que la rose; Volonté magnanine engendrant notre espoir.
Qui fait de la douleur l'ouvrier du vouloir.
US DISQUES D'AUAIN
Car nous n'avons qu'un jour, aujourd'hui fils de l'homme.
Demain fils de la terre, elle est la mère en somme
Cette terre pour qui la tombe est un berceau
Et qui fait sur nos deuils croître le reno'""°au
Et pourquoi tant fra/pper ton front sur le nxj^stère.
Comme la voix 'l'esprit aussi gagne à se taire.
Oui mon Dieu je m'incline et quand je vois monter
Le silence en mon coeur, c'est ton éternité
Que j'entrevois dans l'ombre et je crois que j'embrasse
Ma fille en cette paix, et qu'en rêve elle passe
Dans le calme infini; qu'elle est dans ce repos.
Douce métempsycose, ainsi que vont les flots
Se mêlant dans la mer, les morts auxquels on pense
Xous apparaissent dans la paix et le silence;
Dans le recueillement nous les sentons partout,
Leur amarre est brisée, ils sont dans le Grand Tout.
Ils sont doux comme un chant, clairs comme les étoiles.
Le rêve universel les endort sous ses voiles.
Nous aussi comme un train' qui ralentit près du port,
JNous sentirons bientôt la vieillesse et la mort,
Et nous approcherons du repos et de l'ombre.
L'aube pour nous sera pour d'autres la nuit sombre.
Le soleil quand il meurt s'éveille en d'autres cieux.
La paisible nature au calme harmonieux.
Comme un vaste rocher sur la mer en calence,
Sur nos souffrances règn-e avec indifférence ;
Tout autant que sa paix notre trouble est certain.
Par notre seul esprit le réel est atteint.
Mais il faut qu'au creuset de l'épreuve il s'accroisse.
tE8 DISQUES D'AIBAIN
Seigneur je t'ai cherché dans ma suprême angoisse,
J ai lancé vers le ciel tous mes disques d'airain
Jen entendis vibrer, ils l'ont peut-être atteint,
Je ne sais... quel homme est au-dessus de son frère'
Lequel a plus de six pieds sur ou sous la terre?
L homme est un apprentz, son maître est l'infini
Et par l'amour divin toute ombre s'éclaircit
Oui j'attendrai Seigneur au pied des tabernacles,
tt pour parer ma fille aux célestes cénacles
Donne, donne à mes vers l'éclat soyeux et fin
Du drap souple et moelleux d'un riche baldaquin
Sur mes rêves détruits verse ton- espérance
Et l'acceptation fille de la souffrance
Nimbant de ses rayons faits d'immortels halos
La terre et son silence et l'homme et ses sanglots
Il n'est pas ô mon coeur de saison éternelle Et l'on ne voit qu'en rêve une fleur immortelle ^eigneur de ma pensée aide et soutiens l'essor protège son élan contre les coups du sort- Que mon âme formée à ton vouloir unique î^oit comme la nature étemelle et stoïque