‹ Les disques d'airianChapitre 10 sur 34 · SUR LES MONTAGNES · texte numérisé non relu

SUR LES MONTAGNES

A M. Oswald Maijrand'

La pluie au pied des monts passe en carrés épais, Tel un' escadron de lanciers en rangs parfaits, Traînant comme un eauon la foudre derrière elle. Les oiseaux vers leurs nids volent à tire d'aile.

11 pleut tant que les grands bouleaux semblent rouilles; L'éclair, prunelle qui luit aux cieux verrouillés, Eclate avec fureur aux barreaux des nuages Comme un fauve enchaîné sur le char des orages.

Cependant sur les monts l'étoile brille encoir, Tombant sur les sommets comme une neige d'or; Quand la foudre ébranle et terrorise la terre, Il n'est qu'azur joyeux sur la montagne altière.

Le soleil baisse et de lassitude s'endort, Couvrant les hauts monts de sa chevelure d'or ; Tandis que les vallons où s'épaissit la brujiie S'enfoncent engourdis comme en un lit de plume.

Puis vient la nuit qui sème au ciel les clairs saphirs, Le silence éveille un orchestre de soupirs ; La nature simple et sublime par routine Nous murmure sans cesse une chanson divine.

LES DISQUES d'aIBAIN 59

0 terre, ô cieux, ô mers que l'homme fait penser, Puissé-je en votre paix sereine m'élanceo-, 0 nature impassible à qui je prête vie, A mon âme en retour apprends ta symphonie.

Mars 1918

Page 1