UN POETE
Ton chant, ô poète, est la voix de la Nature; Ton rêve et Dieu seu'ls sont éternels devant toi. Qu'il évoque l'homme ou la mer ou la ramure, Ton art émouvant rend leur cantique et leur foi.
L'homme, dans tes accents, gémit sous la loi dure Du doute, des tourments, de l'angoissant émoi; Et soudain sur les monts prenant ton envergure, Tu fonds en harmonie un douloureux Pourquoi.
Tantôt la plainte humaine et tantôt la forêt, Font chanter la souffrance ou la paix sur ta lyre ; Fuyant des vains orgueils le stérile délire,
Tu vis dans ton rêve, et le monde est un hochet Dont tu dis la romance éternelle et profonde; Ton âme est l'infini, car c'est l'âme du monde.
Septembre 1915.